X INTRODUCTION A LA DIXIEME KDITION
santés, dont il racontait les vicissitudes avec un humour et un esprit qui, sans jamais blesser la charité, faisaient le charme des récréations ; tout dévoué, comme sous-directeur ou directeur, k ses artistes, dont les allures parfois peu régulières et les aventures imprévues lui causaient tant d'ennuis et de préoccupations, où il fallait tout son savoirfaire et son ingéniosité pour aider efllcacement ces jeunes gens, souvent volontaires et imprudents : comment cet homme a-t-il pu songer à écrire un livre de mystique, comment s'y est-il préparé, comment en est-il venu à bout? Que le surveillant eût publié un charmant opuscule sur IJart de -patiner; que le professeur de mathématiques eût composé un Traité de Géométrie (1) ou d'étincelantes causeries sur l'enseignement des mathématiques (2) : cela se comprend. Mais un opuscule sur La mystique de saint Jean de la Croix; mais un gros volume sur les Grâces d'oraison ! Ses amis n'en revenaient pas. 11 avait si peu c( l'air mystique »! Et puis, il avait (relativement) si peu fait de théologie! Itfais il fallait se rendre à l'évidence.
Kt ce n'était pas une « mystification », ni une de ces spirituelles saillies qu'il lançait à l'improviste avec tant d'à-propos et comme sans y penser. Il voulait faire œuvre sérieuse. Et lui, qui plaisantait si bien et comprenait si bien la plaisanterie, il n'admettait pas que l'on parlât en riant de ces sujets, qui visiblement lui tenaient à cœur. Il voulait, sur ce point, être pris au sérieux.