‹ Des Hémorragies du LarynxChapitre 7 sur 29 · LEO · texte numérisé non relu

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face de ces replis qui est en dehors du larynx, la muqueuse est au contraire trés lâchement unie à la charpente fibreuse intérieure. Dans ce qu’on appelle im proprement l'œdème de la glotte cette partie des replis aryteno-épiglottiques peut devenir le siège d'infiltrations séreuses, qui, refoulant en dedans les bords de l'orifice supérieur du larynx, exposent souvent les malades aux angoisses et aux périls de la suffocation (Les infiltrations de sang agiront par le même mécanisme).

Au-dessous du vestibule du larynx, la muqueuse adhère intimement aux ligaments des cordes vocales supérieures, plus bas la muqueuse répond aux ventricules du larynx et adhère intimement aussi à la membrane fibreuse très amincie, qui recouvre en ce point le carlilage thyroïde.

€ En avant, dans l'angle rentrant du cartilage thyroïde, l’adhérence est beaucoup plus lâche, il y a en ce point une pelite masse cellulo-adipeuse qui remplit cet angle, dans les interstices des insertions ligamenteuses et musculaires.

Au niveau des cordes vocales inférieures, la membrane muqueuse devenue très mince, s'applique intimement aux ligaments thyro-aryténoïdiens inférieurs, lesquels sont eux-mêmes intimement unis au faisceau du muscle thyroaryténoïdien.

IL faut remarquer toutefois que Sur la portion la plus interne de la corde vocale inférieure, c'est-à-dire sur le bord libre et tranchant de ce ruban vocal, la membrane muqueuse devenue blanche et demi transparente est assez

lâchement unie aux fibres ligamenteuses sous-jacentes. Au-

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dessous elle reprend ses caractères, s'applique intimcment sur la membrane fibreuse, qui forme la charpente intérieure du larynx et se continue avec la muqueuse de la trachée.

La muqueuse qui recouvre la partie supérieure des cartilages aryténoïdes est vemarquable aussi par sa laxité. Lorsqu'on examine les mouvements intérieurs du larynx, on voit la muqueuse aryténoïdienne se plisser quand Ja glotte se ferme ou diminue. »

Quelle conclusion peut-on tirer de cette disposition de la muqueuse du larynx? C'est que les extravasations sanguines se produiront le plus souvent :

1° A la face antérieure de l’épiglotte et des replis glossoépiglottiques, et en gênant les mouvements de l’épiglotte pourront être une cause de gêne de la déglutition ;

2 Dans les replis aryténo-épiglottiques, et en rétrécissant le vestibule sus-glottique, pourront être une cause de suffocation et même d’asphyxie ; y

3° Dans les cordes vocales inférieures et principalement au bord libre de ces cordes vocales qu’elles pourront déformer assez pour l'empêcher de vibrer normalement et causer ainsi une altération de la voix ;

4° Enfin au sommet des aryténoïdes ou dans la région inter-aryténoïdienne et. y former un bourrelet suffisamment épais pour empêcher les cordes vocales de se rapprocher au moment de l'émission du son et être ainsi une cause d’aphonie. ,

Nous avons dit que les extravasations sanguines se produisaient Le plus souvent, dans les points où la muqueuse est peu adhérente à la membrane fibreuse sous-jacente,

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cependant on les voit se produire quelquefois en des points où elle est intimement unie. M. Poyet signale des cas très rares, il est vrai, dans lesquels une des cordes vocales présentait dans toute sa longueur et toute sa surface “A aspect ecchymotique, nous verrons dans une observation de Pfeufer un cas d’épanchement sous-muqueux dans le ventricule droit, nous verrons des observations d'infiltrations sanguines dans les cordes vocales supérieures.

La dyspnée dans les cas de légère sténose de la glotte est-elle due à un spasme très violent des muscles glottiques (Treitel) ? ou bien faut-il expliquer l'obstacle aux mouvements dela glotte mécaniquement par l’imbibition de la partie atteinte par le sang (Fraenkel) ?

Les troubles de la voix résultent-ils simplement de la déformation des cordes vocalès parl'infiltra- Üon du sang ? ou bien faut-il attribuer à la parésie musculaire consécutif à un état congestive le défaut de rapprochement des cordes vocales ? celte dernière OpInion est celle de M. Joal (Fluxions de la muqueuse

laryngée). « Sous l'influence de causes multiples et com-

« binées, dit-il, un mouvement fluxionnaire s’est porté “€ sur l'organe de la voix et a alteint cn même temps que € la 1 ‘embrane interne, les extrémités nerveuses qui ani- € Mit les muscles thyro-arylénoïdiens internes, ten- « seurs des cordes vocales. |

€ I y a eu hyperhémie des lilets nerveux et de leurs

enveloppes, amenée soit par l’action du froid, soil par

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la fumée du tabac, soit par les cris prolongés et violents. Nous expliquons ainsi la paralysie bilatérale et

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« passagère des thyro-aryténoïdiens, elle est Le fait de « la perturbation des fonctions nerveuses. »

Il est probable que parfois la parésie musculaire accompagne l’hyperhémie, mais que souvent aussi la localisation de l’ecchymose et son volume suffisent à empècher mécaniquement les vibrations des cordes, de même un hématome de la glotie ou des replis ary-épiglottiques peut être assez volumineux pour entraver le passage de l'air dans les voies respiratoires.

« Quel que soit le mode de production, dit Solis Co- Lea (1), en parlant de l’'œdème en général, l'infiltration retrécit le passage de l’air, de telle façon que la fonction respiratoire se trouve d’abord gênée puis abolie. L’obstacle mécanique apporté à la respiration par la tuméfaction des tissus constitue à lui seul toute la pathologie de la | dyspnée dans l’œdème de la glotte. Le spasme des muscles qui resserrent la glotte : crico-aryténoïdiens latéraux et ary-aryténoïdiens ou la paralysie des muscles qui la dilatent (crico-aryténoïdiens postérieurs) existe probable: ment dans bien des cas. »

La présence d’un caillot de sang dans un des ventricules de Morgagni peut entraver les vibrations de la corde sous-jacente et être ainsi une cause d’aphonie en même temps qu’une cause de dyspnée. ,

Telle est en peu de mots la pathogénie des symptômes de l’hémorrhagie laryngée.

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