‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 31 sur 90 · Il et 20 février l · texte numérisé non relu

Il et 20 février l

3. Devergie, Bulletin de l'Académie de médecine. Séance du 4 février 1862.

faisait largement usage des cautérisations au sulfate de cuivre.

» Des poussières recueillies par l’époussetage sur les murs de la salle Saint- Augustin, service de M. Richet, à Saint-Louis, m’avaient donné 36 pour 100 de matières organiques dans une première analyse. Ces mêmes poussières prises à une autre époque ont été analysées dans le laboratoire de M. Réveil, et ont donné 46 pour 100 de matières organiques consistant surtout en cellules épithéliales, exhalant l’odeur de la corne par la calcination.

» Lorsqu’on humecte ces poussières, elles ne tardent pas à exhaler une forte odeur de putréfaction. Nul doute que cette vaste couche de poussières mixtes qui revêt les murs si rarement blanchis des salles des anciens hôpitaux, ne puisse donner naissance à des gaz susceptibles de favoriser le transport dans l’air de corpuscules qui jouent peut-être un rôle important dans la constitution de l’atmosphère nosocomiale

» Quant aux matières organiques, j’ai cherché d’abord à constater leur présence dans l’air des salles. Pour cela, j’ai eu recours à un procédé fort ancien, qui consiste à condenser la vapeur d’eau par des réfrigérants. Le liquide ainsi condensé, examiné au microscope, tient en suspension des corpuscules divers, variant avec les salles et le point où l’expérience est faite.

» Tandis que les brins de charpie abondent dans les salles de chirurgie, ce sont les corpuscules d’amidon qui dominent dans les services réservés aux maladies de la peau.

» La vapeur d’eau condensée auprès d’un foyer de suppuration, sous les couvertures, avant la dissémination des miasmes, est fortement chargée de corpuscules irréguliers en tous points semblables à du pus desséché. Il n’est pas rare d’y rencontrer aussi quelques fragments de matière colorante du sang

» Lorsque M- Eiselt, de Prague, est venu dire qu’il avait vu, dans une salle où sévissait épidémiquement l’ophtlialmie purulente, « de petites cellules de pus pouvant servir à la propaga- » tion du mal; » nous pensons que ce médecin a voulu parler de ces corpuscules irréguliers qu’il est si facile de voir dans la vapeur d’eau recueillie auprès des foyers de suppuration. Des cellules de pus telles que nous les voyons dans les liquides

DISPOSITIONS INTÉRIEURES

pathologiques ne sauraient tlotter dans l’air, sans perdre leurs caractères physiques. Du reste, la dessiccation des matières organiques ne neutralise pas leurs propriétés nuisibles. Personne ne met en doute que pour les maladies contagieuses l’infection ne puisse se faire par l’action directe de molécules organiques transmises d'individus malades à individus prédisposés. Les mêmes idées sur la contagion ont été invoquées, pour expliquer les épidémies d’érysipèle et d’infections diverses que l’on observe dans les services de chirurgie. La contagion, dans ce cas, a dit un auteur, « est due au transport d’un malade, à un autre de corpuscules infectants, qui s’échappent des matières puriformes que rendent les plaies L »

Ces longues citations, légitimées par la nécessité d’appuyer sur quelques données scientifiques les idées que nous avons émises plus haut, et que nous émettons ici, expliquent suffisamment le chiffre de 52 mètres cubes d’air, par heure et par malade, que demandait Tenon ; expliquent par suite la capacité que devra avoir une salle de malades, pour fournir facilement à chacun d’eux cette ration d’air respirable. Ajoutons que quelque élevé qu’il puisse paraître, il n’est pas encore suffisant dans certains hôpitaux pour dissiper l’odeur des salles.

Que sera-ce donc, si l’on suppose les malades agglomérés même dans une vaste salle? Quelle que soit en effet la quantité d’air dispensée à chaque malade, l’encombrement seul suffira pour produire les épidémies les plus graves ; les exemples sont là malheureusement pour le démontrer, et tous les vétérinaires connaissent bien ce fait : rappelons à ce sujet les citations déjà indiquées plushautdeM. Renault (d’Alfort). Lorsqu’on pratique sur les moutons l’inoculation de la clavelée, on voit ceux de ces animaux parqués au grand air présenter l’état le plus satisfaisant, tandis que des accidents de diverses natures se produisent presque inévitablement chez les moutons agglomérés dans une étable 2.

Quelle induction tirer de tous ces faits? qu’un hôpital 11e

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