‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 5 sur 90 · I. Laurent, loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Laurent, loc. cit., p

INTRODUCTION

malheureuse victime de la maladie, sans moyens pour payer un abri de quelques mètres, en est réduite à implorer son admission dans un hôpital, non plus pour se guérir, mais pour ne pas mourir sur le pavé de la rue. Nous admettons, pour un instant, que cet asile ne lui fait pas défaut. Pénétrons donc dans ce logement, où peut-être « le jour se lève une heure plus tard, et finit une heure plus tôt. » (Villermé.) L’air, ce premier aliment de la créature vivante, lui est même dispensé avec parcimonie. s- J’ai étudié avec une religieuse exactitude, dit M. Blanqui !, la vie privée d’une foule d’ouvriers, et j’ose affirmer que l’insalubrité de leurs habitations est le point de départ de toutes les misères, de tous les vices, de toutes les calamités de leur état social. »

« Rien, dit à son tour M. Daremberg1 2, ne mérite plus les encouragements et les éloges que les efforts réunis et soutenus du Gouvernement et de l’Assistance publique pour le bon aménagement des hôpitaux, qui sont la vraie providence du pauvre. J’ai soigné, comme médecin du Bureau de bienfaisance, des centaines de malades à domicile, et je n’ai jamais pu me défendre d’une douloureuse impression, en comparant le bien-être, le confortable, les soins presque toujours empressés qu’on trouve dans les hôpitaux, au dénûment et souvent au délaissement forcé que je constatais chez mes clients de la rue Mouffetard ou de la rue Traversine. Plus d'une fois, je leur ai facilité l’entrée de l’hôpital; non, certes, pour m’en débarrasser, car j’aimais ces infortunés et ils m’aimaient également, mais pour les soustraire à un foyer d’infection et pour ne pas voir le malade marcher fatalement à la mort, faute des ressources les plus indispensables. »

Le Conseil de salubrité de la ville de Paris écrivait, en 1843: « On voit agglomérés , dans des espèces de cages, de malheureux chiffonniers au crochet, qui n’ont pour lit qu’une couche de paille sale, pour eux et pour leurs enfants ; encore est-elle placée au milieu de quelques chiffons triés, d’où émane une odeur repoussante... De ces sortes de chenils, que l’ondé-

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