‹ Des Indes à la planète Mars (volume 2)Chapitre 58 sur 77 · va i · texte numérisé non relu

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\\3'.Val.

FiG. 36. — Modulation du chant hindou. Le sol final des trois variations a été tenu jusqu'à 14 secondes avec une fixité parfaite. Souvent la suite A a été bissée ou trissée avant la continuation.

l'exactitude de son texte, que voici (moins quelques accents spéciaux ) tel qu'il l'écrivit à mesure : « gâya gaya naïa ia miya gayâ briti... gaya vayayâni pritiya kriya gayâni i gâya maraata gaya mania nara mania patii si gaya gandaryô gâya ityâmi vasanta... gaya gayayâmi gaya priti gaya priya gâya patisi... »

C'est vers la fin de cette même séance que Léopold, sans doute pour faire honneur à la présence assez exceptionnelle de M. de Saussure, se décida, après une scène de traduction martienne (texte 14) par Esenale, à nous donner de la voix d'Hélène son interprétation du chant hindou, que voici textuellement avec son mélange de mots sanscrits: « Chante, oiseau, chantons! Gaya! Adèl, Sivrouka \ chantons le printemps ! Jour et nuit je suis heureuse ! Chantons ! Printemps, oiseau, bonheur ! ityâmi mamanara priti, chantons ! aimons ! mon roi ! Miousa, Adèl ~ ! »

En rapprochant cette traduction du texte hindou on découvre entre eux certains points de contact. Outre les deux mots parfaitement exacts gayâ chante et vasanta printemps^ on retrouve l'idée de aimons dans priti et briti (sanscrit prîti, action d'aimer), et l'équivalent approximatif de mon roi dans marna patii rappelant le sanscrit mama patê (ou au nominatif marna patih) mon époux, mon maître. Il n'est malheureusement guère possible de pousser l'identification plus loin, sauf peut-être pour oiseau qu'avec de la bonne volonté on pourrait soupçonner dans vayayâni rappelant vaguement vâyasân (accus, plur. de vâyasa oiseau).

Quand à la mélodie de cette plaintive mélopée, M. Aug. de Morsier, qui l'entendit dans la séance du 4 septembre 1898, a bien voulu la noter aussi exactement que possible (v. fig. 36).

' Ici Hélène ijaraissait s'adresser à M. P. Seippel et à moi (qui sommes les réincarnations respectives d'Adèl et de Sivrouka!) comme pour nous engager à chanter.

- Même jeu à l'endroit de M. Seippel et de M. de Saussure (réincarnation do Miousa).

Les exemples précédents suffisent à donner une idée de l'hindou d'Hélène, et il est temps de conclure. 11 ne s'agit apparemment là d'aucun dialecte actuellement existant. M. Glardon déclare que ce n'est ni de l'hindi ni de l'urdu, et après avoir émis au début, à titre de simple hypothèse, l'idée que ce pourrait être du tamil ou du mahratte, il y voit maintenant un mélange de termes réels probablement sanscrits, et de mots inventés. M. Michel estime également qu'il y a dans le baragouin bizarre de Siraaudini des bribes de sanscrit assez bien adaptées à la situation. Tous mes correspondants sont en somme exactement du même avis, et je ne saurais mieux résumer leur opinion qu'en laissant de nouveau la parole à M. de Saussure :

« Sur la question de savoir si tout cela représente positivement du « sanscrit », il faut répondre évidemment non. On peut seulement dire : — 1° Que c'est un mêli-mêlo de syllabes, au milieu desquelles il y a incontestablement des suites de huit à dix syllabes donnant un fragment de phrase ayant un sens (phrases surtout exclamatives, par exemple : mania prya mon bien-aimé ! marna souklia )nes délices!) — 2° Que les autres syllabes, d'aspect inintelligible, n'ont jamais un caractère anti-sanscrit, c'est-à-dire ne présentent pas des groupes matériellement contraires ou en opposition avec la figure générale des mots sanscrits. — 3° Enfin, que la valeur de cette dernière observation est d'autre part assez considérablement diminuée par le fait que M"^ Smith ne se lance guère dans les formes de syllabes compliquées et affectionne la voyelle a; or le sanscrit est une langue oîi la proportion des a par rapport aux autres voyelles est à peu près de 4 à 1, de sorte qu'on ne risque guère, en prononçant trois ou quatre syllabes en a, de ne pas rencontrer vaguement un mot sanscrit. »

Il résulte de cette dernière remarque de M. de Saussure qu'il ne doit pas être très difficile de fabriquer du sanscrit à la mode de Simandini, pour peu qu'on en possède quelques éléments véritables qui puissent servir de modèle et donner le ton au reste. Et point n'est besoin pour cela d'en savoir beaucoup, comme le remarque M. Barth :

« M"^ Smith a-t-elle été en relation avec quelque personne de qui elle aurait pu prendre quelques bribes de sanscrit et d'histoire ?

