MARCHE
Vingt-quatre heures après leur application les greffes présentent un aspect livide. Elles sont déjà adhérentes, ce dont il est facile de s’assurer, en cherchant, par un effort modéré, à les déplacer. Le lendemain elles prennent une teinte violacée, qui, dans les jours suivants, s’éclaircit peu à peu, pour arriver au rose vif de la peau saine.
Un suintement modéré se fait pendant quelques jours, puis se tarit à mesure qu'avance la cicatrisation.
La couche cornée de l'épiderme des greffes tombe assez souvent. Certains auteurs parlent de résorption des greffes; il ne nous a jamais été donné de l’observer.
Dans les cas, assez rares, où les greffes ne vivaient pas, voici comment les choses se passaient. Souvent dès le lendemain, plus fréquemment les jours suivants, l'aspect des lambeaux était d’un blanc sale : cette co-
loration, persistait pendant quelques jours, puis les lambeaux prenaient l'apparence d’une fausse membrane diphtéritique. La pression faisait sourdre, sur leurs bords, des gouttelettes de pus. Généralement les greffes ne tardent pas alors à tomber. Il ne faudrait pas cependant croire que ces lambeaux, ainsi modifiés, soient fatalement voués au sphacèle. Dans plusieurs cas nous nous sommes assuré que ces lambeaux adhéraient parfaitement aux bourgeons par des points isolés, si bien qu’il était impossible de les enlever sans faire saigner l’ulcère. Bien plus, dans un cas (Observation XV) nous avons vu ces lambeaux renaître à la vie.
L’ulcère peut être considéré comme guéri quand il n'y a plus, sur le pansement, trace de suintement : la cicatrisation est alors complète.
Il est bon de faire, alors, marcher le malade pendant quelques jours avec un pansement ouaté, légèrement compressif, avant de l’abandonner à lui-même.
Remarque 1. — Toutes les greffes dont nous présentons les observations ont été prises sur des tissus anesthésiés à la cocaïne.
Or on avait cru remarquer, et cela est dit explicitement dans la thèse de Thierry, que l'action de la cocaine était néfaste à la vitalité du lamb:au. Il est évident qu'il y a là une erreur, car si la cocaïne eût
on
possédé cette action nuisible, nous aurions compté bien plus d’insuccès. Or nos observations montrent que l'insuccès a été de beaucoup l'exception, alors que l'emploi de la cocaïne a été la règle absolue.
Dans ces nombreuses injections le poids d’alcaloide introduit dans la peau variait, avons-nous dit, de 7 centigr. 5 à 10 centigrammes. Ces doses, relativement élevées, ne nous ont donné ni accidents locaux, ni accidents généraux, même légers. Probablement faut-il attribuer ce fait à ce que toute la cocaine injectée ne passe pas dans la circulation, et qu'une grande partie
“est entraînée par les lambeaux.
Remarque XI. — Nous avons montré comment les différents auteurs se servaient des antiseptiques dans les opérations de greffes. Si quelques-uns en admettent l’usage pour la désinfection préalable de l’ulcère, la plupart en rejettent l'application directe sur les lambeaux. Nous nous élevons contre cette manière de voir, et nous nous félicitons d’avoir employé le sublimé au 1/1000, auquel nous attribuons une bonne part dans nos succès.
Nous n’avons jamais observé de phénomènes d’in-
toxication.
Remarque III. — Les petites plaies si nombreuses Nogué. k
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faites sur les cuisses sont exactement pansées comme les greffes. Ce pansement est renouvelé tous les deux “ou trois jours. La guérison est toujours survenue sans accident dans l'espace d'une quinzaine de jours. .
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