OBSERVATION II
Hernie ingquinale gauche. — Phénomènes légers d’étranglement
Dufresne Joseph.
Homme de 75 ans, artiste lyrique, entrait le 8 novembre 1895 à Lariboisière, salle n° 2, dans le service de M. Périer, pour une hernie inguinale gauche volumineuse et douloureuse.
Ce vieillard était atteint de hernie depuis 25 ans environ. Simple bubonocèle au début, elle était facilement maintenue : par un bandage, et n’occasionnait aucune douleur.
Mais peu à peu, son volume S'accrut, et le malade Desbordes 6
70 er s’aperçut qu’elle ne rentrait pas complètement. au moindre effort, elle filait sous le bandage.
Depuis 7 ou 8 ans, elle était descendue dans les bourses.
Néanmoins, sauf de rares exceptions, le hernieux n’éprouvait ni crampes ni coliques.
Depuis 4 ou 5 mois, des petits accidents survinrent, coïincidant avec une augmentation de la tumeur.
Le 4 novembre 1895, à la suite d'un effort, il vit aussitôt sa hernie grossir, se tendre et devenir douloureuse.
ll ressentit quelques nausées.
Se couchant aussitôt, il chercha à faire rentrer l'intestin en le malaxant, mais ce fut inutile.
Un médecin appelé, lui fit subir une séance de taxis assez prolongée, mais sans succès. Les garde-robes se supprimèrent, mais les gaz passent encore.
Pas de vomissements.
Il reste alité pendant 4 jours chez lui, prend un purga= tif sans résultat. |
Ne trouvant aucune amélioration, il se résout à rentrer à l’hôpital. |
Le 8 novembre, il se présente à la consultation et est aussitôt admis salle Chassaignac.
Examen. — La hernie est grosse environ comme une tête de fœtus.
La tumeur, légèrement tendue, est peu douloureuse, même au niveau du collet. Si on dirige le doigt vers. l'anneau inguinal, il est impossible d’y pénétrer ; le pédicule herniaire volumineux le remplit complètement. A la percussion, on trouve une sonorité très nette sauf en certains points qui semblent occupés par l’épiploon.
On ne cherche pas à réduire la hernie.
Le malade n’accuse pas de nausées.
La langue est bonne, le pouls régulier, bien frappé.
La toux normale. Les gaz passent, mais depuis 4 jours, il n’a pas eu de garde-robes,
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Malgré son âge avancé, le malade présente un état général assez bon.
Peu de choses à noter sur les divers organes, sauf un peu de congestion à la base des poumons.
Traitement. — Le malade est alité. On lui applique un sac de glace sur sa hernie. Lait comme nourriture.
Le 9 Novembre. — Rien de spécial à noter. L'état local n’a pas changé. La santé générale se maintient toujours bonne. Les gaz continuent à passer, mais il n’a pas de garde-robes, malgré ladministration d’un lavement purgatif.
Le 10 Novembre. — Le malade accuse des nausées. Pas de vomissements. Les gaz qui jusqu ici avaient passé. sont arrêtés. Absence complète de garde-robes. La hernie n'est pas plus tendue ni plus douloureuse que lors de son
entrée. Mais en présence de cet arrêt complet des matités et des gaz, M. Périer propose l'intervention qui est aussitôt acceptée par le malade.
Opération. — Chloroforme. Antiseptie soignée de la zône opératoire. Incision des parties superficielles. $ A l'ouverture du sac, il s'écoule un peu de liquide brun, noirâtre.
Le contenu se compose d’épiploon, d’intestin grêle et d'une anse du gros intestin (S iliaque). L’anneau assez large serre modérément le pédicule, on l’ouvre un peu d’un coup de bistouri, pour faciliter la réduction.
L’épiploon est rouge, congestionné, très vasculaire, mais ne présente aucune adhérence avec les parties voisines. On le résèque.
L’intestin grêle, absolument sain, rentre facilement.
Reste l’anse iliaque. Elle est distendue par des malités fécales qu’on fait filer en les rnalaxant.
-Mais malgré. cela, la réduction ne s'opère pas, et en on avec soin, on voit qu’on a affaire, là encore, à un glissement du mesocolon.
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Il existe une adhérence par glissement, sur une longueur d'environ 3 centimètres.
On cherche à séparer cette anse, mais la présence de gros vaisseaux force à agir avec beaucoup de prudence.
-Devant l'impossibilité de disséquer complètement ces adhérences, M. Périer resèque la portion du sac qui a été séparée des parties environnantes, puis se contente de refermer le péritoine autour du cie intestin, pour une suture en surJjet. s
Le tout est réduit sur l'abdomen.
L'orifice herniaire large, recevait environ trois doigts. On suture les piliers antérieurs pour refaire la paroi antérieure du canal.
Les suites de l'opération furent assez bonnes. On purge le malade 2 ou 3 jours après. Mais délire. urine dès son pansement. Néanmoins, pas de température.
20 Novembre. — On enlève les fils. Plaie en assez bon état. Néanmoins, orifices des fils uu peu rouges.
22 Novembre. — Phlegmon de la paroi. On sépare à la sonde ÉADMEIEE les deux lèvres de la plaie.
OBSERVATION ne
Hernies inguinales irréductibles. Cure radicale, (Cerné. Normandie Médicale, 1889. Obs. résumée).
Homme atteint d’une hernie inguinale double et énorme. On ôpère le côté gauche : on arrive sur de l'intestin grèle sans adhérence apparente, mais vers la fin, la réduction semble arrêtée par un obstacle située près du collet et én arrière. À ce niveau on voit une anse du gros intestin fixée par un méso batrant la route. Réduction Die avec les doigts.
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