‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 3 sur 98 · ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE · texte numérisé non relu

ENVOI FRANCO CONTRE UN MANDAT SUR LA POSTE

J.-B. BAILLIÈRE ET FILS, LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE.

Les nombreux matériaux qui peuvent servir de fondement à la science de l'hygiène publique ont été réunis et condensés dans ce livre, et M. Tardieu a pu ajouter aux principaux articles un aperçu comparatif de ce qui se passe à l'étranger.

M. Tardieu s'est attaché à augmenter la masse des documents et actes officiels qui se rattachent à l'hygiène publique et à l'administration sanitaire; il a mis au courant cette partie si utile à consulter du répertoire. On y trouvera le texte complet et exact des lois, décrets, ordonnances et arrêtés les plus récents. Pour cela l'auteur a puisé à des sources nombreuses ; elles sont indiquées dans les Notices bibliographiques jointes à chaque article. Cependant il cite comme lui ayant fourni les plus précieux matériaux, la collection des Annales d'hygiène publique et de médecine légale, celle non moins importante, mais beaucoup moins connue, des Rapports des Conseils de salubrité, soit de la Seine, soit des grandes villes de France, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Nancy, Nantes, Rouen, Troyes, etc., celle des Ordonnances de police et des actes et instructions émanées de l'autorité supérieure ou des différentes administrations locales.

Les Membres des Conseils d'hygiène répandus dans toute la France, les Administrateurs et les divers agents à qui sont confiés les intérêts de la santé des populations, trouveront dans ce Dictionnaire un résumé complet de toutes les questions qui se rapportent à cet objet de leurs études et de leur haute mission.

Annales d'hygiène pratique et de médecine légale, par Andral, Boudin, Brierre de Boismont, Chevallier, Devergie, Fonssagrives, Gaultier de Claubry, Guérard, Lévy, Mèlier, de Pietra-Santa, Ambr. Tardieu, Trébuchet, Vernois, avec une revue des travaux français et étrangers, par le docteur Beaugrand. Les Annales d'hygiène publique et de médecine légale, dont la seconde série a commencé avec le cahier de janvier 1 854, paraissant régulièrement tous les trois mois par cahiers de 45 feuilles in-8° (240 pages), avec planches gravées.

Le prix de l'abonnement annuel, pour Paris, est de : 48 fr.

Pour les départements : 20 fr.

Tables alphabétiques par ordre des matières et par noms d'auteurs des tomes 4 à 50 (1829 à 1853). Paris, 4 856, in-8a de 4 36 pages à 2 col. 3 fr. 50

VALLEIX. Guide du médecin praticien, ou résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées, par le docteur F. -L.-I. Valleix, médecin de l'hôpital de la Pitié. Cinquième édition entièrement refondue et contenant l'exposé des travaux les plus récents, par le docteur P. Lorain, médecin des hôpitaux de Paris, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris, avec le co'ncours de médecins civils et de médecins appartenant à l'armée et à la marine. Paris, 4 866. 5 beaux volumes grand in-8o de chacun 800 pages, avec figures intercalées dans le texte. 45 fr.

Imp. L. Toiiion et Ce, a Saint-Germain

« Si c'est un subject que je n'entende point,

à cela niesme je m'essaie, sondant le gué de bien loing ; et puis le trouvant trop profond pour ma

taille, je me tiens à la rive »

Montaigne, Essais, liv. I, chap. 50.

Si c'est avec une fierté bien légitime assurément que notre siècle peut s'enorgueillir des conquêtes dont il a enrichi le domaine des sciences et des arts ; si notre époque, si fertile en miracles de toute sorte, peut revendiquer pour elle une large part dans la marche incessante de ce quelque chose qui naquit avec l'humanité et qu'on appelle le progrès; si le xixe siècle appelle enfin la reconnaissance des siècles futurs par ses précieuses découvertes, par ses nombreuses applications scientifiques, il est pour lui un plus î)eau titre de gloire...

« S'il est une époque, a dit M. Laurent *, qui se soit donné pour mission d'améliorer le sort du plus grand nombre, qui ait fait de cette idée sa sollicitude principale et constante et la mesure même de son développement moral, c'est bien le xixe siècle.

» A chaque phase de l'humanité, sa gloire; à chaque période

1. Laurent, Le Paupérisme et les Associations de prévoyance, p. 11. Mémoire couronné p.ir l'Académie des Sciences morales et politiques. Paris, 1860.

