Traité des maladies du larynx
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vrage de Ludwig Turck (Kehlkopflkrankheiten, 1866), nous trouvons une autre observation d'hémorrhagie laryngce au £ours d’une variole (V. Obs. IT).
Dans le même ouvrage nous trouvons un cas de mort par hémorrhagie laryngée consécutive à une intoxication mercurielle (Pfeufler, v. Obs. TT).
« À l’autopsie, on trouva dans le ventricule droit de la glotte un épanchement sanglañt sous-muqueux de la grandeur d’un pouce carré. »
Cette dernière observation nous intéresse surtoul parce qu'elle nous montre qu’une hémorrhagie laryngée relativement peu abondante a pu par son siège entraîner la mort par sténose laryngienne, le sang s'étant infiltré sous la muqueuse de la glotte elle-même.
S, Marano (4rchivi italiani di laryngologie, avril 1890) sienale trois observalions de malades qui au cours de la grippe présentèrent . de la dysphagie, une voix rauque, une toux quinteuse et une expectoration sanguinolente : dans les trois cas le miroir montra une rougeur vive du larynx avec tuméfaclion de la région aryténoïdienne.
Nous n’avons pas un nombre suffisant d'observations d'hémorrhagies au cours de la grippe pour pouvoir affirmer que ce sont des hémorrhagies d’origine dyscrasique. Cependant, le caractère nettement infectieux de cette dernière maladie nous permet de préjuger que les hémorrhagies se produisant pendant son évolution sont dues à une altération du sang.
Nous ajoutcrons à ces observalions un cas d'hémorrhagie laryngée chez un débilité (v. obs. IV, Beitrag zur laryn-
gilis hœmmorrhagica, par À. Bloch. Wien. med. Presse 33).
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Nous ne ferons pas de longues digressions sur les causes de ces hémorrhagies consécutives à une altération du sang, rappelons seulement qu'il n’est « plus permis « d'admettre l'hémorrhagie par simple diapédèse comme « l’ont cru possible Bichat, Laënnec, Chomel, Grisolle « elc., les travaux de Robin, de Virchow, de Feltz ont € établi que normalement les capillaires sont dépourvus « de stomates ou d'ouvertures capables de laisser passer
«les globules sanguins sous l’influence d’une forte pres- «< sion » (Art. Widal Dict. Jaccoud).
L'hémorrhagie, quelque soit l'organe où elle siège, ne peut s'effectuer que par la rupture des capillaires sous l'influence d'une cause quelconque.
Renaut, dans son article du Dictionnaire Dechambre, dit que « dans les flux hémorrhagipares réflexes, d'ori-
gine dyscrasique, l’éruption du sang est organique et mécanique ; il y a: 1° Une action sur les petits vaisseaux des particules du poison disséminés par le courant circulatoire ;
2° Action du sang empoisonné sur l’ensemble du système nerveux. »
Hémorrhagies d'origine traumatique.
La plupart des hémorrhagies du larynx se déclarent à la suite d’un traumatisme quelconque externe ou interne : un accès de toux, un cri, un chant trop longtemps soutenu, loute contraction trop violente des muscles du larynx peut amener la déchirure de quelques fibres musculai-
res et de pelits vaisseaux, de la production d’ecchymoses sous la muqueuse. Les thyro-aryténoïdiens, en se contrac- ‘tant trop violemment à l’émission d’un son, peuvent se -déchirer de la même façon que les muscles de la jambe -ou de la cuisse à la suile d’un effort trop considérable {coup de fouet).
« On n’abusera pas de la voix en l’obligeant d’aller au « delà de son étendue naturelle ou en la produisant avec « une violence extrême, dit Morgll Makensie dans son « Livre de l'hygiène de la voix ; quand les cordes d’un « violon sont trop tendues, elles cassent, on peut causer « de graves préjudices aux organes vocaux en forçant la « voix. La distension exagérée des cordes vocales peut « leur faire perdre leur élasticité ; parfoisles fibres mus- « culaires ou ligamenteuses sont rompues, la même « chose arrive à des vaisseaux du larynx. J'ai lu dans « un journal de médecine, la relation d’un accident de « cette nature arrivé durant le chant (New York. Med. « record). »
Le traumatisme jouera un rôle plus ou moins important dans la production des hémorrhagies, suivant qu'il frappera un organisme sain, ou des muscles et des vaisseaux dégénérés et rendus plus fragiles par une affection antérieure, dans ce dernier cas lé traumatisme ne sera qu’une cause occasionnelle d’hémorrhagie.
Dans ce chapitre nous parlerons des hémorrhagies se produisant dans un organe sain, à la suite d'une violence externe ou interne.
Les plaies d’origine externe s’accompagnent générale-
ment de solution de continuité des téguments, mais il y
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a des exceptions à celle règle. Elles sont ordinairement suivies d’infiltralions hémorrhagiques considérables dans le tissu connectif lâche si abondant en cette région, fréquemment elles se compliquent de fractures des cartilages, et, quelquefois, de lésions de vaisseaux et de nerfs importants de la région. Les plaies d’origine interne intéressent presque toujours la muqueuse (Solis Cohen. Encyclopédie internationale de Chirurgie).
Plaies d'origine externe.
