FOSSES D'AISANCES
se fait par le siège; empêcher les infiltrations qui ont lieu parfois le long des tuyaux, opérer enfin la désinfection à l'aide de certaines préparations chimiques, quand elle n'a pu être obtenue par le mode de construction. »
Nous aurons donc à considérer tour à tour les fosses d'aisance, les tuyaux, les cabinets.
D'accord avec les hommes spéciaux nous condamnons d'une manière générale les fosses à demeure, à cause des réparations qu'elles exigent, des infiltrations auxquelles elles donnent lieu, de la pénible opération de la vidange qu'elles réclament si souvent; si toutefois on se trouvait dans la nécessité d'en construire, il faudra proportionner leur capacité à la population de l'hôpital, et avoir soin de revêtir leurs parois d'un enduit inattaquable par les matières fécales.
Les fosses mobiles présentent l'avantage inappréciable de pouvoir être enlevées à diverses époques; en outre elles ont donné lieu à l'établissement, dans plusieurs grands hôpitaux, d'un système précieux pour éviter l'infection des fosses : nous avons nommé le système diviseur.
Il est en effet reconnu aujourd'hui que le mélange trop longtemps prolongé des matières solides et liquides est une .des causes les plus puissantes du dégagement des gaz méphitiques. « Il est évident, disait en 1835, une commission du Conseil de salubrité *, que la première des conditions pour obtenir un résultat à la fois économique et salubre, est de séparer sur les lieux mêmes de la production les matières solides d'avec les matières liquides, d'enlever celles qui ont une valeur intrinsèque et de rejeter celles qui ne sont qu'embarrassantes. »
On a donc cherché ce résultat avantageux et plusieurs procédés qu'il serait inutile de décrire ici ont été mis en usage, et ont déjà répondu au but que l'on se proposait.
Mais les gaz peuvent s'échapper aussi par les tuyaux de descente; on choisira donc de préférence des tuyaux de fonte
i. Conclusions d'un rapport sur les améliorations à introduire dans les voiries, le mode de vidanges et les fosses d aisance de la ville de Paris, 1835. (Commission composée de MM". Labarraque, Chevalier et Parent-Duchatelet.) Travail publié dans les Annales d'hygiène publique, tome XIV, lre partie, année 1835.
moins poreux que ceux de terre employés autrefois et qui produisaient si souvent une humidité aussi nauséabonde que malsaine. On évitera en outre le dégagement des gaz fétides au travers des jointures, par la construction autour des tuyaux d'une chemise de brique élevée au-dessus du toit, et procurant un courant d'air continuel de la fosse au sommet de l'édifice.
Il est indispensable de fermer l'orifice supérieur du tuyau de descente avec une soupape hermétique : les cuvettes à l'anglaise sont aujourd'hui d'un usage général ; les portes des cabinets fermeront exactement; tous les moyens d'aérer le local seront mis constamment en usage; le sol légèrement en pente sera formé soit de bitume, «oit de dalles réunies entre elles sans aucun interstice. On évitera de jeter dans les fosses les eaux ménagères, mais on réservera pour l'usage spécial des cabinets une quantité d'eau assez grande pour y maintenir constamment la plus grande propreté. Si malgré toutes ces précautions, il se dégageait parfois, à l'époque des grandes chaleurs, par exemple, quelque gaz méphitique, on aurait recours avec succès à l'emploi du sulfate de fer ou mieux du sulfate de zinc, qui n'a pas l'inconvénient de détériorer les substances qu'il atteint.
Enfin, pour terminer ce que nous avons à dire sur cet important sujet, nous croyons ne pas pouvoir mieux faire que de placer ici la description des nouveaux cabinets construits depuis l'année dernière aux hôpitaux Saint-Louis, Necker et Saint- Antoine. Nous l'empruntons textuellement à M. Mandard *.
« Ce que l'administration a dû rechercher, dit-il, c'était
de faire cesser les causes d'infections en améliorant les cabinets. Elle y est arrivée par deux moyens : la disposition spéciale des cuvettes, des sièges, et la division des cabinets en trois déversoirs, un siège pour les malades, un vidoir et un urinoir.
Le siège est muni de la cuvette anglaise Jennings. Cette cuvette est pourvue d'un siphon, sur le trajet duquel se trouve une soupape, qui sépare la partie supérieure du siphon de la cuvette; la soupape soulevée par une tige permet de vider la cuvette dans le siphon, et en même temps elle ouvre un tuyau qui laisse écouler de l'eau dans la cuvette. Cette disposition permet : 1° d'avoir toujours de l'eau dans la cuvette, de sorte
i. D. Mandard, Gazette des hôpitaux, 1864, page 484.