‹ Des Hémorragies du LarynxChapitre 26 sur 29 · A RIT · texte numérisé non relu

A RIT

L'auscultation indique la présence d’une caverne à la région sous-claviculaire du côté droit, depuis 1877 la malade a des enrowements fréquents, il y a six mois, aphonie pendant quarante troxs: jours, actuellement la voix est rauque, bitonale.

Cette dame a eu au début de l'affection pulmonaire des hémep- {ysies abondantes et répétées ; depuis quelque temps des era— chats sanguins sont expectorés, mais la malade a conscienesqu'ils ne viennent pas de la poitrine, elle n’éprouve pas les-sewsalions perçues au moment des anciennes hémorrhagies, le samg est immédiatement dans la bouche, il ne vient pas de loir, eï puis il parait après des quintes de toux, après que la malade # expectoré des matières muco-purulentes qui ne contiennent es les moindres stries sanguinolentes. :

Nous pratiquons l'examen laryngoscopique et découvrons wmelarge ulcération sur la corde vocale supérieure gauche, la surfer ulcérée doit se prolonger dans la cavité ventriculaire : cette periede substance est assez profonde, le fond est grisâtre, sauf à um. ! point où nous apercevons une saillie rougeâtre, nous demandes si ce n’est pas là la source de l’hémoptysie, et nous invitoms Ze malade à venir nous voir au moment où elle expectorait de nor— veaux crachats sanguinolents.

Quelques jours après nous voyons très nettement des gotèe— lettes de sang sortir du point indiqué ; avec une petite éponge l'on pouvait neltoyer la surface ulcérée et de suite le sang rép paraissait au point de rupture d'un capillaire. Sous l’inffnemesdes quintes de toux et des efforts, la cicatrice du vaissezw se. . déchirait, et il s’échappait une petite quantité de sang, deux à

cinq crachats au maximum.

Lande

Ogsenvarion XII

Volumineux papillome télangiectaxique du larynx (Ariza Raphael» 1887). :

Dyspnéé et aphonie chez une vieille femme. Hypertrophie considérable dela corde vocale gauche, plus rouge que normalement, surface rugueuse et granuleuse. Glotte très étroite longitudinalement, suffisante cependant pour respirer librement.

En touchant la tumeur, apnée sérieuse difficile à surmonter, beaucoup de sang rendu en toussant ; on vit ensuite à l'endroit touché une dépression du volume d’une lentille, de la base de la-

quelle le sang suintait, Même phénomène, quand à une deuxième séance on passa une pince au-delà de l’épiglotte sans même toucher la partie malade. Une troisième attaque fut moins intense par suite d’une diminution du volume de la tumeur, ou d'une ouverture plus grande de la glotte. Le papillome, du volume d'un grain de café, fut enlevé avec hémorrhagie minime, et, à l’é-

. tonnement général, la tumeur avait par la suite entièrement disparu, la corde vocale étant de forme et de volume normaux.

Guérison permanente.

OsservarTion XII Hémorrhagies à répétition chez un hémophilique (Poyet, 1893).

M. C..., agent de change de Paris, vient me consulter pour avoir mon avis sur des crachements de sang qu'il a chaque malin depuis quelques jours. Son médecin ordinaire qui l'a consulté avec grand soin ne trouve dans la poitrine aucune lésion qui

puisse expliquer ces accidents, d'autre part trouvant chez son

2 Ve malade une légère altération de la voix il l’a engagé à venir faire examiner son larynx. Comme toujours, avañt de faire cel examen, je procède à l'interrogaloire du malade. Agé de 47 ans, M. C... bien que très maigre a toujours joui d’une excellente santé. Il y a quatre ans pour la première fois, il eut le matin. dans ses crachats quelques filets de sang. Cela ne dura que quelques jours et son médecin dès cette époque lui affirma qu'il ne présentait aucun signe de lésion du poumon. Les deux années qui suivirent, pareil fait se reproduisit mais en s’accentuant légèrement, c'est-à-dire que d’une part la quantité de sang augmenta un peu et il cracha le matin du sang pendant 12 à 14 jours la deuxième année, 15 à 20 jours la troisième. Chaque année l'examen de la poitrine fut négatif. Pendant toute la période de crachements de sang il y avait un peu de fatigue générale, de préoccupation d'esprit et une légère altération de la voix que le malade attribuait à ses fonctions à la Bourse.

Cette année, la quantité de sang expectorée a encore un peu augmenté et l’altération vocale est plus marquée. A l’auscultation, je ne trouve rien du côté des poumons et des bronches, à peine une sonorité un peu moindre à gauche et un peu de rudesse

respiratoire; du côté du cœur, léger bruit de souffle au premier temps, à la base.

