‹ Des Indes à la planète Mars (volume 2)Chapitre 33 sur 77 · mode tatinée ce ké mâche radziré zé tarvini va · texte numérisé non relu

mode tatinée ce ké mâche radziré zé tarvini va

Mère chérie, je ne puis prononcer le langage oii nini nini triménêni ii adzi ce zé seïmiré vétiche i nous nous comprenions si bien! Je le comprends cependant ; ô mode inée kévi bérimir m hed kévi machiri ce di triné

mère adorée, quand reviendra-t-il ? Quand pourrai-je te parler ti éstotiné ni bazée animina i mode ce méï adzi de ma dernière et courte existence ? 0 mère, je t'ai bien

ilinée i mode inée ce ké lé nazère ani — mira reconnue, ô mère adorée, je ne me trompe pas ! — Adieu mode itatinée mira mira mira

mère chérie, adieu, adieu, adieu!

— Auditif. 27 juin 1897 (trad. même séance). — M""» Mirbel étant présente, Hélène aperçoit Esenale qui se tient debout auprès de sa mère et lui adresse ces paroles. Les adieux de la fin ne sont pas de ce moment-là, mais ont été prononcés par Esenale immédiatement à la suite et comme complément de la traduction ; c'est le seul cas (outre le texte 36) oîi il ne s'en soit pas tenu strictement aux textes déjà recueillis et se soit permis l'adjonction d'une nouvelle phrase, qui ne renferme d'ailleurs aucun mot inédit; itatinée chérie est évidemment un lapsus qui doit être corrigé soit en tatinée chérie, soit en i tatinée ô chérie. — Le véritable équivalent français de triménêni est probablement entretenions. Le mot éstotiné pour ma dernière est suspect, ma se disant partout ailleurs êzé.

*16. astané ésenâle pouzé mené simandini mira ( Astané. Esenale. Pouzé. Amie Simandini, adieu !)

— Visuel. 22 août 1897. — Ce texte, qui n'a pas eu besoin de traduction, constitue la première apparition de l'écriture martienne. Voir plus haut la fig. 21 et le résumé de cette séance, pp. 197-199.

*17. taniré rais méch med mirivé éziné brima^ ti ti.s Prends un crayon pour tracer mes paroles de ret tensée — azini dé améir mazi si somé iche nazina instant. Alors tu viendras avec moi admirer notre nouveau tranéï. — Simandini ce kié mâche di pédriné tes luné ké ce passage. Simandini, je ne puis te quitter ce jour. Que je êvé divine — patrinèz kié nipuné ani suis heureux! — Alors ne crains pas!

— Graphique. 12 septembre 1S97 (tracl. même séance). — Yoir pp. 169 et 200 et fig. 23.

*18. mode tatinée lâmi mis mira ti ché bigà kâ

Mère chérie, voici un adieu de ton enfant qui ébrinié sanâ é vi idé di zé rénir — zé mess métich kâ é pense tant à toi. On te le portera, le grand homme qui a zé valini iminé — ni z[é] grani sidiné le visage mince et le corps maigre.

— Auditif, puis graphique. 10 octobre 1897 (trad. même séance). — Hélène a la vision d'un paysage martien, où Esenale flotte désincarné autour des plantes et prononce ces paroles, qu'elle répète. (Ou comprit lors de la traduction que ce texte était destiné àM°'*Mirbel, qui se trouvait alors à la campagne, mais à qui la personne très clairement indiquée par le signalement final devait, en effet, aller rendre visite et pourrait porter le message.) Je tends alors à Hélène un crayon dans l'espoir d'obtenir ce même texte par écrit ; après diverses tergiversations et simagrées relatives à l'éclairage, dénotant un état de somnambulisme croissant, elle se décide à prendre le crayon, entre l'index et le médius, parle à Esenale qu'elle continue à voir et qu'elle fait asseoir à côté d'elle, puis se met à écrire, complètement absente et fascinée par le papier. L'index gauche (Léopold) nous apprend que c'est Esenale lui-même qui écrit par le bras d'Hélène. Deux fois elle s'interrompt pour dire à Esenale : « Oh ! ne partez pas encore ! . . . restez encore là ! » Elle paraît nerveuse et agitée, et s'arrête souvent d'écrire pour cribler son papier de petits coups de crayon ou y faire des ratures et gribouillages (voir fig. 25) ; dans le zé de la dernière ligne, elle oublie l'é (ce qui n'a pas empêché Esenale de prononcer correctement le mot au moment de la traduction). Une fois le texte achevé, elle se réveille à moitié, me reconnaît et me cause pendant quelques instants, puis glisse dans un autre somnambulisme.

