‹ Des habitations des classes ouvrièresChapitre 1 sur 14 · OF HEALTH · texte numérisé non relu

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AYIS DU TRADUCTEUR.

Cet ouvrage s’adresse à tous les hommes de bien, à tous les amis du pays. Il leur est offert comme un signe de la sollicitude qui s’éveille vivement dans une autre contrée pour l’amélioration du sort des classes ouvrières, comme un exemple dont ils sauront s’inspirer.

Procurer aux ouvriers des campagnes et à ceux des villes des habitations bien éclairées, bien aérées, sèches et propres, tel est le premier problème à résoudre.

N’hésitons pas à dire qu’il y a longtemps qu’il serait résolu si chacun était bien convaincu qu’une fois ces conditions réalisées, on verrait disparaître une foule de causes de maladie, de misère, de désordre et d abâtardissement .

Quel est le médecin qui ignore pourtant que le défaut de lumière, un air vicié, un milieu humide, un entourage sale sont autant de causes qui, séparées et à plus forte raison réunies, contribuent plus que toutes les autres à abréger la vie et à la rendre misérable, en affligeant ceux qui s’y exposent d’une foule d’infirmités personnelles ou héréditaires ? Quel est le moraliste qui n’ait reconnu que l’âme humaine elle-même se dégrade sous l’influence prolongée de telles conditions? Quel est l’homme d’État qui n’ait gémi de voir les hôpitaux et les prisons encombrés des malheureux qu’elles engendrent?

Or, presque toujours pourtant il est facile d’obtenir pour les logements ruraux l’éclairage nécessaire. A l’égard des logements des villes, c est une des circonstances les plus dignes de fixer l’attention des

commissaires chargés par les municipalités de cette utile surveillance.

Le renouvellement régulier de l’air dans les habitations est un problème nouveau pour la science. Elle ne l’a jamais abordé. Mais, ne suffit-il pas de le poser pour quelle en donne bientôt une solution heureuse et pratique ?

Sous le rapport de l’humidité, l’assainissement des habitations laisse partout à désirer, même dans les maisons de la classe aisée. Portons donc vivement l’attention de nos jeunes architectes vers cet important sujet. C’est un grand titre que d’être jugé digne d’aller à Rome ; c’est un grand mérite quand on revient que d’en rapporter les plans de quelque palais destiné à faire l’ornement de nos cités ; mais, celui qui trouvera ou qui propagera l’art de chasser l’humidité qui rend malsaines un si grand nombre des habitations de nos ouvriers urbains ou ruraux, celui-là se sera acquis des droits à la reconnaissance du pays et se sera préparé une source de satisfaction inépuisable.

En attendant, que les hommes de bien, que les jeunes gens surtout apprennent aux ouvriers qui les entourent à mettre quelque prix à ces soins de propreté qui sont le premier pas fait dans la voie de ce progrès vers le bien.

Il serait si facile d’avoir dans chaque quartier les instruments nécessaires pour laver, éponger, blanchir une chambre ou un escalier, pour y coller du papier, pour y mastiquer les crevasses, pour y détruire les insectes ! Leur acquisition, impossible pour chaque ouvrier, faite par une association bienfaisante, servirait à améliorer le sort de tous les ménages de son ressort, presque sans dépense aucune,

D’abord, ceux à qui on prêterait ces outils s’en serviraient mal ou médiocrement; mais, bientôt l’enseignement mutuel intervenant, chacun parviendrait à en tirer bon parti.

Dès à présent, tout cela est praticable ; il faut donc le pratiquer.

Quand notre population si bienveillante et si ingénieuse voudra se consacrer à de telles œuvres, elle en comprendra bientôt l’importance extrême, et leur bienfait se répandra avec rapidité dans tout le pays, pour le plus grand bonheur des classes laborieuses.

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