La B** Marguerite-Marie
<< Tous les matins, lorsque je m'éveille, il me semble trouver mon Dieu présent, auquel mon cœur s'unit comme à son principe et à sa seule plénitude; ce qui me donne une soif si ardente d'aller à l'oraison, que les moments que je mets à m'habiller me durent des heures... C'est en ce temps [de l'oraison] que
LES SENS SPIRITUELS. Ml
j'emploie toutes mes forces pour Vembrasser, ce bien-aimé de mon âme, non pas des bras du corps, mais des intérieurs, qui sont les puissances de mon âme» {Vie et Œuvres publiées par la Visitation de Paray, L L Note écrite par la BieDbeureuse, en 1673, à vingt-six ans, trois ans après son entrée au monastère).
S5. — Penst^e du saint curé d'Ars :
« La yie intérieure est un bain d'amour dans lequel l'âme se plonge. Elle est comme noyée dans l'amour. Dieu lient l'homme intérieur comme une mère tient la tête de ?on enfant dans ses mains pour le couvrir de baisers et de caresses » {Vie par M. Monnin, 1. V, cb. iv).
S 5. — La sensation spirituelle comparée k celle de l'odorat.
S«. — S" Thérèse :
!• Sur la quiétude. « L'âme respire je ne sais quelle suave odeur. C'est comme si au dedans d'elle-même, dans l'endroit le plus profond, il y avait un brasier où l'on jetât d'excellents parfums. On ne voit, il est vrai, ni la lumière du feu ni l'endroit où i7 est; mais la chaleur et la fumée odoriférante pénètrent l'âme tout entière, et souvent, comme je l'ai dit, le corps lui-même y participe. Ne TOUS imaginez pas néanmoins que l'on sente de la chaleur et qu'on respire un parfum [matériel] : c'est une chose plus délicate, et je ne me sers de ces termes que pour vous en donner quelque intelligence. Ceux qui ne l'ont pas éprouvé peuvent croire que cela se passe de la sorte, et que l'âme le voit et l'entend plus clairement que je ne l'exprime » {Château, 4, ch. u).
2* « Quelquefois, au milieu d'une prière vocale, et tandis qu'elle ne pense à rien d'intérieur, l'àme sent tout à coup une flamme qui la pénètre délicieusement, comme si soudain on répandait en elle un parfum dont l'odeur se communiquerait à tous les sens. Je ne dis pas néanmoins que ce soit une odeur [dans le sens matériel du mot] ou autre chose semblable; mais je me sers de cette comparaison pour montrer que c'est quelque chose qui fait connaître à l'âme que l'Époux est là. Aussitôt elle sent un ardent désir de jouir de lui, et elle ne trouve rien de difficile pour son service » {Château, 6, ch. n).
3* Sur la quiétude. « C'est comme si l'on injectait dans la moelle de son âme une onction très douce, à la manière d'une grande odeur dont elle serait toute pénétrée. Ce qu'elle éprouve ressemble à ce que nous éprouverions en entrant tout à coup dans un appartement où il y aurait une grande odeur formée non d'un seul, mais de plusieurs parfums réunis. Nous ne savons ce qu'est cette odeur, ni d'où elle sort, mais nous en sommes enliôrement pénétrés... C'est â mon avis ce que l'Épouse veut dire par ces paroles: Vos mamel- \i's sont meilleures que le vin; elles exhalent une odeur comme celle de» parfums les plus exquis » {Sur le Cantifjue des Cant., ch. n).
»t. — Cassien (Conférence 4) :
« Il arrive fréquemment, dans les visites divines, que nous sommes rempli» de parfums, d'une ««uavité inconnue à lindustric humaine; de sorte que l'âme, brisée de plaisir, est enlevée dans le ravissement et oublie son corps » (ch. ▼>.
t*UNioif mystique; ses dix caractères de seconde espèce.