AVANT-PROPOS
C’est un chapitre de chirurgie de guerre que nous voulons tenter d’esquisser ici ; mais avant de com- ‘mencer notre étude nous allons dire dans quelles eirconstances de temps et de lieu nous nous sommes trouvé pour établir les bases de notre travail.
Dès le début de la mobilisation, nous avons été appelé comme médecin de garde et comme aide à l'hôpital (auxiliaire) de l’Union des Femmes de France d'A. . C’est là, dans le service de chirurgie de M. Caraven, qu’il nous a été donné de pouvoir observer les premiers cas d'hémorragies secondaires. A vec ce chirurgien d’abord, puis sous la conduite de MM. Labarrière, Faix, Metzger, Tridon, nous avons recueilli toutes les observations qui s’y CHRAPAEA (voir chapure H).
À une trentaine de kilomètres du front, dans un hopital décentre important, nous avons reçu des blessés tantôt directement, tantôt après passage dans une
ambulant. L'état d’ on de certains d’entre eux ne fut particulièrement remarqué qu’au moment de la retraite de 1914 ou plus tard après séjour entre les lignes quand la relève était impossible: Mais en dehors de ces cas douloureux, ils nous arrivèrent toujours dans des conditions satisfaisantes de transport et de pansement. D'ailleurs on verra au chapitre de l’étiologie que ces blessés ne firent jamais d'hémorragie en cours de route, ni à leur arrivée. Nous ne dirons pas que tout fut parfait... mais nous ferons remarquer que les interventions plus précoces, le drainage des plaies, les nouvelles méthodes d’antisepsie, l’'immobilisation dans de bons appareils ou dans des plâtres, firent de beaucoup diminuer le nombre de ces hémorragies, et dès juillet 1915 notre tube-garrot cessa d’être dans la poche de tout infirmier.
A) Définition
L'hémorragie secondaire est l'écoulement de sang plus ou moins abondant qui se fait ou tend à se faire au niveau d’une plaie dans les heures ou jours qui suivent lablessure. AR PA PRE 7 ee
:: Cetie hémorragie peut £ aan ltd ou infil.
éd les tissus ; on peut la voir ou la prévoir : ce sont ces cas que nous aurons spécialement en vue ; elle peut se faire à l'intérieur d’une cavité créant ainsi des entités cliniques ! telles que. l'hémothorax, l'inon- * dation péritonéale, la compression cérébrale, dont la
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symptomatologie propre et le traitement spécial méritent une étude à part quelque peu différente de celle qui va suivre. D'ailleurs dans ces cas le sang provient souvent d’un viscère et l’hémorragie est primitive, ou bien ce sont d’autres signes qui commandent l'intervention (dyspnée intense avec refoulement du cœur, paralysie, etc.).
Or, il y a lieu de différencier l’hémorragie sécondaire de l’hémorragie’primitive. Des exemples feront mieux saisir cette distinction.
Un blessé a l’artère humérale sectionnée par une balle, il fait une hémorragie foudroyante dite primitive et meurt si quelque camarade ne lui pose. pas rapidement un garrot de fortune.
Supposons que cette même artère, au lieu de rester béante, se recroqueville et assure d'elle-même l’hémostase, ou supposons encore que la pose du garrot ait permis la formation d’un caillot... bien fragile | nous voyons notre blessé gagner l'arrière et faire en cours de route l’hémorragie secondaire peut-être plus
dangereuse parce que plus insidieuse (*).
Mais il ne faut pas croire que l’origine artérielle (blessure d’artère) soit la seule possible. L’observation nous a montré plusieurs variétés. |
2% N. B.—Dans notre étude nous comprendrons aussi sous le nom d'hémorragies secondaires certaines hémorragies. tardives survenant sans qu’ ‘il y aiteu hémorragie Rae
B) Division
Nous voilà donc amené à parler de la division de notre travail. Cette classification, bien mise en relief dans une communication faite par M. Caraven à la Réunion médicale du centre hospitalier d'A... dès le 28 novembre 1914, n’est point purement théorique mais basée sur des faits cliniques.
On a affaire en effet à deux types :
Type À : Hémorragies franchement chirurgicales, d'origine artérielle le plus souvent, quelquefois veineuse, justiciables de la ligature.
Type B : Hémorragies médico-chirurgicales où l’on ne peut découvrir de vaisseau de quelque importance et dans la pathogénie desquelles entre à la fois de l'infection et vraisemblablement une'prédisposition indéterminée du malade (Caraven, loc. cit.).
Dans les hémorragies du premier type le mécanisme est nettement établi; celui du second type l’est moins. Là, c’est une contusion puis une escarre qui tombe au milieu d’une suppuration, c’est un caillot qui s’infecte et se ramollit avant de se laisser envahir par des éléments suffisamment résistants, c’est une plaie vasculaire sèche qui s’oivre, c'est une rupture de faux-anévrisme, c’est une plaie vasculaire ouverte dans ur hématome ou obturée par un projectile… qu’on enlève, ce peut être aussi l’ulcération d’un vaisseau par un drain.
Ici, ce sont des capillaires friables qui veulent
et RARES