‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 86 sur 90 · Léon Le Fort, loc. cit., p. 83 et · texte numérisé non relu

Léon Le Fort, loc. cit., p. 83 et

H. Jaquemet.

aux Indes, une maladie contagieuse, dis-je, est comme une graine. Pour que cette graine germe, il faut qu’elle trouve un terrain convenable, convenablement préparé, et sa germination sera facilitée, gênée et empêchée par des conditions biologiques et atmosphériques

» Une armée en campagne a subi toutes sortes de privations et de fatigues; ses blessés, entassés dans des hôpitaux où existent les conditions hygiéniques les plus fâcheuses, voient naître parmi eux ce fléau qui naît de la concentration de toutes les maladies : le typhus des camps. L’air vicié que tous respirent fait directement sentir sur tous son influence; un grand nombre deviennent malades et une épidémie se crée de toutes pièces. Deux de ces malades sont évacués sur d’autres localités; l’un est placé dans un village, au milieu d’une famille de paysans robustes, bien nourris, bien portants, sainement logés;- et il ne communique à personne sa maladie, quoiqu’elle soit contagieuse. Le second est évacué sur un autre hôpital où le typhus n’existe pas, mais où, par la réunion des mêmes causes, il est en quelque sorte en imminence. Ce typhique y trouve des malheureux dont la réceptivité morbide est extrêmement développée ; là il agit comme l’étincelle qui allume un vaste incendie, il contagionne autour de lui et il devient le point de départ d’une épidémie qui, sans lui, sans l’état déjà fâcheux des autres malades, n’eût peut-être pas existé. »

Niera-t-on qu’un hospice soit un terrain admirablement bien préparé ? — Sans aucun doute, puisque l’on a pu dire que l’on place impunément les femmes en couches dans les hôpitaux1. Dans le remarquable rapport auquel nous croyons devoir faire allusion ici, un chirurgien, dont le nom est déjà bien connu, et qui a marqué sa place dans la science, s’est appuyé pour prouver son opinion sur ce qui se passe à Limoges, à Lyon, à Amiens, à Grenoble, à Dijon, à Montpellier, à Besançon, à Nancy, à Toulouse, à Rouen, à Poitiers, à Angers, à Caen, Arras, Strasbourg, Tours, Nantes, Marseille, dans toutes les villes enfin où les maternités se trouvent dans l’enceinte des hôpitaux. Elles seraient d’après lui indemnes ou à peu près

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