‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 33 sur 98 · Grassi, loc. cit · texte numérisé non relu

Grassi, loc. cit

2. Recherches sur la quantité d'acide carbonique exhalé par le poumon dans l'espèce humaine. (Annales de physique et de chimie.) 3e série, t. VII.

3. Le chiffre trouvé par ces savants représente à peu près la moyenne de ceux adoptés par Dumas, Scharling, Menzies. Aussi croyons-nous devoir l'adopter avec M. Grassi.

En effet, pour M. Dumas (Recherches sur la véritable constitution de l'air

gène et produit 502 litres d'acide carbonique à 0°, sous une pression de 0m,760; si l'homme est placé dans une enceinte maintenue à 16°, ces 500 litres d'acide carbonique deviennent 532 litres par la dilatation. Or, nous savons que, dans l'acte de la respiration, tout l'oxygène de l'air n'est pas absorbé; une portion seulement disparaît et se trouve remplacée, à une fraction près, par de l'acide carbonique; nous savons en outre que l'air qui sort de nos poumons ne contient que 4 p. 100 d'acide carbonique. Nous pouvons donc conclure que les 532 litres d'acide carbonique produits en vingt-quatre heures par un adulte sont disséminés dans un volume d'air représenté par 13 mètres cubes 300 litres contenant seulement 4 p. 100 d'acide carbonique.

» Te) est le volume d'air qui est indispensable à un adulte pour sa respiration pendant vingt-quatre heures, en admettant que l'air qui sort des poumons constitue une atmosphère nuisible qui ne doit plus y rentrer.

» Mais comme il est impossible de réaliser pratiquement les conditions précédentes, il faudra, pour que cet air déjà respiré redevienne respirable et se trouve dans les conditions de salubrité indiquées plus haut, il faudra lui ajouter une quantité d'air neuf tel que le mélange ne contienne que 2 à 3 millièmes d'acide carbonique.

» Si l'air neuf ne contenait pas lui-même d'acide carbonique, en portant le volume de 13 m. c. 300 litres à 266 m. c, le mélange ne contiendrait plus que 2 millièmes d'acide carbonique; mais comme l'air neuf en contient déjà de 4 à 6 dixmillièmes, les 266 m. c. en contiendront 25 dix-millièmes et se trouveront encore dans les conditions prescrites.

atmosphérique. Annales de chimie et [de physique. 3e série, t. III) l'homme adulte brûle, soit en carbone, soit en hydrogène, une quantité égale à i9 grammes de carbone par heure, en enlevant son oxygène à 116 grammes d'acide, soit 90 litres. Il sort des poumons, par 24 heures, 8 mètres cubes; suivant le docteur Menzies, 13 mètres cubes contenant 4 p. 100 d'acide carbonique.

Le volume d'acide carbonique versé dans l'air par la respiration d'un soldat, pendant la nuit, peut être évalué, suivant Harling, à 12 litres par heure résultant Je la combustion de 6 gr. 50 de carbone. (Recherches sur la quantité d'acide carbonique expirée par l'homme dans les 24 heures. — Annales de physique et de chimie, 3e série, t. VIII.)

» Pour subvenir aux besoins de la respiration d'un adulte, il faudra donc lui fournir 266 m. c. d'air pur en vingt-quatre heures, ou 11 m. c. 83 litres par heure. »

Il nous reste encore à évaluer la quantité de vapeur d'eau fournie par la respiration et la transpiration cutanée, vapeur d'eau susceptible, on le comprend, d'altérer sensiblement la nature de l'air inspiré.

Les résultats indiqués par les savants sont très-variables. « Gela ne doit pas étonner, continue M. Grassi d, si l'on tient compte des variations considérables que doivent apporter dans ces phénomènes la sécheresse ou l'humidité de l'air , la température et la pression atmosphérique, l'épaisseur du derme et de l'épiderme, les âges, la nature et la quantité des aliments, l'état de la circulation, etc., etc. De là la difficulté d'arriver sous ce rapport à des résultats très-exacts. Quoi qu'il en soit, voici les nombres que l'on trouve dans les auteurs, ils se rapportent tous à la transpiration pulmonaire et cutanée réunies pendant vingt-quatre heures.

Sanctorius 2500

Rye 1850

Gorter 1532

Hartmann 1442

Dodart 1032

Reil 979

Limming 1 632

Martins 1442

Stark 1297

Dalton (maij 1055

Dalton (juin) 1364

Lavoisier et Séguin 1090

» Les nombres précédents, à part celui de Sanctorius, qui est exagéré, s'accordent assez bien, surtout si l'on tient compte des différences que doivent entraîner les variations individuelles, les climats, les saisons, etc.

» En prenant une moyenne de ces résultats, on arrive au nombre de 1,335 gr. pour les deux transpirations réunies : on n'est pas très-éloigné ainsi du nombre 1,215 qu'admet M. Barrai.

» On peut de ce nombre défalquer ce qui est relatif à la transpiration pulmonaire. Un homme, qui fait seize inspirations d'un demi-litre par minute, introduit dans sa cavité thoracique 480 litres d'air en une heure. Si l'air introduit est à la tempé-

Page 1