‹ Des Hernies Inguinales IrréductiblesChapitre 25 sur 25 · PE VE · texte numérisé non relu

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Avec l'appareil de M. Potain, on retira 425 grammes d'ure sérosité citrine contenant de la fibrine. La tumeur diminua de peu de volume, devint un peu sonore, mais elle était toujours aussi irréductible qu'avant. Le lendemain, la tumeur avait repris les dimensions et les caractères de la veille. Le malade était si affaibli qu'on jugea inutile toute intervention chirurgicale: il mourut quelques jours après.

Autopsie. — On trouva dans l'abdomen une assez grande quantité de sérosité et une hernie de la portion inférieure de l’intestin grêle. Le bout inférieur, qui va du canal inguinal au cœcum, est fortement lendu et comme aplati, les anses intestinales situées au-dessus de la partie herniée sont fortement distendues, et leurs parois sont très épaissies ; elles ont 3,4 et même 5 millimètres d'épaisseur. |

Le doigt pénètre assez facilement à travers le collet; lequel est très résistant et à bords mousses. Quand on presse la tumeur herniaire comme pour faire rentrer la hernie dans l’abdomen, on voit sortir du collet une certaine quantité de sérosité provenant évidemment du sac, et, par les bouts de l'intestin, un peu de liquide jaunâtre provenant de l'anse herniée. Et cependant, malgré cette perméabilité, la hernie est irréductible ; elle l'est même quand on tire directement sur l'intestin.

Le sac étant ouvert, on ne trouve pas traces d’adhérences. En pressant directement sur l’anse, on ne peut pas encore faire rentrer la hernie ; tandis qu’il est assez facile de faire sortir de l’abdomen une plus grande quantité d'intestin, portion qu’on peut ensuite faire rentrer à nouveau; mais il en est toujours une qui reste irréductible.

Une incision est faite sur l’anse herniée, de façon à en chasser

le liquide jaunâtre et les gaz qu’elle renfermait, liquide et gaz que Gaye 9

cr GS lés pressions directes ne faisaient évacuer qu’en très pelle quantité. De nouvelles tentatives de réduction sont essayées, soit en pressant sur l'anse, soit en tirant sur les extrémités de la portion herniée ; la hernie ne se réduit pas plus complètement qu'avant l’incision.

C’est qu’en effet l’irréductibilité paraît bien tenir au volume considérable de la portion herniée, par rapport aux dimensions du collet. Les parois intestinales ont presque 6 millimètres d’épaisseur, et l'intestin est très dilaté. L’examen à l'œil nu montre que cette augmentation d'épaisseur est due à l’hypertrophie des tuniques musculaires, ainsi qu’à la turgescence de la muqueuse

et à l’œdème du tissu cellulaire.

Ogservarions XI-et XII

Hernies irréductibles par augmentation de volume d’une des par-

ties herniées. — Observations publiées par M. Harimann dans la France médicale le 3 mars 1887.

Cas TI. — Un jeune homme, âgé de 26 ans, est entré en 1886 dans le service de M. Duplay, pour une hernie remontant à l'âge de 18 ans. Ce malade, depuis un an, éprouvait de légères douleurs au niveau de sa hernie en même temps que des accidents gastralgiques (vomissements une heure après chaque repas, douleurs vives), que n'avait calmés aucune des médications employées.

Au niveau de la région inguinale droite, on trouvait une hernie du volume du poing, irréductible, sans impulsion par la toux, male, un peu sensible par places, surtout à sa partie inférieure, de consistance pâleuse, avec quelques points plus durs. Au-dessus,

se continuant dans l'abdomen et s’y perdant, on avait la sensation d’une partie résistante.

Le 11 mars, M. Duplay faisait la cure radicale de cette hernie el réséquait une grosse masse épiploïque n'ayant aucune adhérence avec le sac. L'épiploon formait une masse lipomateuse Jaunâtre, bridée en divers endroits par la séreuse viscérale un peu épaissie el grisâtre. 5

Cas II. — Il y a quatre ans, nous avons observé une hernie, d'un volume considérable, dû à l’hypertrophie d’une frange épiploïque arrivant à constituer un véritable lipôme intra-herniaire.

La mort du malade, survenue par suite d’une perforation inlestinale, nous permit d'étudier la cause de l’irréductibilité de la hernie qu'il portait. ;

Cetie hernie ne présentait aucune adhérence. Elle ne pouvait être réduite en totalité, par suite du développement énorme d'une frange épiploïque qui était arrivée à conslituer une tumeur de la forme d'une poire mesurant 40 centimètres de long sur 6 de

large.

Osservarions XIII et XIV

Hernies irréductibles par hypertrophie des franges épiploïques du gros intestin. — Cas cités par M. Hartmann dans le même arti-

cle de la France médicale.

M. Terrier nous a communiqué les observations de deux malades atteints chacun d'une hernie volumineuse. L'irréductibilité était due à l'hypertrophie des franges épiploïques du gros intestin : cette hypertrophie donnait lieu chez l’un à une série de

Ébl = nodosités surmontant un cordon épais qu’on pouvait sentir à travers la peau ; chez l’autre à de grosses granulations que l'on avait prises pour de l'épiploon.

Notre ami Broca, ajoute Hartmann, dans un cas de hernie du gros intestin, a observé la même hypertrophie des franges épi-

ploiques,

Vu par le Président de la thèse, LE DENTU Vu par le Doyen, BROUARDEL

. Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,

GREARD

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