‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 14 sur 90 · Vitruve, lib. I, cap. îv · texte numérisé non relu

Vitruve, lib. I, cap. îv

est pas permis de discuter au point de vue de telle ou telle ville. Nous constatons seulement un fait : celui de la nécessité des hôpitaux aux portes d’une cité populeuse, où se concentre généralement la classe ouvrière, et nous nous rangeons entièrement à l’avis de M. Ambroise Tardieu 1 : « S’il est utile d’avoir des hôpitaux au sein des villes, au milieu des quartiers populeux, à cause de la facilité des transports des malades , il est encore plus urgent que ces établissements soient placés dans des quartiers sains où se rencontrent l’air et l’espace, sans l’agitation et le bruit des cités. » Nous discutons d’ailleurs un point incontestable, un point qui jouit du rare privilège de concilier toutes les opinions. « La meilleure situation pour un hôpital, dit A. Becquerel2, est en dehors, mais très-près d’une ville, ou bien dans un quartier isolé, peu encombré de maisons et d’habitants, et où le libre renouvellement de l’air est facile. » — « Si jamais les circonstances le permettent, ditCoste3, transférer tous les hôpitaux hors des villes; au moins n’en placer de nouveaux que sur des terrains secs et peu élevés... » — «Si donc, disait encore Antoine Petit4, on veut qu’un hôpital de malades soit bien situé, il faut le construire hors la ville, sur un terrain élevé, parce que l’air y est plus pur, qu’il y règne moins d’humidité, que l’aspect en est plus agréable, que le dégorgement des immondices s’y fait comme de lui -même, et que, par conséquent , il est facile d’y entretenir plus de propreté... L’air des grandes villes, ajoute-t-il, est en général chargé de vapeurs et d’exhalaisons âcres et putrides ; par conséquent, il est impur et malsain ; ainsi il ne convient pas aux malades. »

La Société de Chirurgie de Paris, dans ses conclusions*, résumait ainsi ce point important : « L’atmosphère d’un hôpital sera d’autant plus pure qu’il sera plus éloigné des agglomérations populeuses. On ne devrait conserver au centre des villes que des hôpitaux d’urgence nécessairement restreints et des

1. Ambroise Tardieu, Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité. Paris» 1802, t. H, art. Hôpitaux et Hospices, p. 433.

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