H. Jaquemet. 1

de la civilisation, sa tâche. La fin du dernier siècle a réalisé et fondé pour jamais, quoi qu'il arrive, le progrès politique ; ce sera l'éternel honneur et l'œuvre propre de notre temps d'avoir, sinon résolu, du moins posé avec quelque netteté et entrevu dans toute son étendue, le problème qui, depuis si longtemps, remue le monde, qui gît au fond de toutes les luttes sociales, qui est le secret de toutes les révolutions. »

Déjà préparée par les travaux des philosophes qui nous ont précédés, la question si complexe de l'assistance publique ne mourut pas étouffée au milieu des sanglantes terreurs de la Révolution française; nous oserions même dire que cette idée philanthropique se retrouve à chaque pas ; que, proclamée avec éclat en 1789, elle semblait attendre, pour germer, un peu de ce calme que demandent, pour croître, les grandes pensées et les généreux desseins.

Sans doute, « ce n'est pas d'aujourd'hui, pouvons-nous dire avec M. Thiers, que l'homme aime l'homme; ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a des cœurs pour lesquels le soulagement des pauvres est une noble occupation, une consolation touchante, une prière à Dieu *. » Mais c'est d'aujourd'hui seulement, nous osons l'affirmer, que les grandes questions qu'embrasse ce sujet si vaste de l'assistance publique paraissent sortir enfin du vaste chaos où elles étaient plongées; d'aujourd'hui seulement que les besoins du pauvre sont mieux connus, et la charité plus intelligente; d'aujourd'hui seulement que la science peut tracer, d'accord avec la raison, les meilleures conditions pour soulager l'indigent sain ou malade, pour construire les maisons qui lui donnent asile.

Et certes, pour circonscrire cette immense question, en nous bornant aux hôpitaux, il ne faudrait pas remonter bien haut pour retrouver les traces des utopies dont ces demeures du pauvre ont été le point de départ, et qui ne tendaient à rien moins qu'à la suppression complète de ces maisons de secours. Les hôpitaux sont-ils nécessaires? Telle est pourtant la question qui a occupé la moitié du siècle dernier, et que l'on retrouverait encore , si

1. Thiers, Rapport sur l'assistance publique (séance de l'Assemblée législative du 26 janvier 1850).

l'on cherchait bien, dans les philanthropiques rêveries de plus d'un écrivain de notre temps.

« Dans le siècle qui a immédiatement précédé le nôtre, au milieu des paradoxes qui pullulèrent de toutes parts, les objets sur lesquels la prudence ne permit pas de s'expliquer d'une manière positive et tranchante furent, non pas laissés, mais soigneusement érigés en problèmes. Celui qui concernait les hôpitaux, et qu'on ne peut se dispenser de reproduire ici, fut solennellement établi dans l'intérêt du pauvre malade, ensuite dans celui de la société entière, enfin dans l'intérêt de ceux auxquels, dans chaque* Etat, appartient la puissance souveraine. On demanda sérieusement si les hôpitaux étaient compatibles avec la dignité d'un gouvernement sage, ferme et prévoyant l. »

Mais deux grands griefs surtout ont été articulés contre les hôpitaux : Ils engendrent la misère, a-t-on dit d'abord ; ils brisent les liens de la famille, ils démoralisent le peuple, a-t-on répété plus tard. Chacune de ces opinions a trouvé des défenseurs, et, disons-le tout de suite, de chaleureux défenseurs. Montesquieu fut un des premiers à se prononcer énergiquement contre le système hospitalier.

« Aureng-Zeb, écrit-il dans un passage devenu célèbre 2, Aureng-Zeb à qui l'on demandait pourquoi il ne construisait pas d'hôpitaux, dit : « Je rendrai mon empire si riche, qu'il » n'aura pas besoin d'hôpitaux. » Il aurait fallu dire: «Je » commencerai par rendre mon empire riche, et je bâtirai des » hôpitaux. » La richesse d'un Etat n'empêche pas que les hôpitaux n'y soient nécessaires, parce que les richesses supposent beaucoup d'industrie; que, dans un si grand nombre de branches de commerce, il n'est pas possible qu'il n'y en ait toujours quelqu'une qui souffre, et que, par conséquent, les ouvriers ne soient dans un besoin momentané. C'est lorsque l'Etat a besoin d'apporter un prompt secours, soit pour empêcher le peuple de souffrir, soit pour éviter qu'il ne se révolte, c'est dans ce cas qu'il faut des hôpitaux... Mais quand la nation est pauvre, la pauvreté particulière est la pauvreté et la misère

1. Coste, Dictionnaire des sciences médicales, en 60 vol. Paris, 1817, article Hôpital.

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