*19. m[en] ce kié mâche di triné sandiné téri (Amie, je ne puis te parler longtemps comme

né êzi vraïni zou réch m.irà mile piri mira

est mon désir; plus tard, adieu adieu.)

'' t^ IfH ^L.

PiG. 25. — Ti.'xte 11» 18 (10 oct. 1897J, écrit an crayon par MU» Smith, incarnant Esenale. — Reproduction antotypique aux deux tiers de la grandeur naturelle.

— Graphique, puis auditif. 24 octobre 1897 (il n'y a jamais eu de traduction de ce texte, dont deux mots restent inconnus). — Hélène voit d'abord la table éclairée d'une lumière verte dans laquelle lui apparaissent des dessins qu'elle copie : cela donne ce texte, sauf les deux dernières lettres du premier mot, dont la place reste blanche. Aussitôt après, elle entend parler martien, et elle répète : c'est le même texte, oii le premier mot est prononcé en entier. Puis elle a la vision d'Astané, d'Esenale, et d'une petite fille dont elle entend le nom Niké ; mais tout cela fait bientôt place à d'autres somnambulismes non-martiens.

*20. Siké évaï divine zé niké crizi capri né amé

Siké, sois heureux! Le petit oiseau noir est venu orié antéch é êzé carimi ni êzi érié é nié pavinée hecl

frapper hier à ma fenêtre et mon âme a été joyeuse; il

lé sadri dé zé véchir tiziné Matêmi misaïmé kà lé

me chanta: tu le verras demain. — Matêmi, fleur qui me

umèz essaté Arvâ ti éziné udâni^ amés tes uri amés fais vivre, soleil de mes songes, viens ce soir, viens sandiné ten ti si évaï divinée Rome va né Siké

longtemps près de moi; sois heureuse! — Rome, où est Siké? — atrizi ten té taméch épizi

Là-bas, près du « taméche » rose.

— Auditif, puis graphique. 28 novembre 1897 (trad. même séance.)

— Fragments de conversation entendus pendant la vision de la fête martienne décrite p. 181. Siké (jeune homme) et Matêmi (jeune fille) forment un premier couple qui passe et s'éloigne dans la direction d'un gros buisson de fleurs rouges (tamèche), tandis qu'un second couple échange les dernières paroles du texte en se disposant à rejoindre le précédent. — Après cette vision qu'elle a contemplée debout et décrite avec beaucoup d'animation, Hélène s'assied et se met à écrire les mêmes phrases martiennes ; on apprend par Léopold que c'est Astané qui se sert de sa main [en tenant le crayon entre le pouce et l'index, c'est-à-dire à la façon de Léopold, et non à la manière d'Hélène comme il l'avait fait pour le texte 17j. M"« Smith paraît d'abord complètement absorbée et insensible pendant cette opération ; cependant, la conversation de quelques assistants semble la troubler un peu,' et Léopold finit par donner trois violents coups du poing gauche sur la table pour faire faire silence, après quoi l'écriture s'exécute plus rapidement (en moyenne 12 caractères par minute). L'écriture terminée, Léopold indique de faire asseoir Hélène sur le canapé pour la scène de traduction.

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