OBSERVATION VII
(Personnelle)
LYPÉMANIE AVEC DÉPRESSION MÉLANCOLIQUE, PERSÉCUTÉE ET HALLUCINÉE. — MALADE GUÉRIE APRÈS 9 ANS DE SÉJOUR A L'ASILE DE MARÉVILLE.
Malade : S... (Albertine-Alice), née en 1853, femme de chambre, entrée à l’Asile en octobre 1881, à la suite d’une tentative de suicide. Héréditaire.
Le docteur Langlois la reconnut atteinte « de lypémanie avec idées de persécution, hallucinations de la vue et de l’ouie, insomnie : toutes les nuits, des jeunes gens essayaient de s’introduire dans sa chambre ; on la calomniait, on cherchait à lui nuire en attaquant sa réputation ».
Au début, la malade eut quelques moments de surexcitation, des
crises de désespoir, elle refusait même toute nourriture.
Janvier 1882. — « Agitation parfois très vive et provoquée par les moindres contrariétés, crises nerveuses, idées de persécution, parfois difficulté pour accepter les aliments. »
Mile S... demeura dans ce même état pendant plusieurs années, le plus souvent très calme, mais éprouvant périodiquement des crises hystériformes, dans lesquelles elle se montrait très agitée, même furieuse, dangereuse pour elle-même; à la moindre contrariété elle menagait de
se suicider.
En 1886. — « Excitation perpétuelle, furieuse par moments, crie, frappe, ménace, n’a aucune conscience de ce qu’elle dit ou fait, dans les intervalles de calme elle ne déraisonne pas et demande des nouvelles de sa sœur. » (D' SIZARET).
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Janvier 1889. — « Mlle S... éprouve fréquemment des accès d’agitation maniaque furieux qui rendent absolument impossible sa mise en liberté. » — (D' SIZARET).
La situation sembla s’améliorer à partir de ce moment, les crises devinrent moins fréquentes ; en dehors, Mile S... avait presque complètement conscience de sa situation et réclamait sa sortie ; elle devint peu à peu beaucoup moins irritable et ne manifesta plus aucune idée délirante ni de tendance au suicide.
Avril 1890. — « Mile S... commence à s’occuper volontiers, se laisse diriger, ne commet aucun acte déraisonnable, à maintenir encore quelque temps en raison de la périodicité constatée des troubles nerveux qu'elle à présentés. » (D' Paris).
L'amélioration s’accentue par le travail, le sommeil devient très régulier et très profond. La malade entretient une correspondance très suivie et très sensée avec sa sœur et ses parents, réclamant sa sortie.
En juillet 1890, le Médecin en chef certifiait que « Mlle S... ne présente plus aucun symptôme d’aliénation mentale, qu’elle a conscience complète de la valeur et des conséquences de ses actes et qu’elle se rend parfaitement compte de sa situation ».
Elle quitta l’Asile, retourna chez sa sœur à Lyon; elle a donné souvent de ses nouvelles aux sœurs qui l’avaient soignée ; dans deux lettres qu’elle à écrite au Médecin en chef, et dont nous croyons intéressant de donner quelques passages, elle montre le parfait rétablissement de son état mental :
Lyon, le 4 janvier 1891.