Il suffit, dans ces cas, d'un premier germe, si mince soit il. L'imagination fait le reste. Les enfants sont très souvent onomatopoioi . . . . Mon frère, dans sa première enfance, s'était composé ainsi tout un langage à lui. Ma graud'mère, qui était remarquablement intelligente, pouvait encore réciter verho tenus, dans son extrême vieillesse, un petit jargon d'une dizaine de lignes qu'elle s'était composé dans son enfance. C'était à l'époque des guerres de la Révolution : les troupes passaient et repassaient en Alsace, et elle était humiliée de ne pas savoir un mot de français. Elle se mit alors à se fabriquer pour sa satisfaction personnelle un petit discours à assonnances à peu près françaises, mais dont les premiers mots seuls, le germe, avaient un sens. Cela commençait par : Je peux pas dire en français; puis venait une dizaine de lignes de syllabes ajoutées au hasard, avec un mot français par ci par là, par exemple vinaigre, manger; le tout finissait par : a toujours Mni perpense par la tavlerettement. Ma grand'mère m'a bien souvent cité ce singulier morceau que je regrette de n'avoir pas noté. »

J'ai cité cet exemple de M. Barth à cause de son intérêt. Mais c'est naturellement M"^ Smith elle-même qui nous fournit, dans son propre martien, le fait le plus apte à éclairer son hindou. Il n'en coûte évidemment pas davantage, à une activité subconsciente capable de forger une langue de toutes pièces, d'en élaborer une autre par l'imitation et le délayage de quelques données réelles. Aussi, dès le début du martien (postérieur d'un an, comme on l'a vu, à celui de l'hindou), M. de Saussure u'hésita-t-il pas à faire ce rapprochement et à expliquer, par exemple, le texte sanscritoïde initial, la fameuse phrase, de bénédiction atiêyâ ganapatinâmâ, par le même procédé de fabrication qui éclatait dans les paroles d'Esenale ou d'Astané.

« A tort ou à raison, m'écrivait il, je serais maintenant disposé à voir dans les phrases sivroukiennes quelque chose d'analogue au martien, entremêlé seulement de distance en distance de lambeaux sancrits. Comme simple illustration de mon idée, supposons que Simandini veuille dire cette phrase : Je vous bénis au nom de Ganapati. Placée dans l'état sivroukien, la seule chose qui ne lui vienne pas à l'idée est d'énoncer, ou plutôt de prononcer cela en mots français, mais ce sont néanmoins des mots français qui restent le thème ou le substratum de ce qu'elle va dire ; et la loi à laquelle son esprit obéit est que ces mots familiers soient chacun

rendu par un substitut d'aspect exotique. Peu importe comment : il faut avant tout, et seulement, que cela n'ait pas l'air de français à ses propres yeux, et qu'elle soit satisfaite en remplissant au hasard par de nouvelles figures de son la place qui est marquée pour chaque mot français dans son esprit. Ajouter que tantôt la substitution sera ainsi complètement arbitraire [c'est le cas du martienj, tantôt elle sera influencée ou déterminée par le souvenir d'un mot étranger, — qu'il soit du reste anglais, hongrois, allemand, sanscrit — avec préférence naturelle pour l'idiome qui s'accorde le mieux avec le lieu de la scène.

