Chapitre YI. — Dépendances diverses
Séparation des malades; séquestration des varioleux. — Nécessité des salles de rechange. — Escaliers. — Promenoirs. — Bains. — Salles d’opérations. — Chapelle et service mortuaire. — Bibliothèque. — Lingerie. — Buanderie. — Cuisines, etc.
Les salles consacrées aux malades devront être entièrement distinctes les unes des autres; il est même à désirer qu’un côté de l’hôpital soit consacré uniquement aux hommes, tandis que l’autre ne recevra que les femmes; nous admettrions difficilement que des enfants fussent admis dans un hôpital d’adultes, pour des motifs sérieux que nous aurons à développer bientôt ; si toutefois il en était ainsi, l’hygiène, aussi bien que les intérêts moraux des petits malades, demanderait une salle spéciale uniquement destinée à les recevoir.
Tous les hôpitaux français, la plupart des hôpitaux étrangers, ont admis la division des maladies médicales et chirurgicales; cette manière de faire, bien que reposant souvent sur une division arbitraire, nous paraît devoir être admise, parce qu elle facilite la régularité du service.
Nous exprimons le vœu de voir adopter dans tous les hôpitaux la séquestration des varioleux; les faits sont plus puissants que les meilleurs arguments pour apporter la conviction dans l’esprit de ceux qui douteraient encore, et l’on sait que partout où cette mesure a été adoptée, on a vu les épidémies cesser brusquement, et la variole abandonner et la ville et l’enceinte des hôpitaux. Au milieu des documents sans nombre qui pourraient appuyer notre dire, s’il en était besoin, qu’on nous permette d’invoquer du moins le remarquable rapport de M. Ch. Dubreuilh *, sur l’épidémie de variole survenue à Bordeaux en 1862.
Si d’ailleurs nous nommons ici les varioleux, c’est parce
1. Ch. Dubreuilh, Épidémie de variole survenue à Bordeaux et dans le département de la Gironde pendant l’année 1863.
H. Jaqïïemkt.
qu’il nous semble de toute impossibilité d’entreprendre dans les hôpitaux généraux le traitement de la syphilis, qui doit avoir, cela coule de source, son hôpital spécial, et aussi parce que la variole plus fréquente que la plupart des autres maladies épidémiques exige plus que toute autre peut-être cette séquestration.
Nos hôpitaux ne devront plus se borner désormais à un nombre de lits exactement limité et constamment occupé par les malades : une maison-modèle devra avoir en outre une ou plusieurs salles vides, dites salles de rechange, destinées à suppléer celles qui seraient trop encombrées, ou même à en permettre le nettoyage régulier : « l'évacuation périodique des salles, dit la Société de chirurgie l, et leur repos pendant un temps de plusieurs mois, donnent, dans les hôpitaux militaires français, et dans les hôpitaux étrangers, des résultats, qui indiquent l’adoption générale de cette mesure, particulièrement impérieuse en temps d’épidémie. »
Cette utile mesure pratiquée dès la fin du siècle dernier dans les hôpitaux militaires, ainsi que le constate la Société de chirurgie, règne à Varsovie, au dire de M. Chalvet 2, depuis longues années, et est exécutée avec la plus grande ponctualité. « Je trouve, dit-il, que l’on n’apporte pas assez de soins à l’entretien des murs et des croisées. Dans les hôpitaux de Varsovie, ce soin a paru si capital au conseil d’hygiène que chaque médecin ordinateur est tenu de faire deux fois par an, au printemps et en automne, plus souvent même s’il survenait une épidémie quelconque, un bon pour faire blanchir et reposer successivement toutes les salles de son service. »
Cette manière de faire est d’une trop haute importance pour ne pas entraîner l’assentiment général de la science ; le plan du nouvel Hôtel-Dieu comporte plusieurs salles de rechange, et M. Tardieu s’exprime ainsi à leur sujet : « Il existe d’ailleurs une disposition particulièrement favorable et toute nouvelle sur laquelle il est bon d’insister. Outre les lits permanents qui forment l’ensemble des services réguliers, et qui sont au nombre