Husson., Loc cit. p
KIDEAUX 83
qui se pénètrent le plus facilement et le plus promptement des gaz et des miasmes répandus dans l'atmosphère.
M. Ramon Torrez Munos de Luna établit ainsi dans une étude chimique sur l'air atmosphérique de Madrid *, le pouvoir absorbant des tissus divers employés dans les hôpitaux : « Gutta-percha, 0; — paille de maïs, 1 ; — mélange de parties égales de paille ordinaire et de maïs, 2; — paille de froment et d'orge récente et grosse, 3 ; — draps de fil, 4 ; — draps de coton, 5; — coutil de coton, 7 ; — couvertures, 8; — plumes, 9; — laine, 10. »
Nous repoussons donc et déjà tout ce qui n'est pas d'une absolue nécessité : les édredons sont-ils donc indispensables et ne peut-on y suppléer? Le même motif nous ferait vivement désirer de voir substituer les matelas de varech aux matelas de crin ou de laine généralement usités, et c'est peut-être avec connaissance de cause, quoiqu'on puisse dire, que les Anglais remplacent si souvent par le coton la laine que nous employons partout.
Ici se présente naturellement une question fort controversée dans ces derniers temps et qui mérite une sérieuse attention, nous voulons parler des rideaux. Tenon, qui ne laissait rien échapper, s'exprime ainsi à ce sujet ■ « A Plymouth, les lits sont sans rideaux. Ce pouvait être très-bien vu dans un hôpital pour des hommes, surtout pour des hommes venant de la mer; mais le respect dû aux mœurs en faveur de l'enfance, de la jeunesse et du sexe, en demandant qu'on entoure les lits de rideaux, oblige nos hôpitaux civils à tenir les salles plus élevées 2.»
Cette idée, M. Raige-Delorme 3 la développe, et ajoute pour la conservation des rideaux des arguments d'une haute gravité. « Les rideaux, qui entourent les lits, sont convenables sous le rapport de la décence, surtout pour les femmes ; ils sont favorables au repos et au sommeil des malades; ils les mettent à
1. Ramon Torrez Munos de Luna, Études chimiques sur l'air atmosphérique de Madrid, traduit de l'espagnol, avec des notes, par H. Gaultier de Claubry.
Annales d'hygiène et de médecine légale. Année 1861, t. XV.