« Cela donné, j'essaye de serrer de plus près cette marche hypothétique sur la phrase ci-dessus prise comme exemple. — 1° Je est forcé de se transformer. La mémoire fournit-elle un mot exotique pour Je.? Aucun. Alors ou prend au hasard a pour Je. (Peut-être en fait, ce a est-il inspiré par l'anglais J, prononcé ai, mais cela n'est pas nécessaire.) — 2° vous bénis; ou bénis vous, car si, par exemple, le mot pour je a été suggéré par l'anglais, il peut s'ensuivre que la construction anglaise soit involontairement observée dans les mots placés immédiatement après. On marque en conséquence bénis vous par tiê yâ. Le yâ peut avoir été pris à l'anglais you [modifié dans le sens de la voyelle dominante en sanscrit]. Le tiê, bénis, n'est pris nulle part, comme dans le martien. — 3° au nom de Gancvpati. Naturellement le nom même de Ganapati est en dehors de tout ce mécanisme et a dû être pris quelque part tel quel. Reste au nom de, qui sera exprimé par nâraâ, soit par souvenance de l'allemand Name, soit par reviviscence d'un sanscrit nâmâ aperçu aussi quelque part; et enfin la consti-uction, contraire à l'ordre des mots français, sera venu sur les ailes de l'allemand Name, d'après la tournure allemande in Gottes Namen, in Ganapati's Namen. — En somme, charabia qui tire ses éléments d'oîi il peut, et les invente la moitié du temps avec la seule règle de ne pas laisser percer la trame française sur laquelle il court. •»

Ces ingénieuses conjectures de M. de Saussure doivent être prises pour ce qu'elles valent, c'est-à-dire pour une simple figuration, à laquelle il ne tient pas autrement, du procédé linguistique à l'œuvre chez M"« Smith. En fait, il est probablement dans le vrai quant à la genèse de ganapatinâmâ ; car si l'auteur du martien ne sait pas un mot d'allemand comme on l'a vu, ce n'est point une raison pour que l'imitateur du sanscrit partage la même ignorance, au contraire. En effet, lorsqu'on compare le contenu et les personnages des deux cycles exotiques d'Hélène, on s'aperçoit bien vite que le rêve hindou est moins puéril, correspond à un âge et à un degré de développement de toute la personnalité notablement plus avancé,

que le rêve mai-tien ' ; si donc on admet, ainsi que je l'ai exposé (p. 255), que ces romans somnambuliques constituent une sorte de végétation hynoïde de couches anciennes appartenant à l'enfance ou à la jeunesse de M"« Smith, il devient très vraisemblable que la couche qui engendre et alimente le cycle hindou est au moins contemporaine de l'époque où elle apprit l'allemand (12 à 15 ans), sinon postérieure, en sorte que les souvenirs de cette langue n'ont pas dû être sans influence sur la confection de l'hindou.

Quand à atiêyâ, je doute qu'on puisse y faire intervenir des réminiscences de l'anglais, dont M"" Smith a totalement abandonné l'étude au bout de deux leçons. Comme aucune conjecture n'est en soi trop triviale ou trop sotte, quand il s'agit d'expliquer des phénomènes qui sont essentiellement de l'ordre du rêve et oîi la niaiserie d'une association d'idées ne saurait être une objection à sa vraisemblance, je préférerais rapprocher cette exclamation — qui semble bien avoir la valeur d'un je te bénis ou iéni sois-tu — de l'onomatopée populaire « atiou ! » dont les enfants et leur entourage se servent pour exprimer ou simuler l'éternûment, auquel est d'autre part indissolublement lié par un usage séculaire le souhait d'une bénédiction divine. Cette liaison d'idée infantile, combinée avec la tendance à conserver dans le néologisme le nombre de syllabes de l'original français, et jointe au choix d'une finale sanscritoïde, me paraît expliquer d'une façon plausible, jusqu'à meilleur avis, la transformation supposée de béni sois-tu, en atiêyâ.

Cependant, malgré l'attrait de cette méthode d'exégèse, je renonce à l'étendre aux autres textes hindous, non seulement à cause de l'arbitraire inévitable de ses applications, mais surtout parce que son principe même me paraît sujet à caution dans le cas du sanscrit de M"* Smith. Je ne suis pas convaincu, eu eiïet, que le procédé général si bien décrit par M. de Saussure (remplacement mot à mot des termes français par des termes d'aspect exotique) — qui est certainement le procédé de fabrication du martien — soit en jeu dans les paroles orientales d'Hélène. On sait que Léopold, qui a mis tant d'empressement à nous procurer un moyen quasi magique d'obtenir

' Comparez, par exemple, les sentiments des deux seuls couples figurant dans ces cycles. La création du couple conjugal hindou Simandini et Sivrouka suppose une imagination d'adolescent ou d'adulte, tandis que le couple martien Matèmi et Siké semble dépeint par un enfant qui aurait assisté aux fiançailles d'une sœur ou d'un frère aîné et entendu quelques fragments de conversation entre les heureux amoureux (voir p. 181 et les textes 20 et 27).

