‹ Des grâces d'oraisonChapitre 38 sur 199 · ÉTAT ACTUEL DES ÉTUDES MYSTIQUES · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL DES ÉTUDES MYSTIQUES

21. Le mouvement des éludes mystiques, — Groupe thérésien (2).

Le livre du P. Poulain, nous dit le chroniqueur de la RAM dans l'arlicle cité plus haut, « fut une vraie révélation pour un grand nombre. On peut dire qu'il a vulgarisé la mystique... Il a mis en formules portatives les expériences de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix ». Il ne prétendait pas avoir fait œuvre définitive ; mais il ouvrait, ou plutôt il rouvrait la voie, à peu près fermée au grand public depuis le xvii* siècle. Son livre, nous l'avons dit, est pour beaucoup dans le renouveau d'intérêt qui s'est attaché à ces questions depuis une vingtaine d'années. Plusieurs ont marché sur ses traces : les uns, comme des élèves qui suivent leur maître (tels M. Caudron et M. Lejeune); d'autres, comme des maîtres, mais qui se rencontrent d'ordinaire avec lui dans leurs conclusions (tels le P. Roure dans ses articles des Études; dom Vital Lehodey, dans Les voies de Voraison mentale; le P. Vermeersch, dans ses Quaesliones morales seleclae; et tout récemment M^"" Farges, dans son beau livre des Phénomènes mystiques). Des chercheurs indépendants, comme M. Pacheu, le P. Maréchal, le P. de Grandmaison, le P. de la Taille, M. Tanquerey, ont porté une attention aiguisée sur quelques problèmes délicats, le sentiment de présence, l'élément affectif des états mystiques, l'oraison contemplative ; mais, tout en expliquant différemment tel ou tel fait, ils s'entendent à peu près sur quelques

(1) Les pages qui suivent, n. 21-26, publiées dans la liA, I" et 15 déc. 1921, ont provoqué les réclamations de M. Saudreau, quelques explications du R. P. M. de la Taille, des réflexions et critiques du R. P. Garrigou-Lagrango. Les réclamations de M. Saudreau ont paru, avec ma réponse dans la HA, 15 juin 1922; les explications du P. de la Taille ont paru, à ma demande et avec sa permission dans la HA, \" a\Til 1922, et sont reproduites ici, n. 39; les critiques et réflexions du P. Garrigou-Lagrange se trouvent dans LIS, mars 1922, et sont en parties discutées ici, n. 40. J'ai profité des lumières ainsi offertes pour tâcher de rendre ces pages un peu moins imparfaites.

(2; Je reconnais tout ce qu'il y a de factice dans la formation do ces groupes peu homogènes. C'est un premier effort pour aider le lecteur à se reconnaître et à prendre une première idée du mouvement et de ses tendances diverses. Je donne au premier groupe le nom de « thérésien • parce que la plupart de ses représentants gravitent autour de sainte Thérèse et adoptent ses clas.^ifIcations. Cf. n. 40, l".

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