NT DE
cafetier à R..., entré à Maréville à la suite d’un accès de delirium tremens et qui, depuis plusieurs mois, s’adonnait à l'alcoolisme. Sa femme, aussitôt son arrivée à l’Asile, demanda le divorce pour coups reçus de son mari quelque temps auparavant. G... ne se défendit même pas et le divorce fut prononcé en mai dernier. G... est sorti guéri quelques semaines après.
Nous estimons qu’en pareil cas la justice a outrepassé ses droits ; pour nous médecin, on n’est pas aliéné du jour où on pénètre dans un asile; on peut l’être même sans être jamais interné ; on peut l'être des mois, des années avant d'être interné, et je suis persuadé que G... pouvait être considéré, au moment où 1l a porté ses coups, comme dans une période prodromique de sa folie.
Cette observation n’est pas la seule que nous connaissions, car 1l n’est pas de mois où des huissiers ne viennent signifier à des aliénés des actes de ce genre. Ge fait nous a paru sujet à critique et nous l'avons soumis à un avocat compétent : « J'aimerais à défendre une pareille cause, m'a-t-il répondu, car elle me semble réellement bonne et susceptible d’être plaidée ».
Nous avons fini. On nous reprochera sans doute de nous être perdu dans de trop longues citations et d’avoir multiplié les faits en cherchant à défendre les droits sacrés que tout malade, et partant tout aliéné, possède à la guérison. Mais nous avons pensé montrer par là, mieux que nous n’aurions pu le faire par de simples raisonnements, le défaut de certitude absolue du diagnostic de l’incurabilité dans la folie, et par conséquent l'inconvénient très
= ON V— grave de prendre un fait douteux comme élément princi-
pal d'une décision aussi solennelle que celle de la dissolution du mariage.