CHAPITRE IL
JjmTÊS MÉGANIQUES ABSOLUES.
16. — On ne peut comparer entre elles que des graûdears de mdme nature; il existe donc autant d'unités dlf^ fentes que de grandeurs.
Les unitéê peuvent être choisies indépendanïment les unes des autres, et c'est ainsi qu* elles Font été dans un grand nombre de cas $ mais il existe entre les diverses grandeurs des relations que l'étude des sciences mathématiques ou physiques apprend à connaître, et il estna« turel de rattacher les unes aux autres les diverses unités en prenant pour point de départ quelques-unes d^entre elles dont on déduit toutes les autres. On obtient ainsi un système coordonné de mesures infiniment plus rationnel, qui rend les calculs plus simples en évitant l'emploi de ooeflidents inutiles et constitue ce qu'on nomme le système des unittê ahsolueê.
19, par exemple, on adoptait pour imité de surface celle d'un rectangle dont les côtés seraient choisis arbitrairement, on serait obligé, pour obtenir la surface d'un rectangle quelconque, de faire le produit des deux côtés et de diviser le résultat par le produit des côtés du rec* tanglô unité, tandis que l'opération se borne à une simple multiplication si Ton prend pour unité de surface le carré qui a pour côté l'unité de longueur. Il en est de même pour la mesure des volumes et pour celle de la plupart des autres quantités»
20 DBS GRANDEURS ÉLECTRIQUES
« Le mot absolu est employé par opposition au mot relatif. Par mesure absoliAe^ on ne doit pas entendre une mesure exécutée avec une précision particulière, ni par unité absolue une unité d'une construction parfaite; en d'autres termes, en faisant usage des mots mesures ou unités absolues^ on ne veut pas dire qu'elles sont absolu^ metif parfaites, mais simplement que ces mesures au lieu d'être établies par une simple comparaison de la quantité à mesm^er avec une quantité de même espèce, sont rapportées à des unités fondamentales dont la notion est admise comme un axiome. » (Rapport de M. Jenkin.)
Avant 1792, il existait en France pour chaque grandeur usuelle une ou plusieurs unités arbitraires, dont la grandeur était même variable d'une province à l'autre. Pour les longueurs on avait le pied, la toise, la ligne, etc.; pour les surfaces, le pied carré, la toise carrée, l'arpent, la perche, etc.
La Convention nationale mit fm à la confusion qui résultait de l'usage de ces unités si diverses, en les remplaçant par un ensemble d'unités dérivées du mètre, et posa ainsi les bases du système des unités absolues. L'emploi de la numération décimale pour la formation des multiples et sous-multiples compléta l'œuvre en réduisant les transformations d'unités à un simple déplacement de virgule.
La grandeur du mètre avait été choisie de façon à ne pouvoir éveiller aucune susceptibilité d'amour-propre national, aussi l'usage des mesures métriques françaises s'est-il répandu dans beaucoup de pays; même dans ceux, comme l'Angleterre ou l'Allemagne, où l'on fait encore usage d'autres unités, les savants adoptent le mètre pour base de leurs mesures.