‹ Des Hémorragies du LarynxChapitre 12 sur 29 · CRE · texte numérisé non relu

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lion conséculive à l’extravasation sanguine au-dessous le la muqueuse intra-laryngienne, à l'œdème hémorrhagi que.

Le pincement d’une corde vocale dans une tentalive d'extraction de polype peut produire une ecchymose assez importante pour donner lieu à de l’aphonie.

M. Moure signale une observation d’hémorrhagie laryngce conséculive à une cautérisation galvanique.

Hémorrhagies symptomatiques d'une affection | locale aiguë ou chronique du larynx.

La plupart des spécialistes, .et principalement les Allemands, décrivent sous le nom de laryngite hémorrhagique les hémorrhagies qui peuvent se produire dans le laryux sous une mullitude d’influences : menstrues, grossesse, varices rompues, etc. à

D'après toutes les observations que nous avons consultées, il nous semble que le mot laryngite doit être rejeté dans tous les cas comme impropre, parce que la plupart des hémorrhagies laryngées se produisent en dehors de toute inflammalion, par conséquent, sans laryngite, mais à la suite d’une simple hyperhémie.

« À la suite d’une irritation locale et directe, ou bien « éloignée et d'ordre réflexe, dit M. Joal (Etude sur les « /luvions de la muqueuse laryngée, 1884), le liquide san- € guin arrive dans les artérioles et capillaires de la mu- « queuse laryngée, sous une pression plus considérable, les parois vasculaires opposent une résistance insuffi-

« sante, et se laissent dilater, ses vaisseaux, devenus « plus larges, reçoivent une plus grande quantité de sang, « l'élat congeslif est constitué. Mais il n’y a pas de désor- « dre dans la nutrition, les éléments cellulaires ne parli- « cipent pas à l'irritation, les modifications survenues « n'alteignent pas le degré que l’on constate dans l'in- « flammation, »

Nous avons dit que la plupart des hémorrhagies laryncées se produisaient en dehors de tout état inflammatoire, elles peuvent se produire quelquefois cependant au cours de certaines affections inflammatoires aiguës ou chroniques du larynx.

En tète de ces affections nous citerons la laryngite ealarrhale aiguë (v. obs. VIT). Peut-on donner à cette dernière maladie le nom de laryngite hémorrhagique ? Nous sommes ici en présence de plusieurs opinions conlradicloires: Paul Strübing (In intern centralblatt f: Laryng, 1886, p. 137) prétend « qu’il ne faut pas appe- « ler ainsi les laryngiles ordinaires dans lesquelles il se « fail une petite hémorrhagie capillaire passagère. Le « propre de la laryngite hémorrhagique est l'intégrité de « la muqueuse, que l’hémorrhagie se trouve, soit à la sur- « face, soit sous la muqueuse. On rencontre quelquefois « dans la laryngile sèche, lors du détachement des croû- « tes, quelques légères hémorrhagies qui sont hors du « cadre de la laryngite hémorrhagique. »

Natale Laplaca (Archiv. ilal. di laringol, octobre 1888) partage lopinion de Strübing : « ILimporte de bien s’en- « tendre sur la signification à donner au mot de laryn- « gite hémorrhagique. Il s'agit là d'une entité bien défi-

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æ nie, consistant en un catarrhe non ulcéreux de la æ muqueuse du larynx, s’accompagnant d’hémorrhagies « en excluant tous les cas où celles-ci sont dues à des « traumatismes ou à des processus destructifs. »

Golstein prétend que les secrétions en se détachant provoquent des hémorrhagies au cours des laryngites.

Le D" Rougier (1890) croit que la plupart des cas publiés dépendent plutôt de laryngites sèches caractérisées gear une anomalie de secrétion avec enrouement ou aphomic intermittent et accès spasmodiques.

Au contraire Rethi (Wien 1889, Bert. Klin. Voch., n° 6) « pense que les hémorrhagies libres ou interstitielles qui « se produisent dans certaines laryngites sont un « élément symptomatique intéressant à ajouter à l'histoire des laryngites mais ne peuvent en rien justifier la création d'une nouvelle entité nosologique, a laryngite hémorrhagique. Les hémorrhagies par rupture ou par diapédèse sont liées à une modifi-

cation de la paroi vasculaire sous l’action du processus « catarrhal. Les autres caractères donnés comme carac- « térisant plus particulièrement la laryngite hémorrhagi- « que: intégrité de la muqueuse, longue durée du pro- « cessus, tendances aux récidives, ne sont pas suffisantes « pour justifier l'existence à part de la laryngite hémor- « rhagique. »

Nous nous rattacherons à cette dernière opinion : nous me croyons pas qu'il y ait une forme hémorrhagique de Aaryagite, mais nous pensons qu'un catarrhe du larynx peut provoquer des hémorrhagies dans un organe pré-

&isposé par une hyperhémie persistante (chanteurs ou ora-

teurs), ou par un état pathologique de la circulation ou des vaisseaux.

