V. Hémorragies intraligamentaires d'origine ovarienne
Les ovaires, eux-mêmes, peuvent être l’origine d’hémorragies dans l'épaisseur des ligaments larges, bien que le plus souvent les hémorragies ovariennes soient intrapéritonéales.
L'ovaire, de par ses congestions fréquentes et intenses produites par la menstruation, les rapports sexuels et les grossesses, subit les conséquences des lésions vasculaires: il est souvent le siège des stases veineuses. Le varicocèle pelvien entraîne des processus de sclérose avec friabilité des vaisseaux dans le stroma ovarien, et souvent aussi des phénomènes d'atrophie. Les inflammations de l'ovaire entraînent aussi des lésions vasculaires, et les vaisseaux ainsi rendus friables seront facilement le siège de déchirures pouvant provoquer la formation d’'épanchements sanguins sous-péritonéaux.
Ces hémorragies ovariennes peuvent être de cinq sortes :
Les premières, ou hémorragies vésiculaires multiples, ont été éludiées par Ch. Robin.
Les secondes, hémorragies extravésiculaires, sont caractérisées par une exagération de l'écoulement du sang, après la ponte ovulaire.-
Les troisièmes, hémorragies intravésiculaires, sont les kystes sanguins de l'ovaire, formés par la rétention du sang.
. Les quatrièmes, hémorragies des follicules hydropiques, sont constituées par une apoplexie de la paroi des kystes.
Les cinquièmes sont des hémorragies des corps jaunes.
Seules peuvent donner des épanchements sanguins, les hémorragies par exagéralion de l'écoulement ménorrhagique, celles qui sont intravésiculaires, et les hémorragies du stroma.
A. Hémorragies extravésiculaires.
Rollin les a étudiées dans sa thèse.
La vésicule, siège de l’épanchement sanguin, se rompt, et le sang fait irruption avec violence. Piogey a cité un cas de collection sanguine sous-péritonéale de cette origine. Si la rupture ne se fait pas dans la trompe, c'est que celle-ci malade ne s'adapte plus à l'ovaire, et l'hémorragie se fait dans le bassin. Pourquoi celte exagération de l’hémorragie normale? Question
très discutée. On a même invoqué la grossesse ovarique.
B. Hémorragie intravésiculaire. Rupture du kyste intraovarien.
Les kystes sanguins de l'ovaire ont été décrits par Bæckel. Les uns sont dus à une ovarite chronique, quelquefois secondaire à un varicocèle pelvien ou à une ovarite aiguë (Doléris). Le follicule de Graaf reste indéhiscent ; l’hémorragie normale se fait dans sa cavité, et est très abondante, en raison des allérations vasculaires. À chaque menstruation, une ou plusieurs vésicules s'ouvrent dans le kyste ainsi formé et qui augmente tous les mois, pouvant devenir {rès volumineux et enfin cédant à une poussée menstruelle. On comprend que, dans ce cas, son contenu, én se déversant, suffise à constituer un hématome pelvien. Quelquefois un petit kyste se rompt, et le sang continue à couler des vaisseaux de la paroi déchirée. Supposez que la rupture se fasse du côté du hile, et vous comprendrez la formation d'un hémalome du ligament large. Puech, dès 1858, avait vu cette possibilité.