‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 87 sur 90 · Dr Oré, loc. oit., p · texte numérisé non relu

Dr Oré, loc. oit., p

CONCLUSIONS

indemnes d’accidents puerpéraux. « Le danger de l’encombrement, dit-il a lieu surtout quand celui-ci résulte de la réunion de la même catégorie d’individus. Ainsi 100 femmes enceintes ou accouchées réunies dans un même local se nuiront plus que 200 femmes dans les mêmes conditions rapprochées de deux ou trois cents autres individus infirmes ou malades, jeunes ou vieux, mais à l’abri de l’état puerpéral.

» Voilà pourquoi on place impunément des femmes en couches, non-seulement dans les hospices mais dans les hôpitaux, et tandis qu’à l’IIôtel-Dieu, à Lariboisière, à Saint-André de Bordeaux, vingt ou trente femmes en couches ne sont pas fendues plus malades par le voisinage de cinq ou six cents autres individus, à la Maternité de Paris, trois ou quatre cents femmes grosses ou en travail ne peuvent se trouver réunies sans s’infecter mutuellement. » M. Tarnier 2 va répondre pour nous : « Dans les hôpitaux de Lyon, dit-il, on compte 1 décès sur 43 accouchements. — Bordeaux, Lille, Reims, Strasbourg, Grenoble, Saint-Etienne, donnent pour leurs hôpitaux 1 décès sur 19. — Toulouse, Bourg, Troyes, Marseille, Châteauroux, Amiens, Colmar, Nantes, Nancy, Orléans donnent 1 décès sur 37. — Laon, Versailles, Caen, Limoges, Tours, Blois, Dijon, Chambéry, Nîmes, Bar-le-Duc, Poitiers, Brest, Périgueux, Meaux, Angoulême, Arras, Moulins, Châlons-sur-Marne, Avignon, Montpellier, Metz, Le Mans, Perpignan, Mâcon donnent 1 décès sur 38. » Est-ce bien là la mortalité exceptionnelle dont parlait M. Oré pour Limoges, Amiens, Grenoble, Dijon, Montpellier, Besançon, Nancy, Toulouse, Poitiers, Angers, Caen, Arras, Strasbourg, Clermont, Tours, Nantes, Marseille? Et peut-on donner cette moyenne comme un argument sérieux, surtout si l’on se rappelle que dans la plupart des villes de province le nombre des accouchements dans les hôpitaux est nécessairement assez restreint.

Que sera-ce si nous parlons de Paris, dont on nous représente les services d’accouchements adjoints aux hôpitaux , comme jouissant d’une remarquable indemnité ? Nous citons

t . Dr Oré, loc. cil.

2. Tarnier, Bulletin de la Société de chirurgie. Séance du 21 mars 1866, et Gazette des hôpitaux, 31 mars 1866.

textuellement ici la statistique publiée en 1862 parM Husson *, et où il fait connaître la mortalité des femmes en couches dans tous les hôpitaux de Paris de 1802 à 1862.

Maternité

accouch. 8,124 décès =

sur 19

Cliniques

Hôtel-Dieu. . . .

Saint-Louis . . .

Saint-Antoine.

Lariboisière. . .

Ces chiffres.

on le

voit,

démontrent

que

la

moyenne

décès des femmes en couches est de beaucoup supérieure à celle de la Maternité, dans les hôpitaux Lariboisière et Saint-Antoine, tant vantés par leur salubrité, dès lors que vous supprimez l’air pur des champs, en y créant cette cause d’insalubrité.

Nous savons bien ce qu’on va nous dire encore : « Le terrain est vaste : qui nous empêche d’isoler complètement ces divers établissements? » A la bonne heure! le projet devient plus rationnel. Mais n’oubliez pas que vous avez quatre établissements à construire ; que, par suite, votre terrain si vaste en apparence se trouvera divisé en quatre parties beaucoup plus restreintes qu’il ne peut sembler au premier abord, et 20 hectares sont-ils vraiment beaucoup pour quatre hôpitaux, quand le seul asile de convalescents de Vincennes en compte 16?

Vous les éloignez; soit encore! Mais pouvez-vous les éloigner assez ? Car enfin quel est celui des partisans de ce projet qui osera indiquer exactement où s’arrête la puissance funeste des miasmes? Il n’en est pas un seul assurément, et nous savons, pour notre part, que dans l’incertitude nous nous abstiendrions d’un semblable projet.

A ce grief certes bien sérieux, nous en ajoutons un second, dont nous avons déjà dit un mot : les hôpitaux de maternité doivent être centraux. N’est-ce donc rien que trois kilomètres à franchir pour une malheureuse en mal d’enfant ? en supposant que l’habitation de la plupart des femmes en couches fût le centre même de la ville. Celles qui habitent le' faubourg extrême feront un cruel apprentissage des bienfaits de la cain-

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