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ragie. Il trouva l'utérus assez tuméfié et la muqueuse très hyperhémiée. Les ovaires semblaient être couverts de taches et présentaient une teinte pourpre. Chez d'autres malades ayant succombé dans des épidémies de choléra, Slavjaknsy, Tippakoff, Rusi, Tränkel et Klautsch firent les mêmes constatations. Tränkel trouva comme phénomène concomitant, dans 62 p. 100 des cas de choléra avec hémorragies utérines, des hémorragies multiples dans le tissu ovarien, les unes circonscrites, les autres avec infiltration dans le parenchyme. Dans un cas l'ovaire était complètement transform£ en une tumeur grosse comme le poing résultant d'un assez fort épanchement : on trouva en même temps un hématome assez volumineux dans la paroi musculaire de l'utérus. On pourrait citer d'autres cas semblables dont quelques-uns, qui appartiennent à Klautsch ont subi le contrôle de l'examen microscopique.
Dans tous les cas d'ovarite parenchymateuse folliculaire avancée, on a été frappé par l'hyperhémie généralisée à tout l’organe et par la présence en certains endroits, surtout autour des follicules malades, de petits extravasats capillaires qui avaient envahi le tissu interstitiel. Dans un cas en particulier, l'ovaire contenait deux corpus luteum, l’un de la grosseur d’une noisette, l’autre de la grosseur d’un pois; ils étaient situés dans Île tissu néo-formé et avaient subi par le fait de nouvelles hémorragies une assez forte distension. Le sang était de couleur rouille et même chocolat, si l’on veut; il renfermait des détritus de pigment contenant du fer qui affectait une forme de petits grains. On constate d’ailleurs de pareilles altérations dans toutes les maladies infectieuses aigués.
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Dopfer et Hoœlscher ont constaté de l’œdème des ovaires dans un cas de typhus abdominal.
Dans un cas de Winkel, une hémorragie développée surtout dans les follicules fut consécutive à des brûlures par le pétrole et à un empoisonnement par le phosphore. Chez une jeune fille de 17 ans, morte à la suite de brülures par le pétrole, Winkel trouva quinze petites cavités, allant de la grosseur d'une tête d'épingle à celle d’un pois ; elles étaient remplies les unes de sang liquide, les autres de sang coagulé. On ne put constater de rupture folliculaire ni d’épanchement sanguin dans le stroma ovarien.
En ce qui concerne spécialement les hémorragies de l'ovaire consécutives à l’hyperhémie de cet organe, nous considérerons trois formes différentes. L’hémorragie folliculaire est la forme la plus fréquente, puis vient l’hémorragie dans l’intérieur du corpus luteum : enfin — et c'est assurément la forme la plus rare — l’hémorragie dans le stroma ovarien, l'hémorragie parenchymateuse. Koll signale cette dernière forme comme constituant au sens propre du mot l'’apoplexie de l'ovaire.
Ces trois formes peuvent apparaître isolément ou simultanément sur la même personne. C’est dans les ovaires qui ont déjà subi la dégénérescence kystique que l’on observe le plus souvent les hémorragies.
L'éclatement des follicules hémorragiques ne se produit pathologiquement que par l'abondance de cette hémorragie dans un follicule fermé : le sang épanché détermine ainsi une distension de la poche. L'époque menstruelle est naturellement la circonstance la plus favorisante : cette hémorragie peut néanmoins survenir
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à d'autres moments, d’autres causes pouvant alors être invoquées. À ces cas se rattachent encore les follicules sanguins dont parle Léopold: ils sont certainement de nature pathologique, comme l'établissent les figures et les descriptions qu'a laissées. cet auteur. Malheureusement l'examen microscopique n'a pas été fait dans ces cas. Îl faut cependant ajouter que l'hémorragie ne se produit pas dans les follicules fermés. Ces follicules variaient, comme dimension, de la grosseur d'un pois à celle d’une petite noix, mais, dans certains cas particuliers. pouvaient atteindre le volume d'un poing ou même celui d'une tête d'homme. L'avaire tout entier subit lui aussi naturellement une augmentation de volume. Siles Rémorragies folliculaires sont multiples. l'ovaire présente une surface irrégulière, bosselée et chacune de ces saillies offre un aspect bleuatre dû à la présence du contenu sanguin. À la coupe, les follicules sont gorgés, les uns de sang liquide. les autres de sang coagulé. La couleur du contenu sanguin varie. Suivant l'état de fraicheur. la teinte va du rouge plus où moins foncé jusqu'au brun sale. Ces couleurs diverses peuvent aussi, par suite des hémorragies périodiques. être attribuées au flux menstruel (Sænger).