Je procède à l'examen laryngien et voici ce que je constate :

1° Des vaisseaux très variqueux à la base de la langue.

2° Des vaisseaux très dilatés aussi à la face laryngée de l'épiglotte.

3° La corde vocale inférieure gauche, rouge mais non ecchymotique, légèrement parésiée.

4 Au niveau de la face postérieure de l’aryténoïde gauche, . une tache ecchymotique, ressemblant à une tache de purpura, laissant exsuder quelques fines gouttelettes de sang que je peux

recueillir avec une petite éponge recourbée.

J'interroge de nouveau le malade sur°ses antécédents et je ‘ais par me convaincre que sa mère et lui sont des hémophyli- -ues. Une fois déjà, à la suite d'une légère opération d’abcés il a ‘fælM mourir d'hémorrhagie. Nul doute pour moi dès ce moment “ue fous les accidents devaient être mis sur le compte de la diathèse.

{e malade rassuré par mes affirmations reste quelques jours “ans venir me voir. Le sixième jour je le vois arriver presque -æphone et ayant craché un peu plus de sang que d’habitude (7 à ‘$ placards comme il les appelle). La veille, il s'est beaucoup fatigué à labourse et de plus il s’est livré au coït, ce qui, me dit-il, “mène toujours une recrudescence dans ses crachements de sang. ‘Au laryngoscope, je constate que toute la corde vocale inférieure gauche est le siège d’une ecchymose qui laisse exsuder un peu ‘de sang. La tache ecchymotique de l'arylénoïde a disparu. En rrevanche il en existe deux autres, l’une sur le voile du palais à “droite, T'autre à la base de la luette.

. €... manifestant toujours des craintés sur l’état de sa poi- ‘rive, je l'engage à consulter encore à ce sujet. Il va voir succes- “&vement MM. Duguet et Dieulafoy, qui comme ceux qui l'ont «à examiné lui affirment qu’il n’a aucune lésion pulmonaire. &endant trois mois le malade vint me voir presque tous les jours, gai donc pu suivre toutes les phases de l'apparition et de la disfsatition des taches ecchymotiques de la corde vocale inférieure - «gendhe. Elles se sont reproduites quatre fois laissant toujours “près <îlles un certain degré de rougeur de la muqueuse de la ‘Æsrde et un élat parésique marqué de l’aryténoïde. Chaque fois “æwssi elles étaient accompagnées de taches semblables, tantôt dans Se gharynx (voile du palais), tantôt dans l'arrière-cavité des fos- ‘ses masales, et ce jour-là le malade eut une assez forte hémorrhase rétro-nasale, lantôt dans la partie visible de la trachée.

Woici près de trois semaines que tous les accidents semblent

te (re

enrayés sous l'influence d’un traitement local astringent et surtout d’un traitement général très tonique, combiné avec le repos absolu.

OBservaTION XIV

Hémorrhagie laryngée chez une chlorotique, par José Roquer y

Casadesus (Revista dilar. otol. grinologie, t. IV, n. 9, mars 1889).

Une jeune fille de 20 ans, lymphatique, vint consulter l’auteur pour une aphonie qui dure depuis quinze jours. Etant sortie un matin de très bonne heure, la malade éprouva une vive sensation de froid; dès ce moment, sa voix s’éteignit. Puis sans que sa voix s’améliorât, elle se mit à cracher tous les matins, à la suite de quintes de toux, de pelits caillots de sang noirâtre. Cette personne ne présente aucune altéralion cardio-pulmonaire; elle est normalement réglée, cependant depuis deux mois ses règles étaient moins abondantes.

Le laryngoscope montre de petits caillots noirs adhérents aux bandes ventriculaires et aux cordes vocales, mais, après plusieurs quintes de toux, la muqueuse laryngée se déterge, sauf au niveau des cordes vocales, qui nettement paraissent être le point d’origine de l’hémorrhagie.

La malade revient au bout de quelques jours, ayant subi un traitement interne à l’ergotine et inhalé des pulvérisations de perchlorure de fer. On voit alors que les caillots se limitent aux seules cordes vocales, formant à ce niveau une croute sèche, de couleur noire. Des attouchements au chlorure de zinc font cesser

l'hémorrhagie ; la voix reprend sa sonorité, et la guérison com-

plète ne tarde pas.

Danet 10

OBs ERVATION XV

Un cas d’hémorrhagie calaméniale (Ruault, 1889).

1 s’agit d’une femme de 39 ans qui, réglée à 12 ans, a toujours eu des règles douloureuses jusqu'à sa première grossesse.

C’est une hystérique probable qui ne paraît pas avoir d’affection utérine.

