HISTORIQUE
On a beaucoup écrit sur les hernies en général et sur les hernies du gros intestin, et nous n’avons pas l’inten tion dans ce court aperçu historique d'étudier en détail ce qui a été fait sur ce sujet, nous tenons seulement à mettre la question au point et à montrer à quoi elle se résume.
Les hernies du gros intestin ne sont cependant pas de celles qui ont beaucoup préoccupé les auteurs anciens, qui en avaient presque complètement délaissé l’étude pour ne s'occuper que des hernies les plus fréquentes, celles de l'intestin grêle.
Néanmoins nous pouvons citer les noms d'un certain nombre d’auteurs qui en ont parlé, depuis Praxagoras et Celse, avec Vésale, Bauhin, Fallope et plus près de nous Franco, Santorini et enfin Malgaigne dans ses leçons cliniques des hernies.
Mais pour ces auteurs, les détails concernant les rap -
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ports du péritoine et des divers organes sont peu connus, et il en résulte des erreurs, des appréciations défectueuses des faits. En effet, pour Malgaigne et les anciens, le cæcum est libre dans la cavité abdomimale, en contact avec la fosse iliaque postérieure sur laquelle il glisse, le péritoine ne l’entoure pas ; et appliquant ces données à l'explication du mécanisme des hernies du cæcum, ils en concluent que ces hernies se font toujours par glissement du cæcum sur le tissu cellulaire de la fosse iliaque et qu’en conséquence elles sont la plupart du temps sans sac ou tout au moins avec sac incomplet.
Il faut arriver aux travaux de Bardeleben en 1849 et des anatomistes allemands avec Krause pour avoir des notions plus exactes sur l’anatomie du cæcum et le mécanisme de ces hernies. Après ces travaux, viennent en Angleterre les communications de Luscka, de Henle, qui complètent les connaissances des auteurs précédents, puis enfin en dernier lieu les travaux récents de Trèves en Angleterre 1886, et de Tuftier en France (communi- “cation publiée dans les Archives de médecine, 1887), qui déterminent nettement l’anatomie et les rapports du cæcum et en tirent des conclusions au sujet du mécanisme des hernies du gros intestin.
Pour ces derniers auteurs, le mécanisme du glissement est d’une rareté excessive dans l’histoire des hernies du gros Intestin; elles se forment presque toujours par descente, à la suite de désinsertion ou allongement des ligaments suspenseurs qu'ils ont contribué à si bien faire connaitre.
Depuis ces travaux, deux thèses récentes ont été pu-. bliées à Paris en 1887, l'une de Mérigot de Treigny sur
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les Hernies du gros intestin, l'autre de Lemenicier sur l’Analome du cæcum et le mécanisme de ces hernies. Ces deux thèses s’inspirent des idées de M. Tuffer et n’en sont que des applications.
Tels sont rapidement résumés les renseignements his -
toriques sur les hernies du gros intestin ; la bibliographie de leurs complications est très considérable aussi et surtout bien confuse ; en effet, les auteurs reconnaissent aux
hernies, outre les étranglements vrais, un nombre assez élevé de pseudo-étranglements ; pour les uns les pseudoétranglements sont dus à l’iléon, pour d’autres à l’engouement qu'ils définissent : la stase des matières fécales ou des gaz dans l’intestin hernié; engouement solide ou gazeux suivant le cas, et qui pour eux est très fréquent ; d’autres invoquent l’inflammation des hernies et attribuent à elles toutes leurs complications en dehors de l’étranglement.
A l'étude de ces accidents sont attachés les noms de Franco, puis ceux de Goursaud dans son mémoire à l’Académie de chirurgie, de Maigaigne dans son travrail intitulé : £xamen des doctrines reçues jusqu'à ce jour sur le mécanisme de l’étranglement des hermes, et dans son Mémoire sur les pseudo-étranglements, enfin citons encore les noms de Scarpa, Cloquet Gosselin.
Tous reconnaissent que l’étranglement est un phénomène en somme assez rare dans les hernies du gros intestin, qui ont généralement un anneau peu serré, et c’est sur le compte de la coprostase et de l’inflammation qu'ils mettent les accidents qu’ils sont convenus d’appeler les pseudo-étranglements.
Outre ces complications, on en a décrit encore une
AO autre sorte, ce sont les adhérences, qui ont fait le sujet d’une excellente thèse de M. Boiffin en 1887. Pour lui, il y a deux sortes d’alhérences: alhérences inflammatoires consécutives, à un travail chronique d’inflammation dans le sac herniaire, adhérences par glissement, es dernières se forment par le gliss2m2nt du péritoine dans le sac herniaire, entrainaut avec lui les portions d’intestin où s’attachent les mésos. Ces adhérences, autrefois décrites par Scarpa qui les appelait adhérences charnues naturelles, sont, d'apres Boiffin, propres au gros intestin, et favorisent la production des pseudo-étranglements.
Ge sont la les seules complicatious que signalent tous ces auteurs et nulle part on ne trouve signalée, ni interprétée la complication qui fait le sujet de ce travail : l’appendicite intra-herniaire.
Il semble que cet accident soit perdu dans les phéno mènes qu’on rapporte, soit à l'engouement, soit à l’inflammation.
Si nous avons pu réunir un certain nombre d’observations, elles sont restées isolées comme des curiosités pathologiques, sans qu'on ait songé jamais à on tirer aucune conclusion générale des faits observés,