la traduction littérale du martien, n'a jamais daigné en faire autant pour l'hindou et s'est borné à nous en esquisser quelques interprétations libres et vagues, n'ajoutant guère à ce que la pantomime laissait déjà deviner. Cela donne à penser que toute traduction précise en est impossible; en d'autres termes, qu'Hélène ne fabrique point son pseudosanscrit en suivant pas à pas une trame française et en maintenant à ses néologismes leur sens une fois adopté, mais qu'elle l'improvise et le profère au hasard, sans réflexion, à l'exception bien entendu des quelques mots de vrai sanscrit dont elle connaît la valeur et qu'elle applique intelligemment à la situation. Ce n'est donc pas aux textes martiens proprement dits qu'il faut, à mon avis, comparer l'hindou d'Hélène, mais à ce jargon pseudo-martien débité avec volubilité dans certaines séances et qu'on n'a jamais pu ni recueillir sûrement, ni faire traduire par Esenale.

On comprend, au surplus, que si le Moi subliminal d'Hélène pouvait se livrer à la création d'une langue définie dans le champ libre de la planète Mars, oii il n'avait aucune donnée préexistante à respecter ni aucun contrôle objectif à craindre, il eût été bien imprudent et absurde de répéter ce jeu à propos de l'Inde : les quelques mots mêmes de pur sanscrit qu'il avait à sa disposition devaient l'empêcher d'en inventer d'autres, dont la fausseté eût éclaté au premier examen d'une traduction littérale et mot à mot. Il s'est donc contenté d'entourer ces éléments véridiques, insuffisants pour faire à eux seuls des phrases complètes, d'un jai-gon de rencontre dénué de signification, mais en harmonie par ses voyelles dominantes avec les fragments authentiques, qui s'y trouvent noyés comme de fins morceaux dans une sauce habile destinée à donner le change sur leur rareté.

Maintenant, comment ces fragments authentiques ontils pu arriver en la possession de M"* Smith, qui n'a aucun souvenir (^non plus que sa famille) d'avoir jamais étudié le

sanscrit ni d'avoir été en relation avec des orientalistes ? Voilà le problème oii mes recherches ont échoué jusqu'ici, et dont je n'attends plus la solution que de quelque heureux hasard analogue à ceux qui m'ont fait découvrir le passage de Mariés et la dédicace arabe du D'" Rapin. J'en suis réduit, pour le moment, à de vagues conjectures sur l'étendue des connaissances sanscrites latentes de M"^ Smith, et la nature probable de leur mode d'acquisition.

J'ai longtemps pensé qu'Hélène devait avoir absorbé son hindou principalement par voie auditive, et qu'elle avait peut-être habité dans son enfance la même maison que quelque étudiant indianiste qu'elle aurait entendu, à travers la paroi ou par la fenêtre ouverte, débiter à hautevoix des textes sanscrits avec leur traduction française, — On connaît l'histoire de la jeune domestique sans instruction qui, prise de la fièvre, parlait le grec et l'hébreu emmagasinés à son insu pendant qu'elle était au service d'un savant allemand. Se non è vero... Malgré les justes critiques de M. Lang à propos de son authenticité fort mal établies cette anecdote classique peut subsister comme type de tant d'autres faits du même ordre réellement observés depuis lors, et comme salutaire avertissement de se méfier des souvenirs subconscients d'origine auditive. — Mais les indianistes sont rares à Genève, et cette piste ne m'a rien donné.

Actuellement j'incline à admettre l'origine exclusivement visuelle du sanscrit d'Hélène. D'abord il n'est pas nécessaire qu'elle ait entendu cet idiome. La lecture de textes imprimés en caractères français cadre tout aussi bien avec un parler aussi confus et mal articulé que le sien, et, de plus, peut seule rendre compte de certaines erreurs de prononciation inexplicables si M"^ Smith avait appris cette langue par l'oreille. La plus caractéristique

' A. Lang. The Jlaking of Religion, Londres 1898, p. 10, 12, 324 et suivantes.

de ces erreurs est la présence dans l'hindou d'Hélène du son français u, lequel n'existe pas en sanscrit, mais est naturellement suggéré par la lecture si l'on n'est pas prévenu que cette lettre se prononce ou dans les mots représentant du sanscrit.

