‹ Des Indemnités: À l'Occasion d'Industries et de CommercesChapitre 29 sur 55 · MO TE · texte numérisé non relu

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bonheur de tous : la première de ces forces, c'est la propriété (1). A-t-on mesuré l’antinomie de ces termes : le peuple souverain et salarié ! Quelle ironie : législateur en haillons, sans feu n1 lieu ! comment ne serait-il pas tenté d'utiliser cette force toute puissante qui s'appelle le pouvoir pour acquérir le premier des biens, la propriété ? Sous un régime de suffrage universel, comment l'Etat ne chercherait-il pas de plus en plus à substituer la propriété de la collectivité à celle des individus ? Quelles facilités ne donne pas à la réalisation de ces projets la doctrine de l'irresponsabilité ? Ne contribuerait-elle pas à développer l'attraction naturelle qu'on a souvent signalée entre la propriété et la souveraineté ? On était, jadis, souverain parce que propriétaire ; l'Etat d'aujourd'hui tend à devenir propriétaire parce que souverain. De fait actuellement, il est peu de programmes démocratiques qui ne se présentent comme des programmes de monopolisations progressives et hardies. Démocratie et socialisme se rencontrent parfois sur le même terrain : il convient d'examiner si l’expropriation du capitalisme se fera avec ou sans indemnité, ou, du moins, si les prophètes du socialisme admettent ou rejettent l’idée d’allouer quelque dédommagement aux victimes de la grande révolution économique qu'ils désirent.

(1) Voir l’article de M. de Laveleye sur l’œuvre de Dupont-White, Revue des Deux-Mondes, 1°" décembre 1889. p. 546. Voir aussi, Le socialisme contemporain, XI et XXVI, du même auteur.

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