‹ Des Hémorragies du LarynxChapitre 27 sur 29 · SET ME · texte numérisé non relu

SET ME

rupture de ce vaisseau était la cause de l’ hémorrhagie sous-mu-

queuse dont je venais de suivre les phases.

La voix de la malade se rétablit complètement, et au mois de novembre, elle put entrer à l'Opéra-Comique où elle avait été engagée.

Au mois de février 1890, M'e W... vint me retrouver. La veille encore, au milieu de la représentation de Lallah Rouck, sa voix s'élait enrouée de nouveau, c’est-à-dire sans cause appréciable, sans douleur et sans qu’elle eût fait un effort vocal considérable.

Ce n’est qu’à grand peine qu’elle avait pu terminer la représentation. De même que la première fois elle était au moment de ses règles.

L'examen laryngoscopique me permit de constater un état laryngien identique à celui que je vous ai décrit plus haut. Les choses se passèrent exactement comme la première fois avec cette différence que la malade put chanter au bout de quinze jours.

La guérison obtenue, je constatai la persistance du vaisseau que j'avais remarqué la première fois.

Je proposai à Mile W..., de cautériser ce petit vaisseau au galvano-cautère pour en amener l’oblitération.

Elle s’y refusa, craignant que sa voix ne s’en ressentit ultérieurement. :

Je me contentai donc de lui prescrire un traitement d’inhalations astringentes, en lui recommandant de ne pas chanter, autant que possible, pendant la période menstruelle.

Malgré toutes les précautions prises, depuis le mois de février 1890 des accidents analogues ne sont produits deux fois. Je dois dire cependant que bien que le temps de résorption ait été plus long un mois une fois, six semaines l’autre, la voix chantée a été

moins altérée que les deux premières fois. Ilest un point inté-

etes

ressant à noter, c'est que après chacune de ces hémorrhagies la voix revient aussi pure et aussi belle que par le passé et que, sauf le vaisseau qui sillonne la corde gauche, on ne trouve aucu-

ne altération de la muqueuse de la corde.

Nous avons vu la malade au mois d'octobre dernier, au cours d’une hémorrhagie, nous l’avons interrogée sur ses antécédents héréditaires. Sa grand'mère est cardiaque, sa mère a des varices assez volumineuses aux jambes, ies antécédents personnels n'offrent rien de particulier. L'état de santé actuel est très bon, cependant la malade est sujette aux rhumes et aux migraines. L’auscultation des poumons et du cœur ne révèle aucun signe de lésion. Pas trace de varice sur aucune partie du corps.

En 1891 la malade a eu trois ou quatre hémorrhagies toujours au moment de ses règles.

Une fois l’hémorrhagie laryngée s’est déclarée après un séjour de plusieurs heures dans une petite salle surchauffée, la malade n'avait pas fait de grands efforts VOCAUX.

Enfin au mois d'octobre 1893 nouvelle hémorrhagie sans cause occasionnelle bien définie.

Au mois de novembre de la même année, dernière hémorrhagie sous-muqueuse. La malade n'avait pas chanté mais elle avait voyagé dans un compartiment surchauffé et rempli de fumée de tabac. C'était encore au moment de ses règles.

Nous voyons donc que la moindre cause d'irritation de

la gorge au moment de ses règles suffit à provoquer l’hémorrhagie,

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