PANS LES HÔPITAUX DE LYON ET DE PARIS
ÎNTRODÜGTION.
L’observation que nous avons récemment faite de quelques cas intéressants, nous a conduit à l’étude des rapports qui existent entre la cirrhose du foie et les hémorrhagies.
Déjà connues d^Hippocrate, ces hémorrhagies ont été considérées jusqu a Monneret, comme exclusivement liées à la gêne circulatoire, déterminée par la lésion hépatique. C’est à Monneret que revient l’honneur d’avoir le premier bien établi le peu d’importance des causes mécaniques, à côté du rôle immense que joue l’altération du sang.
Il semble qu’après le mémoire si concluant de ce grand pathologiste, et la thèse d’agrégation de M. le professeur Gubler, la question doive être considérée comme définitivement résolue. Et nous sommes surpris de voir Frèichs, dans son livre sur les maladies du foie, avancer que « cette opinion n’a pas encore été confirmée d’une manière posith e. » Comme les conclusions de Monneret et de M. Gubler nous paraissent un peu oubliées, et que tous les jours nous entendons exagérer le rôle des causes mécaniques, nous^ avons jugé utile de citer nos observations : nous y verrons les hémorrhagies survenir au début même de la cirrhose^ alors que la gêne circulatoire ne pouvait encore exister.
Mais si nos observations nous permettent de conclure avec ces auteurs, à la nécessité d’invoquer des causes d ordre vital, peut-être y verrons-nous que ces savants ont été trop exclusifs, en n'admettant que des causes djscrasiques^ Il y a quelques semaines, nous avons pu voir, dans une des salles de l’Hôtel-Dieu, un cirrhotique mourir par la rupture de varices œsophagiennes.
Deux cas analogues se trouvaient déjà dans la science : l’un observé par M. Fauvel en 1837, et mentionné par M. Gubler en 1853, a été rapporté longuement dans le Recueil de la Société médicale d'observation^, en 1858 ; l’autre, a été présenté à la Société anatomi(^ue, dans le cours de l’année 1874, par M. Fioupe.
, Admettra-l-on que, dans ces cas, l’hémorrhagie reconnaissait pour cause immédiate une plus grande fluidité du sang? ou plutôt ne doit-on pas faire intervenir un nouvel élément, l’altération de la paroi vasculaire ?
Dans celte étude sur la pathogénie des hémorrhagies de la cirrhose, nous chercherons donc à déterminer l’importance relative des causes purement mécaniques, de l’altération du sang, et enfin de l’altération des parois veineuses.