& La laryngite catarrhale avec congestion vive et épai-

sissement de la muqueuse donne lieu parfois à des « crachements de sang peu abondants, peu ou point aérés, « mêlés le plus souvent de mucosités et se reproduisant « tantôt le matin tantôt le soir. Dans ces cas le laryn- « goscope fait constaler la présence de petits caillots

« sanguins sur les replis du larynx et sur les cordes

« vocales ; cerlains sujels sont particulièrement dispo-:

« sés à ces laryngites hémorrhagipares indépendantes de « doute trace de tuberculose » (Dict. Dechambre, art. Hémoptysie, de Widal).

M. Poyet, dans son Manuel pratique de laryngologie, explique ainsi les hémorrhagies dans le cours d’une laryngite aiguë: « La formation de ces ecchymoses, ditil, peut être expliquée de la façon suivante: un chanteur, un avocat atteint de laryngite catarrhale aiguë force sa voix; sous l'influence de cet effort, il se produit une rupture d’un vaisseau et une infiltration Sanguine sous

muqueuse peu étendue en raison même du petit volume

du vaisseau rompu et l’adhérence de la muqueuse »

(voir Obs. de laryngite hémorrhagique, VIIT et IX).

Nous ajouterons que ces hémorrhagies se produisent rarement au cours des laryngites sèches. Nous avons vu chez des malades la muqueuse du pharynx et du larynx comme parcheminée et couverte de croûtes noirâtres très adhérentes et qui nécessitaient de grands efforts de toux

-pour se détacher sans que pour cela des hémorrh agies se soient produites. L'hémorrhagie laryngée n’est

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22 40e donc pas un symptôme particulier aux laryngites sèches.

Le sang contenu dans les crachats des malades atteints de phthisie laryngée a-t-il toujours une origine pulmonaire ou bien peut-il provenir d’ulcérations tuberculeuses de l'organe de la voix ? D’après la plupart des auteurs, les véritables hémorrhagies laryngées sont extrêmement rares en dehors du cancer ; dans la tuberculoseelles ne consistent qu’en de légères stries sanguines mélangées aux crachats ; il n'Y a pas d'écoulement abondant : e C’est toujours du poumon, dit Bordenave, que viennent les quantités un peu considérables de sang rejetées par la toux ou l’expectoration. »

Fauvel émet à ce sujet une opinion plus formelle encore : « Jamais, selon cet éminent praticien, de laryngorrhagie dans la tuberculose. Le sang que l’on voit dans le larynx est du sang qui ne vient pas de la muqueuse laryngée, mais qui s’y est collé au passage. »

Cependant Türck (Kehlkopfkrankheilen), cite des cas d'hémorrhagie dans la tuberculose laryngée, enfin M. Joal (Des lésions du larynx chez les tuberculeux, 1881) rapporte trois observations bien nettes d’ulcérations saignantes de l'épiglotte et des cordes vocales inférieures (V. Obs. X).

M. Poyet a constaté des plaies ecchymotiques sur les corde, vocales inférieures au début de la lésion.

Puus la syphilis l’hémorrhagie laryngée est très rare, cependant Turck cite un cas d’hémorrhagie mortelle au cours d’un ulcère attribué plus lard à cette maladie.

Dans le: cancer du larynx, au contraire, l'hémorrhagie est très fréquente. Nous lisons dans le traité des maladies

du larynx de Fauvel : Nous regardons ce symptôme

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< comme pathognomonique, mais il n'apparaît qu'avec la période d’ulcération. Au début, le malade ne trouve que quelques filets de sang dans ses expuitions. Plus tard, il rend des crachats complètement sanglants, souvent de couleur gelée de groseille, comme dans le cancer du poumon. Il arrive quelquefois que ce sont de véritables caillots qui sont expulsés, caillots qui probablement se sont formés dans l’un des ventricules de Morgagni, ou sur l’ulcération elle-même.

Dans un cas nous avons vu cracher un caillot qui avait dû séjouruer un temps assez long dans le larynx; car, noir à sa surface, il était complètement décoloré à l’intérieur, Malheureusement les hémorrhagies ne se bornent pas à l’expulsion d'aussi petites quantités.

[l arrive souvent que le malade est pris de véritables écoulements de sang pur dont la perte contribue à diminuer ses forces. Ces laryngorrhagies sont d’autant plus « redoutables qu’elles se répètent fréquemment, l'orga- « nisation du caillot se fait difficilement sur une surface « qu’agitent constamment les efforts de toux occasionnés € par la chute du sang dans les voies aériennes et les { mouvements imposés par la respiration. On voit chez « des malades trachéolomisés des hémorrhagies se pro- < duire au-dessus et au-dessous de la tumeur qui obs- « true le larynx, de telle sorte que le sang s'échappe par <« la bouche et par la canule trachéale ».

Des hémorrhagies ont été encore signalées dans les abcès (Türck), certaines tumeurs : angiomes (v. Obs. de Ferreri), papillome telangiectasique du larynx (Ariza Raphaël, v. Obs. Il). |

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