Il se forme en outre un dépôt de fibrine qui se transforme en une bouillie couleur rouille, ou, suivant la description de Kolb, en une masse rappelant par son aspect les framboises. Parfois deux ou plusieurs follicules communiquent entre eux et, par Suite de cette augmentation de la masse sanguine, le tissu interstitiel disparait peu à peu. Le développement d'un seul follicule peut atteindre de telles proportions. à la suite d’une hémor-
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ragie, qu'il envahit tout l'ovaire. Au point de vue de l'épaisseur de la paroi, en note de grandes variétés ile plus souvent cette épaisseur est tout à fait irrégulière. Elle atteint au moins de 0,5 à 0,3 millim. dans une tumeur folliculaire assez considérable. A la coupe, on aperçoit des reliquats de tissu ovarien normal. Quand un follicule se vide, la paroi s’affaisse et sa surface prend un aspect ridé ou cicatrisé. Elle atteint parfois l'épaisseur d'une feuille de papier. Souvent sa surface interne est recouverte de néo-productions, d'autres fois elle est lisse, quelquefois enfin elle présente un aspect tomenteux avec des brides et des portions arrachées, ce qui lui donne une couleur brun-rouge. couleur que l’on observe sur une assez grande épaisseur de la paroi. Si les follicules n’ont pas atteint un trop fort développement, on constate la présence d’un bord jaune qui provient de la dégénérescence graisseuse de l’épithélium du follicule.
Pour Orth, la distension résultant de l'épanchement de sang dans le follicule fermé ne pourrait produire une tumeur dépassant le volume d'une noix où même d’un poing. Passé ces dimensions. il s'agirait pour lui d'hémorrgies éclatant dans des kystes qui existaient auparavant.
Gottschalk à émis une hypothèse d'après laquelle il existerait une hémorragie folliculaire vicariante quand la menstruation ne se produit pas à la suite d’uneirritation énergique de la muqueuse utérine : on a alors une menstruation ovarienne. |
Quant aux conséquences et à la terminaison des hémorragies folliculaires . il est évident que lorsque le
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follicule mür ne s'ouvre pas, l'œuf ne saurait que mourir. Après un assez long temps, lorsque ce contenu sanguin ne s'est pas fait issue au dehors, il s'épaissit de plus en plus et peut être résorbé en grande partie. Les parois se désagrègent et il se forme une couche de tissu conjonctif qui prend une teinte claire, pigmentée. Les parois peuvent également disparaître avec un accroissement de volume de lhématome. La rupture de la poche se produit assez souvént dans la cavité péritonéale, donnant lieu à une hémorragie mortelle avec formation d’hématocèle consécutive : tels sont les cas rapportés par Scanzoni, Penny et d’autres auteurs. D'autres auteurs, tels que Tabryce, Wiglesvorth, Boldt, etc., ont vu éclater dans ce cas des péritonites mortelles que l'on pouvait évidemment attribuer à une infection secondaire de l'hématome. Un assez grand nombre d'observations, et en particulier celles de Crempin, ont permis d'étudier le mode d'infection d’un hématome folliculaire par la présence de micrcbes pyogènes. On observe encore assez fréquemment, consécutivement à des inflammations antérieures des organes voisins et recouvrant la surface des ovaires hypertrophiés par des hématomes folliculaires, des adhérences unissant intimément le péritoine pelvien et la périphérie de l'ovaire. Il est au point de vue anatomique très difficile de déterminer si ces inflammations antérieures sont primitives ou secondaires. Pour Olshæusen, on pourrait trouver une relation entre les hémorragies folliculaires et la dégénérescence kystique. Pour notre compte, nous avons constaté l'existence d’antécédents analogues dans des affections d’autres organes, ainsi par exemple dans
la transformation des kystes de la trompe hémorragique en kystes séreux. C'est encore l'opinion de Birch et d'Hirschfeld. k
I. — La seconde variété d'hémorragie ovarienne se produit à la suite d'hémorragie du corpus lateum. Les observations en sont encore aujourd'hui assez rares. Nagen et Frœnkel ont tes premiers attiré l'attention sur le développement des kystes du corpus lateum. Si, après l'éclatement d'un follicule, la transformation régressive de la paroi persiste, il se produit de nouvelles hémorragies : le processus peut mème aboutir à la destruction complète des corps jaunes. Mais dans Ia majorité des cas il se forme un nouveau corps jaune autour du sang épanché et c'est suivant ce mode que s'effectueraient pour Rokitansky le dédoublement des corps jaunes.
Ces hémorragies secondaires des corps jaunes peuvent atteindre un très grand développement. Pilliet leur attribue une importance toute particulière: pour cet auteur, ces Kystes sanguins se développeraient dans les corps Jaunes Surtout à la suite des ovarites chroniques (ovariste scléro-kystique). Après cet auteur, les travaux de Robin, de Rollin, de Dolivis et de Petit ont attiré l'attention sur cette variété hémorragique. Pilliet a pu en donner quatre cas.
Par suite de ce processus de sclérose, la reconstitution du follicule ouvert devient très difficile et il se produit de nouvelles hémorragies résultant du défaut de rétraction des tissus voisins. Le corps jaune se tuméfie à nouveau et devient le siège d'un second kyste sanguin.