‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 43 sur 98 · Tenon, Loc. cit., préface, p. 5i · texte numérisé non relu

Tenon, Loc. cit., préface, p. 5i

3. Raige-Delorme, Dictionnaire de médecine, en 30 vol., art. Hôpital. 1837.

l'abri de ces courants d'air auxquels sont exposés surtout les malades dont les lits sont près des portes; enfin, ils permettent de soustraire à la vue le spectacle horrible de l'agonie, ou celui que présentent les attaques de certaines affections convulsives. Ces considérations sont d'une telle importance qu'elles prescrivent de conserver les rideaux, malgré les inconvénients qu'on leur a reprochés avec quelque exagération et que diverses précautions permettent de faire disparaître presque entièrement. »

Reconnaissons, pour être conséquent avec les principes que nous avons posés au commencement sur l'aération, que ces inconvénients sont graves et ajoutons que, dans la plupart des hôpitaux étrangers, cet objet de literie paraît à peu près inconnu.

« S'abstient-on de leur usage, dit M. Bonnafont *,par mesure de salubrité ou d'économie? C'est ce qu'il m'a été impossible de constater; car, en ayant fait l'observation aux confrères qui m'accompagnaient, ils ont paru aussi surpris de ma question que j'ai été peu satisfait de leur réponse. De sorte que j'ai toujours cru que cette absence de rideaux tenait autant et plus peut-être à une mesure économique qu'à une intention arrêtée de rendre les salles plus salubres. Il y a là aussi une étude sérieuse à faire, car il paraît évident que dans une salle qui contient un grand nombre de lits entourés de rideaux, la circulation de l'air y est toujours plus ou moins interceptée, les odeurs qui s'y produisent en seront plus difficilement chassées et trouveront sur la surface des tissus des rideaux un moyen d'y séjourner plus longtemps. En cela, nos hôpitaux militaires offrent un grand point de ressemblance avec les hôpitaux étrangers, puisque les rideaux en sont généralement exclus et n'y figurent qu'exceptionnellement

» Je comprends que les rideaux constituent un accessoire très-important dans les hôpitaux civils; il s'y rattache une question de moralité et de convenance digne d'être prise en sérieuse considération. »

M. Trélat est plus absolu encore : « Si vous croyez que la

1. Bonnafont, Bulletin de l'Académie de médecine, t. XXXVII. Séance du 4 février 1862.

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