1 y atrois ans, quatre à cinq jours après ses règles, elle éprouva de la pesanteur à la tête, de la gêne dans le nez et rejeta quelques crachats sanguinolents.

Elle vint consulter en mai 1888 à la clinique, se plaignant de gêne respiratoire nasale, de sécheresse de la gorge, de douleurs occupant l’orbite, le front et la nuque. Elle avait aussi des étourdissements, des épistaxis par la narine gauche et crachait du sang.

L'examen laryngoscopique fit constater la présence de deux petits vaisseaux rouges, longitudinaires, occupant les cordes vocales inférieures près du bord libre.

La glotte interligamenteuse présentait un épaississement des follicules. ;

On lui ft le traitement du catarrhe naso-pharyngien : diminution d»< vaisseaux, amélioration.

Vuv le nouveau en septembre la malade présentait une suffusion sanguine sur le milieu de la corde vocale droite. On notait aussi du spasme pharyngien et un gonflement de la base de la langue.

Les jours suivants apparurent des crachats sanguinolents, de l’obstruction nasale et deux stries rougeûtres ponctuées sur les

cordes vocales.

gts

En janvier de deux petites ecchymoses de 2 millimètres, tou- Jours les mêmes symptômes.

Sous l’influence des irrigations nasales, les épistaxis cessent de même que les douleurs ordinaires, et depuis deux mois, ce n'est plus après les règles mais quelques jours avant qu'apparaissent les hémorrhagies.

OBsERvATION XVI

Hémorrhagies laryngées cataméniales provenant d’un vaisseau variqueux de la corde vocale inférieure gauche (Dr Poyet, 1893). Nous avons pu observer la malade au cours de ses deux dernières hémorrhagies.

Mlle W..., artiste à l’Opéra-Comique, était au Conservatoire, il y a trois ans, en 1889.

La veille des examens de sortie, répétant chez elle le morceau qu'elle devait chanter le lendemain, sans douleur, sans qu’elle eût conscience d’un effort produit, sa voix s’enroua subitement, et cela dans les notes élevées seulement. Croyant à une simple fatigue et à un peu de surmenage, elle s’interrompit en remettant au lendemain matin pour répéter une dernière fois son morceau de concours.

Le lendemain, avant de se rendre au Conservatoire, elle essaya de chanter, bien que sa voix parlée fut plus sourde et plus grave qu'à l'état habituel. Les mêmes accidents que la veille se renouvelèrent et ce fut dans cet état qu'elle concourut. Elle vint me voir le lendemain et me raconta les faits que je viens de signaler plus haut. Elle ajouta d’ailleurs que sa santé générale habituelle était excellente, que c'était la première fois que pareil accident se produisait, et qu’elle ne souffrait aucunement.

Voici ce que me montra l'examen laryngoscopique :

La corde vocale inférieure gauche a l’aspect d’un véritable caillot sanguin, elle est boursouflée, noirâtre et a une forme olivaire. Il semble que sion incisait la muqueuse le sang contenu s’écoulerait.

Tout le reste du larynx est sain, normal. Ce qui me surprend le plus, c’est que la fonction vocale soit relativement peu altérée,. et qu’en définitive, la voix parlée soit peu changée, et que la malade ait pu chanter la veille. Cela m'étonne d’autant plus, qu’à cette époque, j'avais déjà eu à observer un certain nombre de faits analogues d’hémorrhagies sous-muqueuses des cordes etque,. dans tous les cas, j'avais noté une altération très sensible de la voix parlée et à plus forte raison de la voix chantée. Je crus de suite à un effort très violent produit par le chant et ayant amené une rupture vasculaire. J'étais d’autant plus autorisé à envisager les choses comme s'étant passées de cetie façon que la jeune malade était au moment de ses règles. Comme dans le cas précé-dent, je prescrivis le. repos, le silence, des inhalations émollientes, et de plus je touchai les cordes vocales chaque jour avec une solution d’acide tannique dans la glycérine.

La résorption dans ce cas fut plus lente à se produire.

Ce ne fut qu’au bout de trois semaines que la corde reprit son épaisseur ordinaire. La disparition de l’ecchymose se fit sur toute la longueur de la corde en partant du bord ventriculaire pour arriver au bord libre, de telle sorte que à un moment donné le bord libre seul de la corde était ecchymotique et boursouflé, alors que les trois quarts en étaient simplement rosés.

À partir de ce moment, je pus voir sur la surface de la corde, occupant son milieu, longitudinalement, c’est-à-dire dans le sens de la longueur, un vaisseau relativement volumineux partant de l'attache thyroïdienne de la corde et venant se perdre au niveau de l’apophyse antéro-interne.

Ayant constaté ce fait, il n’y eut plus de doute pour moi que la

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