Louis de Blois
1* c II y a des âmes que Dieu comble de ses douceurs ; elles lui sont unies d'one manière évidente par un embrassement ; elles reçoivent de lui les baisers les plus suaves » {InstU. spir., Append. 1, ch. i, n* 2).
2* « Seigneur, [quelles faveurs vous accordez à] ceux qui dans cet exil vous sont intimement unis, à cause de la grande pureté de leur cœurl Que voientils? Qu'entendent-ils? Que sentent-ils par l'odorat, le goût ou autrement? Aucune langue ne peut l'exprimer. Les tendres embrassements, les baisers dt'licats que donne une mère à son cher enfant, ou l'époux à son épouse bien-aimée, ne sont que l'image affaiblie et l'ombre de ceux que vous accordez i l'âme chaste qui vous aime » {I/istructio vitse asceliex, pars 11, c. vu).
4*. — S' Jean de la Croix compare à un embrassement les unions mystiques qui sont élevées :
n Dans l'âme où ne se trouvent ni appétits [naturels] ni images ni formes de cn^atures, le Bien-Aimé réside dans un secret impénétrable; il la fait jouir d'un embrassement d'autant plus étroit et plus intime qu'elle est plus parfaitement purifiée, plus entièrement dégagée de tout ce qui n'est pas Dieu... Le di-mon ne peut pénétrer dans cette demeure mystérieuse, ni savoir en quoi consiste cet embrassement divin qu'aucun entendement créé ne peut parvenir à bien connaître » {Vice Flamme^ sir. 4, yen 3).
4«. — Sandxus :
« L'union mystique est une perception expàrimentale et immédiate de Dieu, par un embrassement secret, un baiser mutuel, entre Dieu qui est l'époux et VkwQ épouse. Et cela suppose Dieu pr.'sent « (1. II, Comm. 6, Exerc. 15, disq. 3, p. 471).
&0. — Le P. Surin :
' la suite de cet amour parfait est un embrassement... par lequel Jéfloa-
ne CHAPITRE VF.
Christ demeure uni à l'âme et lui communique un très doux attouchement de la substance divine, ainsi que le disent tous les docteurs mystiques, et que nous le savons par ieocpérience des âmes appelée» à de telles faveurs... Cet attouchement inexplicable par nos paroles est très délicat, et néanmoins très .eéritable, enivrant Tâme d'un bien surcéleste. Il consiste en une jouissance actuelle du Bien souverahi, dont pourtant elle n'a point la vue, et qui laisse une notion si grande de ce même bien, que l'âme peut dire avoir touché et senti ce qui est au-dessus de tout être créé... La principale connaissance de celte vérité est fondée en l 'expérience assurée des personnes qui ont eu cette faveur, et de !a sincérité desquelles on ne peut douter » (Catéch. spir., t. I, part. III, ch. vn).
SI. — La V»»'« Marie de l'Incarnation, ursuline, pariant d'une vision intellectuelle de la Sainte Trinité :
* Le Verbe divin, s'emparant de mon âme et Vembrassant avec un amour inexplicable, daigna se l'unir et la prendre pour épouse. Quand je dis qu'il Tembrassa, ce ne fut pas à la façon des embrassements humains : rien de ce ^ui peut tomber sous les sens n'approche de cette divine opération; mais il faut s'exprimer selon notre grossière manière de parler, puisque nous sommes composés de matière. Ce fut par des touches divines et par des pénétrations de lui en moi et de moi en lui » {Vie, par une ursuline de Nantes, ch. iv).
&%. — Le P. Nouet (Conduite de l'homme d'oraison) :
« Dieu qui était auparavant dans l'âme du juste comme un trésor eaehé par le moyen de la grâce sanctifiante, se présente à elle comme un trésor trouvé. Il réclaire, il la touche, il l'embrasse, il la pénétre, il s'écoule dans ses puissances, il «e donne à elle, il la remplit de la plénitude de son être. L'âme, réciproquement, ravie de ses attraits et de la vue de sa beauté, le tient, l'embrasse, le serre étroitement, et, tout embrasée d'amour, elle s'écoule, elle se plonge, elle s'abîme et se perd délicieusement en Dieu avec des sentiments de joie inconcevables. De là vient cette grande diversité de noms que l'on donne à Tuaion mystique, comme de baiser, de parfum, de pluie céleste, d'onction, d'écoulement divin, de transformation, d'amour jouissant, d'amour déifiant, et plusieurs autres semblables, qui marquent les différentes impressions de l'amour unitif dont nous parlons » (1. VI, ch. iiv).
&9. — Le P. Grasset {Vie de Madame Hélyot) :
« Pour ce qui regarde les actes qu'elle formait en ce temps-là, je réponds qu'elle en produisait un d'amour très parfait qui durait depuis le commencement de son oraison jusqu'à la fin. Cet acte est celui des bienheureux dans le «el, et le plus parfait qu'on puisse produire sur la terre : savoir un acte de jouissance, qui est un repos de l'âme en Dieu, comme en sa dernière fin; car ce repos n'est pas une simple cessation de désir qui se porte à un bien absent qu'on ne possède pas; mais c'est une union réelle de l'âme avec son souverain îîien, qu'elle possède, et qu'elle embrasse, après l'avoir longtemps et cherché et désiré » (L II, ch. iv, n* 25).