‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 32 sur 98 · Monfalcon et de Polinière, loc. cit · texte numérisé non relu

Monfalcon et de Polinière, loc. cit

uns au-dessus des autres les dangers du feu, combien ne devons-nous pas les redouter avec des boutiques chaque soir illuminées pour attirer le chaland, et augmentantd'autant plus les chances d'un incendie que les magasins seront plus nombreux!

Nous répéterons, après bien des philanthropes, que l'architecture d'un hôpital doit être simple et sévère. Loin de nous la pensée de proscrire le bien-être. Avec M. A. Tardieu *, nous voulons que « le pauvre voie qu'il a, lui aussi, sa part de ce luxe qui grandit partout autour de lui, de ^ce bien-être qu'il pourrait envier pour les autres. C'est là une influence saine et moralisatrice. »

Mais n'oublions pas ce qu'écrivait dernièrement M. Trélat 2 dans le travail qui a été le point de départ de la discussion de la Société de chirurgie : « C'est un principe rigoureux en général , mais plus impérieux encore en matière d'assistance hospitalière, de limiter exactement les dépenses aux besoins à satisfaire; et s'il arrive que leur chiffre soit disproportionné avec le but qu'on se propose, c'est que l'œuvre n'est pas bonne, que le projet est mal conçu; il faut réformer le programme. »

Le luxe dans un hôpital est chose bien accessoire : « On ne se persuade pas assez, disent encore Monfalcon et de Polinière 3, 'qu'un hôpital n'est pas un monument qui doit se recommander par le luxe de son architecture, et que toutes les considérations doivent fléchir devant la question de salubrité. Le plus modeste dans sa forme est le plus parfait, s'il présente aux malades qui y sont admis plus de chances de salut qu'un édifice splendide. »

Ce jugement sera t-il accusé de ne pas être impartial? Ecoutons un architecte :

« Il vaudrait trop mieux à l'architecte, dit le célèbre

Philibert Delorme4, selon mon advis, faillir aux ornements des

1. A. Tardieu, Bulletin de l'Académie de médecine. Séance du 15 avril 1862. t. XXVII, p. 695.

2. Trélat, Étude critique sur la reconstruction de l'Hôtel-Dieu, p. 24.

3. Monfalcon et Polinière, Traité de la salubrité dam les grandes villes, Paris, 1846.

4. Philibert Delorme (OEuvres de), édition de 1860, chap. VI, p. 15.

H. Jaquemet. 5

colonnes, aux mesures et fassades (où tous ceux qui font profession de bâtir s'estudient le plus), qu'en ces belles règles de nature qui concernent la commodité, l'usage et profit des habitants, et non la décoration, beauté et enrichissement des logis faits seulement pour le contentement des yeux, sans apporter aucun fruit à la santé et vie des hommes... »

Quantité d'air respirable nécessaire à chaque individu. — Viciation de cet air dans les hôpitaux. — Expériences de Réveil et Chalvet. — Grandeur des salles. — Nécessité de n'y installer qu'un petit nombre de malades. — Disposition des salles. — Fenêtres, etc.

Un chimiste distingué, dont nous avons déjà prononcé le nom, M. Grassi, auquel nous avons déjà emprunté plus haut de longues citations, sera encore ici notre guide pour déterminer la capacité que devra présenter chaque salle de malades ; ici, en effet, au moment d'établir d'une manière certaine les dimensions que demande une hygiène bien entendue d'un appartement destiné à contenir de nombreux malades, nous sommes obligé de revenir au principe que nous posions en commençant : la nécessité d'un air constamment pur. Par suite, nous devons étudier, avant d'aller plus loin, la quantité d'air respirable que nous devons donner à chaque malade. Nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter à la thèse de M. Grassi * le résumé de ces questions délicates.

« Les belles expériences de MM. Andral etGavarret 2 ont démontré d'une manière irrévocable que l'homme adulte et bien portant brûle en une heure 11 gr. 3 de carbone, soit 171 gr. par vingt-quatre heures 3. Ce carbone se combine avec l'oxy-

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