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IV. Hémorragies intraligamentaires d’origine tubaire

Tous les gynécologues pensent que la majorité des hématomes intraligamentaires ont pour origine une lésion tubaire.

Deux causes peuvent être invoquées : la rupture d’un hématosalpinx, ou la rupture d'une grosse tubaire.

A. Rupture d’hématosalpinx.

La lésion est exceplionnelle ; nous en donnerons plus loin un cas.

L'hématosalpinx reconnait pour causes : la rétention intratubaire du sang menstruel dans le cas d'hématomélrie (cause rare), la salpingite chronique hémorragique, la grossesse tubaire.

Dans la salpingite hémorragique, bien étudiée par L. Bazy, les vaisseaux sont très développés, Les trompes sont entourées de veines turgides. La sclérose alleint la paroi de ces vaisseaux, rétrécissent leur calibre, les rendant plus friables. Si l'hémorragie se produit, elle peut s'écouler par l'utérus, ou bien s’enkyster dans la trompe, ou enfin, par son abondance, dilater brusquement Ia trompe et la faire éclater, surtout au moment des règles. L'hématosalpinx se rompt le plus souvent dans le périloine, mais parfois aussi sous la séreuse ; la paroï se déchire et cette déchirure intéresse les vaisseaux qui, dilatés, sclérosés, béants, laissent s’écouler une grande quantité de sang, qui s'épanche dans le tissu cellulaire intraligamentaire.

On peut aussi admettre, mais nous n'en avons pas d'observations, que, dans les cas de pyosalpinx, l’ulcération de la poche amène la déchirure des vaisseaux de la paroi, dilatés et néoformés (Cornil). :

B. Rupture de grossesse tubaire.

Les travaux publiés au siècle dernier par Lawson-Tait,

Maygrier, Binaud, Cestan, Couvelaire, ont mis en lumière l'extrême fréquence de la grossesse ectopique tubaire.

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Nous n'avons pas à étudier la grossesse extra-utérine, ses causes, ses diverses variétés, pas plus que nous ne ferons non plus l’anatomie pathologique et la pathogénie des ruptures tubaires : elles n'ont rien de spécial ici.

Nous dirons tout d'abord que seule la grossesse tubaire peut donner les collections sanguines dont nous nous occupons.

Couvelaire a divisé les grossesses tubaires en deux groupes : les grossesses inlerslitielles, très exceptionnelles, et les grossesses de la portion libre de la trompe, qui se subdivisent ellesmêmes en grossesses isthmique, ampullaire, infundibulaire.

La grossesse isthmique se rompt dans le péritoine (Couvelaire). La grossesse ampullaire est la plus fréquente de toutes. Elle peut évoluer de plusieurs façons : le plus souvent la gestation est interrompue par l’apoplexie ovulaire suivie d'hématosalpinx évoluant secondairement, soit vers la résolution, soit vers Ja rupture intrapéritonéale ou extrapérilonéale. Le plus souvent la rupture tubaire est intrapérilonéale. Mais elle peut se faire aussi, plus rarement, dans le ligament large, par exemple si le placenta est inséré sur la paroi inférieure de la trompe.

Schuchardt distingue trois cas d'expansion intraligamentaire du sac fœtal : dans le premier cas la lunique musculaire de la trompe est intacte; dans le second, elle disparaît par surdistension; mâis dans ces deux cas on ne peut pas parler d'hématocèle extrapéritonéale. Dans le troisième cas, l’œuf se rompt.

Couvelaire pense que « cette troisième variété est possible mais peu vraisemblable, et, en tout cas, non démontrée ». Il n'en donne aucun cas personnel. Dans les travaux plus récents, par exemple ceux de Viguès et Pillatte dans la Gazette des Hôpitaux de 1914, on lit : « La grossesse intraligamentaire est une variété rare de la grossesse lubaire rompue ». Binaud n’en cite qu'un cas.

Nous éliminerons les cas de grossesse intraligamentaire après le cinquième mois, bien étudiés par Jayle et Delherm en 1900 et Lemercier dans sa thèse 1900-1901. Cette grossesse est très - rare. Jayle et Delherm en ont donné 11 cas, et Lemercier 18 cas.

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Il ne s’agit plus d’hémalome, mais de kyste fœtal, qui subit là l’évolution ordinaire et variable du kyste extra-utérin.

Plus loin, on trouvera la relation de nombreux cas d'héma tomes intraligamentaires par rupture de grossesse tubaire. Nous ne retiendrons que les cas vérifiés à la laparotomie ou à l'autopsie.

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