1° Les plaies contuses sont habituellement produites par des coups donnés intenlionnellement sur Ja gorge avec le poing ou avec une arme, par des coups de pied d'homme ou d'animaux, par le choc accidentel d'objets durs; ou par des chutes sur ces mêmes objets, ou bien par des tentatives de strangulation à l’aide des mains, d’un linge ou d’une corde.
Elles peuvent entraîner des infiltrations hémorrhagques considérables dans le Lissu connechf sous-muqueux et intermusculaire.
La (lyspnée n'est que légère, à moins qu'il n’y ait tumélaction, effusion sanguine où déchirure et hémorrhag'v inlerne ; circonstances capables de donner lieu à de l’apnée.
Au laryngoscope l'évidence ce la congestion el de l’effusion hémorrhagique peut être marquée.
2° Les plaies par instruments piquants peuvent produire une apnée menaçante consécutive à l'accumulation du
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sang dans les voies aériennes. Dans les efforts d’expectoration des caillots sanguins peuvent se loger dans le canal aérien et l’obstruer. On a cité un caillot qui était venu se fixer dans un ventricule et là formait une sorte de volume qui s’opposait à l'entrée des courants inspiroboires.
3° Les plaies par instruments tranchants sont plus fréquentes à elles seules que toutes les variétés réunies. La membrane thyro-hyoïdienne est un siège fréquent de lésion, de même que l'épiglotte.
L'hémorrhagie est généralement abondante même quand les grands vaisseaux cervicaux sont épargnés. La dyspnée ou l’apnée résultent quelquefois tout d’abord de l’entrée du sang dans les voies aériennes, elles sont beaucoup plus fréquentes dans les petites que dans les grandes plaies.
L’hémorrhagie cesse souvent par le fait d’une syncope, cependant au moment de la réaction il faut craindre une hémorrhagie secondaire capable d’asphyxier le malade, surtout si les lèvres de la plaie externe ont été réunies.
Nous reproduisons à la fin une observation d’un malace de Borbillier mort dans ces condilions (V. obs. V).
Solis Cohen fait remarquer que le danger immédiat de mort par asphyxie due à une hémorrhagie qui se ferait dans lés canaux aériens ou à leur obstruction par les caillots sanguins, est beaucoup plus considérable dans les plaies de la trachée, que dans les plaies du larynx, par suite de la section simultanée des vaisseaux thyroïdiens ou du corps thyroïde.
Dans les plaies par déchirement l'hémorrhagie est moins
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fréquente, mais par contre l’asphyxie ‘par la présence du sang ou des caillots dans les voies aériennes l'est beaucoup plus.
Les plaies par arme à feu entrent dans une très faible proportion dans l’ensemble des traumatismes divers. Il peut y avoir effusion de sang alors même que le larynx n’est pas pénétré. L’hémorrhagie primitive est d'ordinaire moins intense que dans les plaies par instrument tranchant mais l’hémorrhagie secondaire peut être abondante et capable d’asphyxier le sujet par l’effusion sanguine ou la formation ‘de caillots, dans les voies aériennes, surlout si la plaie externe a élé fermée.
Plaies d’origine interne.
En tête de ce chapitre nous citerons les déchirures spontanées des cordes vocales inférieures à la suite d’un trop grand effort de voix, dont nous avons parlé plus haut et qui peuvent se produire en dehors de toute altération antérieure des muscles ou des vaisseaux (v. obs. VIT.
L’électrisation interne des cordes vocales provoque quelquefois une hémorrhagie (Poyet).
Il serait intéressant de savoir si celte hémorrahagie se produit à la suite d’une blessure faite par le contact de l'instrument ou si une contraction trop violente des muscles thyro-aryténoïdiens suscitée par le courant électrique n’a pas entraîné la déchirure de quelques fibres et de quelques vaisseaux. |
Il faut rattacher à des manœuvres chirurgicales mala-
droites et imprudentes un certain nombre de plaies conluses, par déchirure et même par instrument tranchant.
« Chez un malade porteur d'un petit tubercule de l’&- « piglotte, dit M. Poyet, Khrisaber pratiqua la résection « avec des ciseaux. Il se produisit une hémorrhagie « abondante qui ne se termina que par la syncope. El est « toujours imprudent de faire la résection de ce fbre- « cartilage quand il est enflammé. Après la section, des « vaisseaux restent béants, et on ne peut que bien diffies- « lement employer les moyens d’hémostase habituels. « Dans un cas pareil je n’hésilerais pas à placer une ow « deux pinces à forci pressure, convenablement cs. .hées, « nous engageons plutôt le chirurgien à employer le ga « vano-cautère pour pratiquer l'opération. J'ai vu Fau- « vel, à l’aide de l’anse galvanique, enlever toute l’épi- « glotte sans aucune hémorrhagie primitive ou secon- « daire ».
L'œdème hémorrhagique peut être instantané après les contusions et les déchirures.
Ferreri (Lo sperimentale, décembre 1888) rapporte um cas de mort par hémorrhagie laryngée consécutive äla section d’un angiome de la corde vocale inférieure gauche (v. Obs. VI).
Les corps élrangers introduits dans le larynx peuvent blesser la muqueuse et léser quelques vaisseaux (v. Gbs. VIII). |
Les fractures des carlilages du larynx, généralement dues à la strangulation, sont graves surtout par les hé morrhagies qu’elles déterminent. L'issue fatale arrive au
bout de quelqües heures ; le plus souvent par suffoca—