‹ Des Hématomes de l'OvaireChapitre 12 sur 30 · LOS NS · texte numérisé non relu

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Isolées, ces hémorragies sont très rares ; le plus souvent elles éclatent en même temps qu’un hématome ou que de grosses hémorragies dans les follicules, les corps jaunes.

Le contenu, moitié liquide, moitié coagulé, est constitué par de petites parties rouges et de petits amas détachés de fibrine, de globules blancs et de cellules épithéliales dégénérées. Plus tard on trouve des débris de fibrine moléculaire, des reliquats de pigment corné, des cristaux de sang, parfois aussi des tablettes de chotestérine.

La structure des parois est tout à fait caractéristique. Dans les hématomes folliculaires, la surface intérieure est encore tapissée d’un épithélium. On voit encore en certains points, dans des hématomes plus petits, une disposition stratifiée ; si l'hématome atteint un volume supérieur, l’épithélium n'a plus qu’une couche.

Cet épithélium présente des formes assez différentes. Le plus souvent cylindrique, il peut affecter le type fusiforme et ressembler à un endothélium. Il est de préférence bas, petit, cylindrique ou cubique. Parfois ilest détaché par sa base ou peut même disparaître complètement.

À cette paroi épithéliale fait suite la tunique lâche propre ou interne ; elle est riche en vaisseaux capillaires gorgés de sang. Les hémorrhagies assez considérables ne sont pas rares dans l’intérieur de ce tissu conjonctif lâche. Puis vient la tunique fibreuse qui est plus rigide.

L'épaisseur de la paroi est proportionnelle àu volume de l'hématome: plus celui-ci est petit, plus la paroi est

épaisse ; plus l’hématome est développé, plus la paroi est mince.

Si l’ovaire arrive à être complètement résorbé par l’hématome, la paroi atteindra une minceur extraordinaire. Cette paroi ne sera plus constituée que par une couche épithéliale assez mince doublée d’une fine enveloppe formée par du tissu conjonctif fibrillaire. On peut apercevoir la lumière de quelques vaisseaux éparpillés, mais il n'y a plus trace de tissu ovarien proprement dit.

Les hématomes du corpus lutéum, offrent déjà à l'examen macroscopique, une différence remarquable qui réside dans une plus grande épaisseur de la paroi. La membrane plissée si spéciale aux corps jaunes, résiste aux hémorragies successives et fournit une indication précieuse pour reconnaître sûrement cette variété.

Nous basant sur la structure microscopique de la paroi des hématomes, nous distinguerons deux formes d’hématomes ; les hématomes dépourvus d’épithélium et les hématomes qui en possèdent un.

Les premiers présentent à leur paroi interne une couche de fibrine plus ou moins riche en cellules. Cette couche est formée d’un réseau de filaments entrecroisés dans les mailles duquel on trouve de petits globules sanguins blancs et rouges, des leucocytes, des cellules du tissu conjonctif jeune affectant le type fuso-cellulaire, enfin quelques cellules géantes. Cette couche de fibrine est fortement appliquée contre la paroi. Les éléments du tissu conjonctif varient suivant la grosseur et l’âge

de l'hématome ; leur force de résistance est très grande, , Vi 3

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puisqu'on les retrouve en grand nombre dans les hématomes très volumineux et ils sont dans un état de conservation parfait malgré la compression violente qui s'exerce sur eux. On les reconnaît assez facilement à leur forme ronde ou cubique, présentant une certaine analogie avec les épithéliums plats. Leur noyau est rond et occupe le centre de là cellule. Leur protoplasma est imprégné de pigment sanguin.

A côté de ces cellules ordinaires du tissu conjonctif, qui sont mononucléaires on trouve des éléments à un, deux, trois noyaux et même davantage. Ces cellules sont plus volumineuses et présentent ainsi quelquefois l’aspect de cellules géantes avec leur noyau central.

Cette paroi fibrillaire de tissu conjonctif possède souvent, au sein de foyers hémorragiques de nombreux vaisseaux, les uns d’un calibre très restreint, d’autres plus volumineux.

La tunique externe ou fibreuse adhère fortement à la précédente ; elle est constituée par des faisceaux rigides de tissu conjonctif et attire souvent l'attention par sa richesse vasculaire.

Les hématomes des corps jaunes possèdent souvent un épithélium. Le plus souvent ce sont des hématomes doubles atteignant des dimensions variables et pouvant acquérir le volume d’une tête d'enfant. Ici les cellules de la paroi interne sont tapissées par une couche d’épithélium stratifié qui remplace les stratifications fibrineuses que nous avons vues plus haut. De forme le plus souvent cylindrique, parfois cubique, cet épithélium présente, en certains points, les mêmes caractères que l'épithélium plat. La membrane de revêtement située sous l’épithé-

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lium, est plus où moins fortement plissée ; elle offre par places une structure papillaire et permet d’apercevoir nettement des cellules pigmentaires séparées les unes des autres par un réseau assez développé de capillaires gorgés de sang. Ces cellules épithéliales peuvent disparaître dans les vieux hématomes et sont remplacées par une couche de tissu conjonctif qui est toujours plissé. Puis, lui faisant suite, on trouve la tunique fibreuse, qui est également très richement vascularisée et dont les vaisseaux affectent une disposition concentrique. On pourrait croire ainsi que les grandes cellules du tissu conjonctif sont comprises dans les végétations : ce qu'on expliquerait par l’irritation qui résulterait d’une longue hémorragie. Mais on n'a pas de raisons suffisantes pour admettre avec Mary Dickson Johnes, Fôster, etc..., le développement d’un endothéliome ou d'un gyrome, n'aboutissant que secondairement à la formation d’un hématome. Les descriptions et les figures qu'ont publiées ces auteurs ne sauraient nous faire admettre une pareille évolution.

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