Ce qu'il faut toujours rappeler
Ce n'est pas, en ces matières surtout, le savoir qui importe, c'est l'agir. C'est donc à l'action qu'il faut penser, plus qu'à l'étude; à la pratique, plus qu'à la théorie. C'est le cas de rappeler ce que dit Vlniitation : « Il arrive que beaucoup entendent souvent l'Évangile, et n'en sont guère portés à mieux vivre; car ils n'ont pas l'esprit du Christ. Celui qui veut comprendre pleinement et avec goût les paroles du Christ, doit s'appliquer à conformer en tout sa vie à celle du Christ... Ce ne sont pas les belles paroles qui font le juste et le saint; c'est la vie vertueuse qui rend ami de Dieu. J'aime mieux sentir la componction que d'en savoir la déCnition. Quand même vous sauriez par cœur toute la Bible et toutes les maximes des philosophes, à quoi bon tout cela sans la charité, sans la grâce de Dieu? »
Qu'est-ce à dire, en pratique, dans le cas présent? Il y a danger, pour les âmes, de s'amuser à l'étude, au lieu de tendre à la pratique; de se regarder elles-mêmes, pour savoir où elles en sont et par quelles voies elles sont conduites, au lieu de travailler à se rendre meilleures et à progresser dans la voie où Dieu les a mises; de chercher les grâces qu'elles n'ont pas, au lieu d'utiliser celles que Dieu leur donne.
L'important n'est pas d'être dans telle voie ou dans telle autre, à tel degré ou à tel autre; mais de marcher dans la voie où je suis, de monter toujours plus haut, en ne perdant rien des grâces que je reçois.
Les voies peuvent être diverses; mais les principes de progrès et de perfection sont les mêmes pour tous. « Aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit, de toutes ses forces « : c'est le grand commandement, donné à tous. On tend à cette perfection de l'amour dans la mesure où l'on se renonce, où l'on s'applique à faire ce qui plaît à Dieu, à mettre notre volonté en union avec la sienne, à pratiquer les vertus, comme Jésus et Marie les ont pratiquées, à faire notre devoir comme ils ont fait le leur, à soullVir comme ils ont souffert — le tout en conformité amoureuse de notre volonté à la volonté de Dieu.
Si la science mystique est à faire pour une bonne part, l'ascétique chrétienne a ses principes et ses directions bien connus de tous. Kt cette ascétique est la môme pour tous, dans quelque voie que nous marchions, à quelque degré que nous soyons de Téchelle où nul ne peut monter pour aller à Dieu qu'en s'éloignant du terrestre et de soi-
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Lxxvi INTRODUCTION A lA DIXIÈME ÉDITION.
même. « Que chacun se persuade qu'il avancera en toutes choses spirituelles dans la mesure où il se dégagera de son amour-propre, de sa volonté propre, de son propre intérêt. >> La formule est de saint Ignace (1); mais la pensée est partout dans l'Évangile, partout dans Vlmilation, partout dans l'ascétique chrétienne, partout chez le» mystiques.
(1) Plus brève et lapidaire en espagnol : Pieme coda uno que lanto se aprovecharà en (odas comu' espiritualcs ciumto salière de su propio amor, querer, é i nier es e. i