Husson, Des hôpitaux, p
CONCLUSIONS
pagne à l’endroit des maternités, et nous doutons qu’il y en ait beaucoup qui atteignent leur but. On oublie trop en effet que c’est la femme indigente qui doit y chercher un asile, où pour elle un jour, une heure, un instant sont précieux ; elle retarde tant qu’elle peut le moment où elle abandonnera son travail, souvent sa famille, et c’est presque aux premières douleurs qu’elle quitte pour l’hôpital sa mansarde ou son atelier. On comprend les conséquences.
Dans les villes mêmes où l’hôpital d’acouchements est à peu près central, il n’arrive pas d’année où de tristes accidents ne se produisent; tantôt une malheureuse accouche dans la rue, et c’est presque sans vie qu’on la relève sur le pavé, pour la porter, elle et le nouveau-né, dans sa déplorable nudité, jusqu’à l’asile où elle se traînait; tantôt c’est une hémorrhagie, etc., etc.; et peut-être n’aurions-nous pas besoin de chercher beaucoup pour retrouver un peu partout des faits aussi regrettables. Que serait-ce donc si la maternité était placée en dehors de la ville !
Laissez- la donc dans l’enceinte de la cité, puisque après tout vous ne pouvez donner aux femmes en couches qu’un air qui ne sera pas beaucoup plus pur que celui de la ville... peut-être moins.
Les enfants y gagneront, les vieillards y gagneront, et les malheureuses femmes n’y perdront rien.
Hélas I notre parole, bien qu’appuyée par des hommes savants et expérimentés, est sans valeur, comme nous-même sans autorité, et ne sera pas entendue ! Rassemblons donc nos forces, et à tous ceux qui ont mission de veiller sur les intérêts du pauvre et du malheureux, crions avec l’énergie que peut donner la conviction d’accomplir un devoir:
Caveant consules. •