‹ Des GrenouilletesChapitre 18 sur 39 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

M. Landetta(Thèse de Paris, 1863) donne le complément de l'observation qu'il a prise dans le service de Denonvilliers, remplacé par M. Verneuil, qui opère pour la seconde fois le nommé Nisen. Il est aussi question, dans cette Thèse, d’un kyste dermoide tiré de la pratique de M. Verneuil, et d'un cas observé par M. Richet chez un enfant, dès sa naissance, présenté à la consultation hospitalière.

M. Paquet en 1867 a publié dans les Archives une nouvelle observation de kyste dermoide pris dans le service de Denonvilliers. M. Meunier a publié dans la Gazette des Hôpitaux du 31 mars 1881, une leçon de M. Desprès, qui a eu l'occasion d’opérer un malade, entré à l'hôpital pour une hémorrhoide enflammée, âgé de 52 ans et porteur d'un kyste dermoide du plancher buccal.

Récemment M. Combalat (de Marseille) a présenté à la Société de Chirurgie (séance du 29 juin 1881) un nouveau cas que je rapporte ici.

Le nommé André (Hippolyte), âgé de 35 ans, professeur, né au Sénégal, entre à l'Hôtel-Dieu le 14 février, atteint de bronchite. Rapidement guéri de cette maladie, il fut envoyé en chirurgie pour se faire opérer d’une tumeur qu'il portait dans la bouche depuis son-bas âge. Il se rappelle, en effet, avoir de tout temps constaté, avec la pointe de la langue, la présence d’une grosseur du volume d’une petite cerise, ayant son siège sur le plancher de la bouche, sur la ligne médiane, et en arrière des incisives du maxillaire inférieur. Le début, d’après lui, remonte à sa naissance.

Il n’en était nullement incommodé ; néanmoins étant rentré en France, avec sa famille, à l’âge de 6 ans, ses parents, à Bordeaux, le soumirent à l'examen d’un médecin qui leur conseilla de différer toute opération.Cette tumeur augmenta peu à peu de volume, mais d’une facon très lente, et ce n’est que depuis quelque temps que la mastication et la déglutition, ainsi que la parole, étaient gênées ’; cette gèn> n'était pas très grande.

Le 26 février, M. Combalat constate ce qui suit :

La tumeur occupe tout le plancher buccal et se trouve circonscrite par la courbe du maxillaire inférieur ; elle s'étend en arrière jusqu’au niveau des dernières mol aires.

Si l’on examine le malade la bouche fermée, on s'aperçoit qu’il existe

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rite une légère saillie à la région sus-hyoïdienne, sans douleur à la pression.

Si l’on fait ouvrir la bouche, on remarque que la pointe de la langue est

refoulée en arrière, soulevée au-dessus du plancher buccal et touchant la voûte palatine . Elle peut être néanmoins projetée en avant et portée hors de la bouche avec facilité. Ce mouvement de projection tend à exagérer la saillie médiane de la rézion sus-hyoïdienne.

La concavité du plancher buccal est remplacée par une saillie anormale. La muqueuse a changé d'aspect, elle a perdu sa couleur rosée, elle est pâle, sèche, rugueuse, parcheminée. Au toucher, la tumeur est molle, non élastique, de consistance pâteuse, présentant une fluctuation vague, soit qu'on pratique l’exploration par la cavité buccale, soit qu’on applique deux doigts dans cette cavité, pendant que la main du côté opposé est placée sur le milieu de la région sus-hyoïdienne. La pression digitale ne laisse pas d’empreinte sur la tumeur, qui est opaque.

La ponction exploratrice démontra que l’on était en présence d’un kyste dermoïde.

M. Combalat procéda à l’extirpation du kyste de la façon suivante :

Incision médiane et curviligne de la muqueuse dans une étendue de 3 centim. et à 1 centim. de distance de la courbe parabolique du maxillaire . La paroi du kyste fut aussitôt mise à nu, et la piqüre de la ponction exploratrice qui avait été faite fut agrandie dans le sens de l’incision superficielle.

Le contenu, composé d’une matière blanchâtre, granuleuse, visqueuse au toucher, ayant la consistance du suif, mêlée de cellules épidermiques et de petits poils follets de couleur blanche, s’écoule en partie par la pression à l’aide de deux mains appliquées, l’une dans la cavité buccale et l’autre sur la région sus-hyoïdienne. Enfin, à l’aide de deux doigts de la main droite introduits dans son intérieur, le chirurgien put extraire le restant du contenu. La tumeur avait le volume d’une petite mandarine. Le contenu pouvait être évalué à 50 gram. environ.

La poche s’affaissa sur elle-même, et la dissection en fut rapide et facile. Lâchement unie aux tissus voisins, la séparation se fit en partie avec la

spatule, en partie avec les ongles.

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