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ORGANES SECONDAIRES DE REPRODUCTION DES HYMÉNOMYCÈTES

Outre le mode de reproduction normal par les spores des basides, les Hyménomycètes possèdent d’autres organes susceptibles de germer. Pendant longtemps on a ignoré et même nié leur présence, mais aujourd’hui leur existence est mise hors de doute à la suite des recherches de MM. Tulasne, de Seynes, Van Tieghem, Brefeld, Richon, etc. ; nous-mêmes avons été assez heureux pour en rencontrer sur plusieurs Champignons appartenant à des groupes très différents.

La présence d’organes multiples de reproduction est un trait de plus qui lie les Hyménomycètes aux Thécasporés qui en sont abondamment pourvus.

Ces organes secondaires rentrent dans le groupe des Conidies ; elles sont volumineuses {macroconidies] ou s^permaiiformes {microconidies], et croissent sur des parties de la plante plus ou moins spécialisées.

Les conidies croissent sur :

, , . ,, t Plychogaster.

des plantes iselees . j - Pislillaria romlla.

sur le mycélium et | apicales— Agaricus, Coprinus, Cyphella. sont : I secondaires — Auricularia.

, 1 J ( Agaricus osty^eatus.

sui* des poils du \ ^ , ,,

, / , l — craterellus.

réceptacle. I n i -,

( Polyporus versicolor

i Fistulines, Polyporus sulfureus , Trametes ruhescens , Calocera cornea, Corticium amorphum, C. Marchanda, Hydnum erinaceum, Nyclalis parasitica.

Plychogaster. — Le Plychogaster aïbus , longtemps considéré comme espèce autonome, a été rattaché aux Hyménomycètes depuis les travaux do M. Tulasne d’abord et de M. Cornu ensuite ; les conidies y sont renfermées dans des filaments à bords nets et bien

définis; qui, plus tai’d, se transforment en une sorte de gelée, laquelle disparaissant laisse les conidies libres. M Cornu rapporte cette plante au Polyporus horealis ou peut-être au P. fragilis. Plus récemment, M. Richon, comparant la manière d’être de ces conidies intracellulaires avec celles qu’il a découvertes dans les hyphes de ÏHydnum, ènnaceum, tend à assimiler le Ptychogaster à un Hydne. Notons qu’on a observé dos tubes de Polypores sur des échantillons de Ptychogaster.

Pilacre. — Los Pilacre sont d’autres organismes conidifères appartenant à des hyménomycètes encore inconnus.

Pistülaria rosella. — Ici les conidies sont placées sur de petites touffes de filaments isolées de la forme à basides, ou bien croissent sur les clavules mélangées avec les éléments de l’hymenium.

Agaricus, Coprinus. — On a observé sur le mycélium chez un certain nombre d’Agarics et de Coprins, des conidies très petites, spermatilbrmes, qui naissent p.ar accroissement endogène (Van Tieghem) au sommet d’arbuscules particuliers. On les a considérées quelque temps comme des organes mâles, mais M. Van Tieghem a réussi à les faire germer et a vu qu’elles produisaient un mycélium analogue à celui que donne la basidiosporc.

Cyphella. — M. Tulasne a observé sur le mycélium d’une Cyphelle muscicole la présence de nombreuses conidies.

Auricularia. — Nous avons déjà vu, à propos de la germination des spores, que dans \'A. mesenterica la spore, en germant, émet un très court prolongement (promycelium) qui porte une sporidie un peu plus petite, mais de forme analogue à la spore primitive.

Dans l’A. sarnbucina (Hirneola), le même phénomène a lieu, avec cette différence que le promycelium atteint cinq à six fois la longueur de la spore primitive.

Ag. ostreatus. — Nous avons rencontré sur les poils du chapeau et du stype de quelques individus de cette espèce de très petites conidies ovoïdes, hyalines, portées sur de courts stérigmates.

Ag. cralerellus. — Les conidies sont isolées ou groupées sur des poils réunis eu une touffe marquant la place du stipo au point d’insertion des lames.

Polypo7'us versicolor. — L’hymenium au lieu de développer ses éléments habituels, forme des poils grêles portant une ou deux conidies incolores.

ConiflIcM angfiogaMtrcs. — Dans l’épaisseur du tissu de la partie supérieure du chapeau des Fistulines, M. de Seynes a vu des filaments porter à leur extrémité des conidies plus grandes et plus irrégulières que les spores des basides. Ces conidies sont tantôt isolées, tantôt groupées par petits bouquets de 7-3 ; elles sont portées par des filaments raraeux subdichotomes M. de Seynes a observé leur germination : elle n’a lieu qu’après une période de repos considérable.

Polyporus sulfureus. — Le môme mycologue a constaté des faits analogues sur le Polyporus sulfureus.

C. Corticimn amorphum. — Lorsqu’on étudie au microscope la texture du Cortioum amorphum, on observe à la base de riiyraenium des filaments rameux, dichotornes, incolores, contenant des granules plasmiques colorés en rouge, cloisonnés aux ramifications et se terminant par des files de 1-3 ou par des bouquets de 2-5 conidies à granulations rouges. Cette observation a été indiquée pour la première fois par M. Richon [Bull. Bot. Fr., 1877, p. 150); nous l’avons répétée plusieurs fois sur des spécimens récoltés aux environs des Eaux- Bonnes (Basses-Pyrénées) par le docteur Doassans.

Trametes rubescens. — Cette plante nous a montré dans le voisinage do l’hymenium des filaments grêles, hyalins, sans cloison, rameux souvent par dichotomie, dont les extrémités étaient conidifères. Ces conidies sont isolées à l’extrémité des filaments, ou placées en files de 2 ou encore par bouquets de 3-4. Elles sont incolores, sphériques, beaucoup plus grosses que les basidiopores ; leur contenu est granuleux et quelquefois elles possèdent une vacuole centrale très apparente. Leurs parois sont formées de deux enveloppes dont l’extérieure appartient au filament conidifère et l’autre leur est propre.

Calocera cornea. — Cette tremellinée présente un appareil semblable aux précédents ; ici les rameaux de l’arbuscule sont T;rès réfringents, cloisonnés aux ramifications et portent de très petites conidies, ovoïdes, hyalynes et réfringentes.

Hyclnum erinaceum. — M. Richon décrit, dans le tissu de cette plante [Bull. Bot. Fr., 1881, p. 180), un très curieux appareil conidifère. Des conidies ovoïdes ou baculiformes à plusieurs vacuoles sont libres et disposées par séries dans l’intérieur de filaments, à la manière des conidies du Ptychogaster, avec cette différence que dans ce dernier elles sont séparées par des cloisons tandis que dans l’Hydne il n’en existe aucune. Les parois des filaments se gélifient et mettent ainsi en liberté les conidies.

— Quelles sont les fonctions que doivent remplir les conidies des Hyménomycètes ? Leur rôle est encore très obscur, à peine peut-on

hasarder quelques hypothèses. Les conidies mycéliennes, appartenant toutes à des espèces éphémères par leur germination rapide, paraissent apporter au mycélium une nouvelle activité destinée à augmenter encore la rapidité de l’évolution de l’individu. Au contraire, les conidies angiogastros, qui naissent dans les tissus d’espèces à développement lent, souvent arboricoles, ne germant qu’après une longue période de repos, pourraient servir à permettre à la plante d’attendre qu’un substratum convenable se présente et la préserver de disparition, lorsque les basidiopores ont depuis longtejnps perdu leur faculté germinative.

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