‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 27 sur 90 · Monfalcon et de Polinière, toc. cit · texte numérisé non relu

Monfalcon et de Polinière, toc. cit

CONSTRUCTION

uns au-dessus des autres les dangers du feu, combien ne devons-nous pas les redouter avec des boutiques chaque soir illuminées pour attirer le chaland, et augmentantd’autant plus les chances d’un incendie que les magasins seront plus nombreux I

Nous répéterons, après bien des philanthropes, que l’architecture d’un hôpital doit être simple et sévère. Loin de nous la pensée de proscrire le bien-être. AvecM. A. Tardieu *, nous voulons que « le pauvre voie qu’il a, lui aussi, sa part de ce luxe qui grandit partout autour de lui, de ce bien-être qu’il pourrait envier pour les autres. C’est là une influence saine et moralisatrice. »

Mais n’oublions pas ce qu’écrivait dernièrement M. Trélat 2 dans le travail qui a été le point de départ de la discussion de la Société de chirurgie : « C’est un principe rigoureux en général, mais plus impérieux encore en matière d’assistance hospitalière, de limiter exactement les dépenses aux besoins à satisfaire; et s’il arrive que leur chiffre soit disproportionné avec le but qu’on se propose, c’est que l’œuvre n’est pas bonne, que le projet est mal conçu; il faut réformer le programme. »

Le luxe dans un hôpital est chose bien accessoire : « On ne se persuade pas assez, disent encore Monfalcon et de Poli nière 3, qu'un hôpital n’est pas un monument qui doit se recommander par le luxe de son architecture, et que toutes les considérations doivent fléchir devant la question de salubrité. Le plus modeste dans sa forme est le plus parfait, s’il présente aux malades qui y sont admis plus de chances de salut qu’un édifice splendide. »

Ce jugement sera t-il accusé de ne pas être impartial? Ecoutons un architecte :

« Il vaudrait trop mieux à l’architecte, dit le célèbre

Philibert Delorme4, selon mon advis, faillir aux ornements des

1. A. Tardieu, Bulletin de l'Académie de médecine. Séance du 15 avril 1862. t. XXVII, p. 695.

2. Trélat, Etude critique sur la reconstruction de l’Hôtel-Dieu, p. 24.

3. Monfalcon et Polinière, Traité de la salubrité dans les grandes villes. Paris, 1846.

4. Philibert Delorme (OEuvres de), édition de 1860, chap.VI, p. 15.

H. Jaquemet. 5

colonnes, aux mesures et fassades (où tous ceux qui font profession de bâtir s’estudient le plus), qu’en ces belles règles de nature qui concernent la commodité, l’usage et prolit des habitants, et non la décoration, beauté et enrichissement des logis faits seulement pour le contentement des yeux, sans apporter aucun fruit à la santé et vie des hommes... »

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