En voici quelques exemples typiques. — Dans une séance où l'hindou coula à fil, on recueillit entre autres ces mots :... balava (ou bahava) santas... émi bahu pressiva santas...^;, intéressants d'abord par des traces de flexion, phénomène assez rare dans le sanscrit d'Hélène : « A côté de bahu beaucoup, dit M. de Saussure, se trouve baba va (nominatif pluriel du même bahu, signifiant « multi »), d'autant plus curieux qu'il est immédiatement devant santas étant(sj, autre pluriel ; bahavah santas signifie en bon sanscrit étant nombreux. » Mais voici la note de M. de Saussure qui nous importe le plus ici : « Le sanscrit bahu, beaucoup, est un mot des plus courants, mais il serait intéressant de savoir si M"'' Smith prononce bahou, ou bien à la française bahu comme dans battu, tondu. Ce dernier fait serait une des plus flagrantes preuves qu'elle répète machinalement une figure écrite. » Comme il n'y a aucun doute sur la prononciation bahu (et non point bahou) d'Hélène, ce petit fait parle clairement en faveur de l'origine purement visuelle de son «anscrit. — On a d'ailleurs déjà vu qu'elle a commis la même faute dans la prononciation du mot sumanas (p, 300). — La même erreur se manifeste sous une autre forme encore, qui ne manque pas d'intérêt, dans ses automatismes graphomoteurs. On verra tout à l'heure que sa plume glisse parfois à son insu de véritables caractères sanscrits au cours de ses écritures françaises; or il est curieux de constater que ceux de ces caractères qui devraient réellement se prononcer ou ont pour elle la valeur de notre u. J'ai par exemple une lettre d'Hélène où, dans la description d'une vision hindoue, se trouve le mot discutaient écrit avec un u sanscrit isolé au milieu des autres lettres de son écriture ordinaire. De même, le lecteur peut voir, par un des échantillons de la fig. 38, que le caractère sanscrit qui se prononce roii mais que l'on représente en lettres françaises par ru, joue dans la conscience subliminale ou la parole intérieure d'Hélène le rôle de cette dernière syllabe, puisqu'elle l'emploie automatiquement pour écrire notre mot rubis. Tout cela dénote bien une acquisition par la lecture uniquement.

D'autres observations militent en faveur de la même

' Voir ce texte plus au long dan» l'artiele do M. Lemaître, Annales des Sciences Psychiques, VII, 186. Le mot uta, qui se trouve vers la fin de ce même texte, a également été in-onoucé à la française.

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supposition. Jamais, dans les séances, Simandini ue s'est aventurée à écrire du sanscrit, et c'est en lettres françaises que son nom a été donné (y. p. 267). Pourtant Hélène possède subconsciemraent une partie au moins de l'alphabet dévanâgari, car il s'en glisse parfois des caractères dans son écriture normale. Mais il est à noter que ses connaissances en ce genre ne paraissent aucunement dépasser ce qui aurait pu résulter d'un rapide coup d'œil dans une grammaire sanscrite.

Dans certains cas, cette irruption de signes étrangers (tout à fait analogue à ce qu'on a vu pour le martien) est liée à un accès de somnambulisme spontané et fait partie de tout un coi'tège d'images et de termes exotiques. On en trouvera ci-joint un exemple intéressant, emprunté à cette période maladive (v. p. 38) où la faiblesse nerveuse d'Hélène la rendait sujette à de perpétuels états de rêve, se rapportant presque toujours au cycle hindou ou au cycle royal. La fig. 37 reproduit la fin d'une lettre qu'Hélène m'écrivit de la campagne à cette époque. Tout le reste de cette épître de six pages grand format est parfaitement normal comme écriture et comme contenu ,' mais soudain, fatiguée par son effort prolongé d'attention, elle se met à parler de sa santé, le sommeil la gagne, et les dernières lignes montrent l'envahissement du rêve oriental : Kana l'esclave, avec ses oiseaux apprivoisés, et les brillantes plantes des tropiques, se substituent peu à peu à la chambre réelle. La lettre me parvint inachevée et sans signature, comme on le voit dans la figure 37 ; Hélène la ferma machinalement pendant son somnambulisme, sans se douter de cette terminaison insolite dont elle fut aussi surprise qu'ennuyée lorsque je lui en parlai ultérieurement.

