OBSERVATIONS
OBSERVATION [I (Personnelle)
Hernie inguinale gauche irréductible, — Cure radicale.
Le 21 Octobre 1895 entre à l'hôpital Lariboisière dans le service de M. Périer, un employé de commerce âgé de 32 ans. Il vient réclamer de lui-même l'opération pour une hernie inguinalé gauche qui remonte à l’enfance.
Dès sa plus tendre jeunesse, il avait une petite pointe de hernie insignifiante, il ne ressentait alors aucun malaise ; la hernie facilement réductible était bien maintenue par un bandage.
Il négligea de porter constamment son bandage et la hernie augmenta progressivement. À 20 ans il fut réformé, et à partir de cette époque, la tumeur devint plus volumineuse et commença à lui occasionner quelques coliques. Fait important : le bandage qui jusque là avait été facilement porté devint intolérable. La compression qu’il exerçait était douloureuse ; lorsqu'il cherchait à réduire sa bernie, tout ne rentrait plus comme auparavant ; elle était donc devenue irréductible. Mal contenue au moindre effort, la hernie filait sous le bandage, et son volume allait croissant, si bien que vers l’âge de 28 ans, de bubonocèle elle se transforma en oschéocèle,
Jusqu'ici le malade n'avait éprouvé que quelques malaises ; bientôt survinrent une série de petits accidents tels que
crampes, coliques, nausées. Depuis quelque temps mème, les douleurs étaient devenues beaucoup plus vives, les coliques cessant d’être localisées s’irradiaient à tout l’abdomen, à tel point que deux à trois fois par semaine le hernieux était obligé de s'aliter.
Après une Journée de repos, tout se calmait, mais c'était un calme de peu de durée ; aussi, affirmait il qu'il lui était impossible de vivre avec cette infirmité.
Examen. — C’est un homme vigoureux, ne présentant aucune tare ni héréditaire, ni personnelle.
Sa hernie atteint environ le volume du poing.
Sonore à la percussion par endroit, on trouve en cer tains points des zones mates. HS
Facilement réductible, elle rentre : avec le gargouillement caractéristique, mais on sent qu'il reste dans le sac une petite masse adhérente, on ne sentait pas la corde épi-. ploïque. On ne recourut pas à l'injection de liquide et de : gaz par l'anus. On fit alors le diagnostic d'entéro-épiplocèle adhérente, sans émettre l'hypothèse de la présence de ES iliaque. ,
L'opération est décidée pour le 30 Octobre.
L'avant-veille, le malade est baigné et purgé.
Le.matin de l’opération, de très bonne heure, le malade est rasé, on lui administre un. lavement qu'il rend aussitôt.
Opération. — Après avoir savonné à la brosse le champ opératoire, on le rend antiseptique, en y passant successivement : permanganate, bisulfate sublimé.
Le malade est endormi au chloroforme.
Incision de divers plans.
On arrive sur le sac, qu’on ouvre
Le contenu se compose d'intestin grêle que l’on rentre facilement.
Une masse d'épiploon nullement adhérente est réséquée après ligature. ce
Il ne reste plus qu’une portion du gros intestin