‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 39 sur 90 · RIDEAUX · texte numérisé non relu

RIDEAUX

circulation facile de l’air est utile à l’intérieur des salles, vous serez conduit à faire supprimer les rideaux de lit. Quant à moi, je n’hésite pas à formuler cette opinion de la manière la plus catégorique et je suis certain d’avoir l’assentiment de beaucoup de chirurgiens. Les rideaux des lits sont des réceptacles, des cribles où s’accumulent toutes les poussières impures, ce sont des écrans qui gênent les mouvements de l’air, c’est leur but principal; ce sont des obstacles absolus à une surveillance bien entendue : ils servent à cacher ce que l’on ne sait pas empêcher. On dit pour leur défense qu’ils permettent de soustraire les malades aux courants d’air trop violents ; que, grâce à eux, ces malades peuvent s’isoler pendant le sommeil, les soins de toilette, etc.; qu’ils sont un moyen de ménager la pudeur de tous pendant les pansements.

» Mais dans les salles régulièrement aérées, on n’a pas à craindre les courants d’air; dans une salle petite et tranquille, le sommeil est possible et facile sans rideaux; enfin, si la pudeur doit être ménagée, rien n’est plus facile d’atteindre ce but avec un paravent mobile, paravent qui intervient utilement dans toutes les circonstances où l’on veut soustraire un malade à la vue de ses voisins 1 . »

Donc la question se résumerait ainsi : les rideaux sont des obstacles sérieux à la salubrité, disent les uns, supprimons-les. — Les rideaux sont indispensables aux malades, autant pour les mettre à l’abri des courants d’air que pour ménager leur pudeur, disent les autres, conservons-les. Ainsi l’hygiène d’un côté, la morale de l’autre. Disons cependant, (que M. Trélat nous pardonne), que ses idées nous paraissent un peu absolues; des paravents pendant le pansement, passe encore; mais qu’il ne s’y trompe pas, ce moyen sera insuffisant pour prévenir les pleurésies et les pneumonies fénestrales si fréquentes dans nos hôpitaux , même dans les salles les mieux réglées. Nous aurons bientôt à émettre notre opinion, je me trompe, celle de la science, sur l’ouverture quotidienne des fenêtres des salles; bornons-nous à dire ici que nous l’admettons en principe. Chaque matin, les malades encore baignés de la

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