Dans d'autres cas, c'est à peine si la conscience normale est troublée par le rêve sous-jacent, qui l'affleure juste assez pour substituer par ci par là à quelques signes français leurs équivalents sanscrits, sans altérer en rien la trame des mots ou des idées, et M"'^ Smith reste stupéfaite des hiéroglyphes inconnus qu'une inexplicable distraction de sa plume a glissés dans les étiquettes ou les factures qu'elle vient d'écrire (fig. 38, p. 313).

L'examen et la comparaison de tous ces automatismes graphomoteurs exotiques montre qu'il y a dans la subconscience d'Hélène des notions positives, quoique superficielles et rudimentaires, de l'alphabet sanscrit. Elle sait la forme exacte de beaucoup de caractères isolés et leur valeur générale, abstraite pour ainsi due, mais elle ne semble avoir aucune idée de leur emploi concret et en liaison

avec d'autres lettres. Par exemple, dans la fig. 37, les mots instant et ils commencent par un signe qui, en sanscrit, ne représente Vi que dans de tout autres conditions (Pi sanscrit, isolé ou initial, étant absolument différent). Ou plutôt, ce signe se rencontre bien quelquefois dans l'écriture sanscrite au commencement matériel, je veux dire à l'extrémité gauche, de certains mots, mais dans la prononciation il ne vient qu'après la consonne située à sa droite. Ce détail est un nouvel indice de l'origine visuelle des connaissances hindoues d'Hélène : des deux caractères sanscrits valant i, qui peuvent également se trouver au début (graphique, à gauche) des mots, l'œil a surtout retenu le plus simple \ qui ressemble à notre I majuscule, bien que ce soit précisément celui qui ne se trouve jamais initial pour l'oreille et la prononciation. — Le Moi hindou d'Hélène ne semble pas avoir poussé l'étude de l'écriture sanscrite au delà des caractères détachés, car jamais il n'a tracé de mots entiers en cette langue. Même quand il s'agit de termes exotiques, tels que radyiva (fig. 37), il s'en tient prudemment à l'initiale sanscrite et trace le reste en français, comme s'il n'osait point se lancer dans la composition des lettres entre elles. Pareillement dans le mot plis (fig. 38), les trois premiers signes — qui y jouent d'ailleurs un rôle très artificiel et dénotant une grande ignorance de leur valeur ordinaire en sanscrit — sont dessinés isolément, au lieu d'être reliés entre eux comme n'y aurait pas manqué un automatisme graphique mieux au fait de l'écriture sanscrite courante. M. Glardon remarque en effet, à ce propos, que lorsque les Hindous veulent écrire, ils commencent toujours par tracer une barre horizontale tenant la longueur de la ligne et à laquelle s'attachent toutes les lettres de chaque mot; si donc M"« Smith avait jamais eu quelque notion d'une écriture hindoue cursive, on ne comprendrait pas qu'elle se souvînt des caractères isolés, et eût oublié la barre qui dans la pratique les précède toujours et les relie entre eux.

En somme, ces bribes d'automatismes graphiques trahissent une connaissance de l'écriture hindoue telle à peu près que pourrait l'acquérir un esprit curieux, pas trop mauvais visuel, en parcourant pendant quelques instants les deux ou trois premières pages d'une grammaire sanscrite. Il en retiendrait certaines formes détachées; d'abord l'a et l'e. qui frappent l'œil par leur position au commen-

' Encore M^e Smith a-t-elle oublié li' eroi'het dont est surmonté cet / sanscrit et qui k distingue d'un autre signe valant a. — Sa mémoire latente possède pourtant aussi la véritable voyelle sanscrite i (qui ressemble un peu à un tire-bouchon), mais je n'en ai rencontré qu'un seul exemplaire dans ses lettres, comme initiale du mot français ils.

(^v-Tvvvc ^ bvD

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FiG. 38. — Exemples de caractères sansci-its, automatiquement substitués à des lettres et cliiffres français, dans des mots ou des nombres provenant des écritures normales de Mi'e Smith (lame, ruhis, lGG,pUs, 2.965, J54). — Grandeur naturelle.

