LE OR
çante, l'apparition progressive de la tuméfaction coïncidant avec des pertes sanguines légères, mais continuelles, faisaient nellement penser à une grossesse ectopique ; l'examen microscopique est venu nous montrer qu'aucun point de la pièce ne pouvait appuyer notre diagnostic, mais il n’a pas apporté de lumière pour faire reconnaître la cause précise de l'hémorragie.
Aussi sommes-nous assez embarrassés pour conclure et si la rupture ou l'avortement tubaire ne peuvent être invoqués, la grossesse n'ayant pas existé ou n'ayant pas laissé de traces, il faut se rejeter sur les autres causes invoquées dans des cas analogues.
Les hémorragies par rupture des veines du ligament large ne se rencontrent guère que dans le voisinage d'un utérus gravide et sont difficiles à établir. L'utérus, de son côté, ne donne d'hématome intra-ligamentaire que lorsqu'il est le siège de rupture. En dehors d’une greffe ovulaire, la trompe saignerait encore dans le ligament large, par rupture d’un hémato-salpinx ou d’une salpingite hémorragique au niveau du mésosalpinx. L'ovaire lui-même a vraiment trop peu de rapports avec le ligament large pour aller déverser une aussi grande quantité de sang exclusivement entre les deux feuillets péritonéaux qui constituent ce ligament. Il est de fait que toutes les hématocèles d'origine ovarienne signalées dans ces dernières années, même en dehors de la grossesse, ont été intrapéritonéales. En somme, malgré le résultat négatif de l'examen microscopique, nous pensons qu'on n'est pas en droit de rejeter lotalement l'idée d'une grossesse tubaire. C’est donc dans la rupture intraligamentaire d'une trompe gravide ou celle d'une trompe simplement enflammée qu'il nous paraît qu'on doit trouver l'origine de l'hématocèle présentée par notre malade. Les fails ne permettent pas, à notre sens, de préciser davantage.
En terminant, nous voulons: attirer l'attention sur quelques particularités dans l’histoire de notre malade; d’abord sur l’existence de douleurs violentes à irradiations crurales, augmentant d'intensité au fur et à mesure que l'hémalome grossissait.
MARS 7 mue
La compression nerveuse dans cette hématocèle sous tension, bridée par le péritoine, l'explique facilement et la douleur nous paraît être un signe à retenir dans cette variété d'épanchement sanguin. La reprise de l’hémorragie et l’augmentation rapide du volume de l’hématome se rencontrent ailleurs. |
La technique opératoire suivie mérite d’être discutée : l’hématome a été évacué à fond après incision péritonéale. L'ovaire et la trompe enlevés, on s'est trouvé en présence d’une vaste cavité cruentée, suintante, au fond de laquelle couraient les vaisseaux iliaques dénudés. Certainement la castration utéroovarienne aurait permis une hémostase plus complète et une guérison plus rapide. Nous n'avons pas cru devoir y recourir en raison du désir de maternité exprimé très vivement par la malade.