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Chapitre II. — Situation des hôpitaux

Conditions générales de salubrité. — Un hôpital doit-il être central? — Avantages et inconvénients des hôpitaux placés à la campagne. — Exposition et orientation des bâtiments. — Grandeur de leur emplacement.

Antoine Petit, étudiant, en 1774, la meilleure manière de construire un hôpital, posait tout d’abord ce principe : « Il faut, disait-il1, que l’emplacement d’un hôpital soit tel, que les malades y trouvent rassemblées le plus commodément possible, et avec les plus petits inconvénients pour ceux qui se portent bien, toutes les choses qui peuvent concourir à leur prompt et parfait rétablissement. Ces choses sont principalement la pureté de l’air, la bonté, la salubrité et l’abondance des eaux, la propreté, la facilité du service, enfin le repos et la tranquillité dont les malades ont surtout besoin. » Cette phrase résume admirablement tout ce que l’on est en droit d’exiger d’un bon hôpital, et près d’un siècle écoulé n’a rien changé à la vérité de cette proposition que l’on pourrait presque accepter pour axiome.

La situation d’un hôpital joue donc un rôle bien important, puisque c’est en grande partie sur elle que reposera la salubrité ou l’insalubrité de l’asile hospitalier. Mais cette situation exceptionnelle baignée par l’air pur et la lumière, où la rencontrerons-nous? Sans doute, on peut désirer, avec Yarron, un bon coin de terre au sol fertile, au ciel clément, à l’abri du soleil d’été, exposé au soleil d’hiver : In bond regione quœ bonum cœlumhabeat, in bonum solurn œstate habeat umbrarn , hieme soient. » Sans doute, Vitruve nous tracera les conditions d’un lieu très-salubre : « Electio loci saluberrimi. Is erit excelsus et non nebulosus, non pruinosus, regionesque cœli spectans, neque œstuosas , neque frigidas, sed temperatas ; deindè si evitabitur palustris vicinitas , dm enim aurœ matutinæ, dm sole

I. Antoine Petit, Mémoire sur la meilleure manière de construire un hôpital de malades, 1774. (Mélanges, t. 13. Faculté de médecine de Paris.)

SITUATION

oriente ad oppidum pervenient , et iis ortœ nebulœ adjungentur... Spiritusque bestiarium palustrium venenatos cùm nebuld mixtos in habitatorum corpora flatus spargent, efficient locum pestilentem... 1 »

Mais toutes ces conditions que nous avons nous-même indiquées, où les trouverons-nous réunies ? Vitruve ne le dit pas plus que Varron, et je ne sache pas, si j’en excepte les dernières discussions de la Société de Chirurgie de Paris, qu’elles aient été jamais résumées d’une manière satisfaisante.

La première condition que l’on est en droit d’exiger d’un hôpital, c’est d’être à la portée des infortunés que l’humanité y reçoit ; ce qui a été traduit, mais à tort, hâtons-nous de le dire, par cette proposition, qu’un hôpital devait être toujours central. Il est incontestable qu’une maison de secours doit être placée au milieu même des agglomérations qu’elle est appelée à desservir; mais ces agglomérations n’exigent plus, dans nos grandes cités, la présence d’un hôpital au centre de la ville. Au fur et à mesure que le marteau des démolisseurs renverse, dans nos populeuses cités, les masures qui encombrent les vieux quartiers, au fur et à mesure que de splendides hôtels s’élèvent là où naguère s’élevaient des chaumières, l’ouvrier et sa famille, chassés par ces changements incessants, fuient vers les faubourgs, jusqu’au moment où de nouveaux travaux les éloigneront encore. C’est donc dans les faubourgs mêmes, sur la limite extrême de la cité, que devraient s’élever les hôpitaux I de nos grandes villes. Nous admettons cependant qu’il faut, de toute nécessité, au sein même de nos grandes agglomérations, des maisons de secours, des ambulances, qui puissent accueillir, à chaque instant du jour ou de la nuit, les malheureux atteints d’un de ces maux subits, d’un de ces accidents si fréquents dans les populations ouvrières. Il serait inhumain de ! vouloir obliger un malade qui réclame des soins urgents à les aller chercher à plusieurs kilomètres.

Aussi faisons-nous d’ors et déjà nos réserves au sujet des | maisons d’accouchement. Ici, puisque nous agitons la question de la situation des hôpitaux d’une manière générale, il ne nous

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