CHAPITRE VII
Traitement,
Les aüteurs, peu nombreux du reste, qui se sont occupés jusqu'ici des hématomes intraligamentaires, ont assez peu insisté sur le traitement.
Nous abandonnerons aujourd'hui, bien entendu, les anciennes méthodes thérapeutiques qui consistaient à évacuer l'hématome par des ponctions. Celles-ci ne peuvent êlre qu'insuffisantes et dangereuses, qu'elles soient faites par la voie vaginale ou abdominale.
Segond, dans son rapport au Congrès de gynécologie de 1898, préconisait la conduite suivante dans les cas d’hématocèle sous-périlonéopelvienne par grossesse extra-utérine : si la grossesse a moins de cinq mois, on fera l’incision vaginale ou
ischio-rectale de Lejars, et s’il y a retour de l’hémorragie on fera la laparotomie sous-péritonéale de Pozzi où même transpéritonéale.
.— L'incision vaginale est insuffisante; elle ne peut que servir à
l'évacuation des caillots, sans prévenir le retour des hémorragies. La malade court, après elle, les mêmes dangers qu'avant l'intervention.
Nous conseillerons donc la laparotomie transpéritonéale systématique. Elle devra toujours être faite aussi précocement que possible et elle permettra souvent d'assurer le diagnostic.
Dans les cas graves, on pourra essayer d'arrêter l'hémorragie par la compression de l'aorte par la méthode de Momburg ou en meltant la femme en position de Trendelenburg, comme Fieux l’a préconisée pour les hémorragies de la délivrance. En même lemps on soutiendra l’état général de la malade par les moyens ordinaires.
Dans les cas d'hématomes par ruptures utérines, l’accouchement devra être terminé rapidement par l'extraction du fœtus au moyen du forceps, de la version ou de l’embryotomie. Les injections vaginales chaudes, le tamponnement sont des moyens trop anodins pour trouver ici leur emploi.
Il faut sans tarder, immédiatement, pratiquer la laparotomie et lerminer rapidement par l'opération de Porro ou plutôt par l'hystérectomie subtotale suivie de tamponnement et de drainage abdominal.
Souvent le chirurgien, dans ces cas, arrive trop tard et sur 17 cas cités plus loin nous ne donnons que 2 cas avec guérison (Obs. XXXIIT de Varnier et XLIV de Varnier et Gosset).
Dans tous les cas d'hématomes intraligamentaires soupçonnés avec plus ou moins de certitude la laparotomie est de règle. C'est la seule façon d’évacuer les caillots et de tarir la source de l’'hémorragie.
L’abdomen étant ouvert et l'hématome reconnu, on le décollera en masse. Une brèche sera faite sur le feuillet postérieur du ligament large. On videra la poche des caillots qu’elle contient. Si on ne peut accoler ses parois, on fera un tamponnement moyennement serré à la gaze. L'opéralion sera terminée par l’annexectomie avec ou sans hystérectomie.
Si la malade a eu déjà des enfants, l'opération de choix sera la castration uléro-ovarienne suivant la lechnique habituelle.
On établira toujours le drainage sous-pubien.
Dans l'observation LXXIV (Chavannaz), il se produisit un léger ictère, ce fut la seule complication.
Les tumeurs sanguines du ligament large seront extirpées comme une tumeur ordinaire. Les cysthématomes menstruels seront facilement énucléés.
Les anciens chirurgiens n’opéraient pas ; aussi ne citons-nous plus loin que 12 cas opérés. La plupart des hématomes amenaient la mort et n'étaient reconnus qu’à l’autopsie.
L'état actuel de la chirurgie ne permet plus d'attendre une résorplion spontanée de ces collections sanguines, auxquelles on ne doit appliquer qu'un traitement chirurgical.