Quatrième Mémoire
2. Voir les rapports des 28 mars 1839, 14 avril 1841, 10 mai 1843.
3. Voir à ce sujet : Mémoire couronné par l’Académie de Bordeaux, le 23 août 1787 sur cette question : Quels seraient les meilleurs moyens de corriger les abus qui régnent dans les hôpitaux relativement au service des malades, et de lier à leur sort l'intérêt de ceux qui les servent? par Capelle, médecin. In-4°. Bordeaux, 1788.
PERSONNEL DES HOPITAUX
et ne jamais tolérer, aux jours de sortie, leur entrée dans l’hôpital s'ils sont en état d’ivresse... comme cela leur arrive, hélas! trop fréquemment.
La surveillance générale de chaque salle est confiée dans la plupart des hôpitaux français et étrangers à une femme. Ce sexe délicat était en effet seul susceptible de ces soins affectueux et empressés, de cette pieuse activité que demandent constamment la souffrance et le malheur : abnégation de soimême, humilité constante, patience inaltérable au milieu d’occupations rebutantes, courage pour braver le danger, sans peur et sans affectation, la femme seule était capable de trouver dans son cœur ce rôle sublime, qui fait l’admiration de tous ceux qui ont vu la sœur de charité à l’œuvre. Voltaire luimême, si amer pour toutes les institutions religieuses, s’incline avec respect devant cet admirable dévouement : « Peut-être, écrit-il *, n’est-il rien de plus grand sur la terre que le sacrifice que fait un sexe délicat de la beauté, de la jeunesse, souvent de la haute naissance, pour soulager dans les hôpitaux ce ramas de toutes les misères humaines, dont la vue est si humiliante pour l’orgueil, et si révoltante pour notre délicatesse. Les peuples séparés de la communion romaine n’ont imité qu’imparfaitement une charité si ingénieuse. »
Certes, il ne nous appartient pas de tracer leurs devoirs à ces saintes filles; c’est dans leur inépuisable charité qu’elles savent trouver cette ligne de conduite, etd’ailleurs nous les avons vues trop souvent à l’œuvre pour qu’il nous semble nécessaire de leur montrer le chemin : c’est à Paris surtout que nous avons admiré non pas seulement l’exquise délicatesse de ces servantes du pauvre au lit des malades, mais l’admirable intelligence de plusieurs d’entre elles, pour suivre pas à pas les progrès de la maladie chez chacun des malheureux qui leur étaient confiés.
Mais qu’elles n’oublient pas où s’arrête leur rôle : « que les sœurs hospitalières, dirons-nous avec M. de Polinière 1 2, soient pénétrées de la sainteté de leurs devoirs. Qu’elles les fassent consister dans l’obéissance, la ponctualité à suivre les prescrip-
1. Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des valions, t. 111, p. 310.