‹ Des Hémorragies du LarynxChapitre 19 sur 29 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

L'hémorrhagie consécutive à un violent traumatisme peut être grave par l’œdème qu’elle détermine et la suffocation qui peut en résultér plutôt que par-son abondance (les vaisseaux du larynx ne sont pas volumineux).

L'hémorrhagie secondaire est à craindre dans les plaies profondes produites par un instrument pointu ou par une balle; elle sera d'autant plus grave qu’elle pourra plus difficilement se faire jour au-dehors par un orifice trop étroit, et qu’elle envahira ‘les voies aérlennes.

La mort peut succéder à l’entrée de l’air dans une veine (plaie par instrument tranchant chez un suicidé. Stromeyer, op. cit, Bd II. S. 310).

Les hémorrhagies se produisant au cours d’une maladie infectieuse ou d’une intoxication peuvent être mortelles par l’œdème qu'elles déterminent dans le canal aérien (V. Obs. IIT).

Celles qui ge produisent dans le cancer peuvent épuiser le malade par leur répétition trop fréquente.

Le pronostic est bénin pour toute autre espèce d’hémorrhagie, cependant il acquiert une certaine gravité pour les artistes et les orateurs à cause de l’altération

de la voix, si les lèvres vocales ou là muqueuse aryténordienne sont le siège d’ecchymoses, le sang se résorbe lenlement, la répétition de ces hémorrhagies (hémorrhagies cataméniales) est un gros inconvénient.

C'est même un inconvénient considérable pour uve certaine catégorie d’individus qui ont besoin d’un organe vocal absolument intact pour exercer leur profession, nous voulons parler des chanteurs, des orateurs, etc. Or, quel ennui pour eux de devoir s'arrêter dans leurs travaux pendant des semaines et de voir cet accident se renouveler plusieurs fois pendant le cours d’une année.

Nous connaissons une chanteuse qui presque régulièrement a une hémorrhagie laryngée au moment de ses règles. Chez l'homme elle coïncide souvent avec un flux hémorrhoïdal.

De plus lhémorrhagie à répétition est d’un mauvais présage pour l'avenir ; en effet la muqueuse laryngée constamment hypehémiée finit par s’altérer, par s’épaissir et la voix peut au bout de quelques années se voiler non plus périodiquement mais d’une façon irrémédiable.

Une carrière d’abord florissante peut être complètement brisée de cette façon.

Une hémorrhagie abondante du larynx peut être arrêtée par la compression ou la ligature si on peut atteindre le vaisseau lésé. M. Poyet, en présence d’une hémorrhagie abondante de l’épiglotte, n’hésiterait pas à appliquer les pinces à forci pressure sur ce fibro-cartilage.

Si l'on ne peut arrêter l’hémorrhagie par la compression ou la ligature des vaisseaux, Solis-Cohen (Encyclopédie internationale de Chirurgie), conseille de lier la carolide, ce que fit avec succès Le Gros Clark.

« L'arrêt de l’hémorrhagie primitive, qui est consécutif à la syncope, dit Solis-Cohen, pourrait induire en erreur un praticien inexpérimenté et l’engager à fermer la plaie par suture. Ce procédé enlèverait toute issue au sang, lorsque se produit l’hémorrhagie secondaire au moment de la réaction. Lorsque la plaie externe est fermée le sang tombe dans la trachée et soit par son irruption subite,

soit par la formation de caillots, amène l’asphyxie. » Îl ne faut donc pas se presser de fermer la plaie extérieure. x Une potion calmante devra être ordonnée afin de prévenir les accès de toux capables de provoquer de nouvel-

les hémorrhagies.

Dors

Dans l’æœdème hémorrhagique Solis Cohen conseille la ponction ou l’incision de la muqueuse pour donner issue à l'infiltration sanguine. |

Si le malade est menacé d’apnée, la trachéotomie s’impose. i

Dans tous les cas les injections hypodermiques d’ergotine peuvent être utiles.

Les hémorrhagies très légères seront traitées par les inhalations astringentes (chlorure de sodium, tannin), on touchera la surface lésée avec une solution de chlorure de zinc à 1/60 ou une solution de nitrate d'argent à 10 0/0 (Treitel). Lennox Browne (Trailé des maladies du larynx) dit : « qu’on emploiera de préférence au tannin des insufflations d’alun ou des applications au moyen d’une seringue ou d’un pinceau, d’une solution d’un demi à un pour cent de persulfate de fer. Les expériences de Stockmann ont montré que l’action bienfaisante du tannin était due à la formation d’une couche de tannate d’albumine qui servirait d’enveloppe de protection à la muqueuse, mais d’un autre côté Rosenstein et Fikentscher ont montré que l'acide tannique employé comme topique, loin d'amener la contraction des capillaires, est suivi de leur dilatation. On a reconnu également que l'administration à l’intérieur d'acide tannique ou gallique n’a aucune action sur la muqueuse respiratoire. Aussi vaut-il mieux donner dans les cas d’hémorrhagie laryngée des préparations de fer et d’ergot de seigle. »

Dans le cas de varice saignante du larynx, M. Poyet propose de cautériser à l’anse galvanique le vaisseau lésé.

Si le point de départ de l’hémorrhagie se trouve sur

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