cernent des deux premières lignes (renfermant les voyelles, et ordinairement séparées des lignes suivantes contenant les consonnes) du tableau classique des lettres hindoues en dix groupes; puis la série des chiffres, occupant une ligne spéciale et facile h retenir ' ; enfin quelques autres signes simples glanés au hasard; mais il ne lui resterait probablement aucune des figures trop compliquées résultant de l'union de plusieurs caractères pour former des mots. Cette genèse supposée correspond tout à fait à l'étendue des notions d'écriture sanscrite dont fait preuve la subconscience de M'''= Smith. Et je ne vois aucune impossibilité à ce que le même coup d'œil fugitif, rencontrant en d'autres pages des exemples ou fragments sanscrits imprimés en lettres françaises et accompagnés de leur traduction française, y ait puisé les quelques mots significatifs

' J'ai rencontré dans les écritures normales de M'ie Smith des exemples de tous les chiffres sanscrits, sauf 1, 2 et 7 (qui peuvent fort bien se trouver dans d'autres spécimens, car je suis loin d'avoir tout vu).

et bien adaptés à la situation qu'on arrive à démêler par ci par là dans les paroles orientales d'Hélène.

Peut-être les amateurs de supranormal préféreront-ils supposer, sinon que M"'= Smith tire vraiment son hindou (la forme graphique de ses caractères sanscrits, la prononciation, etc.) des souvenirs d'une existence antérieure, du moins que tout cela lui a été télépathiquement transmis par quelque habitué de ses séances possédant des notions orientales plus ou moins étendues. — Pour ce qui est de MM. de Saussure et Glardon, dont les noms se présentent les premiers à l'esprit, ils n'ont assisté en tout qu'à quatre séances de M'^® Smith, et à une époque tardive oîi elle avait déjà fourni la plupart de ses textes hindous, en particulier tous ses graphismes des fig. 37 et 38. — En ce qui me concerne, j'avoue avoir suivi il y a plus d'un quart de siècle, en jeune étudiant curieux et tâtant de tout, les premières leçons d'un cours de sanscrit donné par M. le prof. P. Deussen (Kiel), alors privat-docent à l'université de Genève. Il m'en est resté si peu de souvenirs conscients que je ne reconnus pas même les caractères apparus dans la lettre d'Hélène de la fig. 37, et l'idée qu'elle aurait télépathiquement puisé dans ma mémoire latente les notions de langue hindoue dont elle fait preuve, ne m'a jamais sérieusement abordé ; d'autant qu'à ce compte-là elle aurait dû nous fournir aussi de l'hébreu, que j'ai étudié à la même époque pendant un an et dont mes couches subliminales sont certainement beaucoup plus imbibées que de sanscrit, quoiqu'il ne m'en reste guère davantage de souvenirs conscients. — En fait d'autres personnes en relation avec M^^^ Smith, je n'en connais pas ayant les moindres notions de sanscrit ou d'autres langues de l'Inde. Il est vrai qu'il peut y avoir eu des spectateurs occasionnels remplissant ces conditions, aux séances qu'elle donna en divers milieux de 1892 à 1894. Dans ce cas, il faudrait en bonne méthode, avant d'invoquer une action télépathique d'eux à Hélène, être d'abord absolument sûr qu'ils ne lui ont pas montré quelques livres ou cahiers de sanscrit à la fin ou au cours d'une séance — ce qui est précisément mon hypothèse, laquelle permet de tout expliquer d'une façon normale et ordinaire quand on sait la puissance de conservation, d'imitation et de reconstruction des facultés subliminales.

Il suffirait en résumé, pour rendre compte du langage hindou de M"^ Smith, que soit dans le groupe N., soit dans quelque autre milieu spirite que j'ignore, on lui eût montré à titre de curiosité et laisser feuilleter une grammaire ou un lexique sanscrit, tout de suite après une séance, pen-

daut cet état de suggestibilité où les impressions extérieures s'enregistrent fort bien chez elle, souvent sans laisser de traces dans sa mémoire consciente. Ainsi s'expliquerait le fait qu'Hélène n'en a aucun souvenir, et est absolument convaincue de n'avoir jamais aperçu ni entendu la moindre bribe de sanscrit ou d'autres langues orientales. Je dois toutefois ajouter que les renseignements que j'ai pu recueillir jusqu'ici ne m'ont fourni aucun indice positif de la vérité de ma supposition, bien qu'ils n'en établissent point non plus la fausseté.

Les pages précédentes étaient déjà sous presse, lorsque M. de Saussure eut une idée aussi aimable qu'ingénieuse. Pour me permettre de donner aux lecteurs non-indianistes un aperçu plus vivant, une impression sensible en quelque sorte, de ce qu'est l'hindou de M"^ Smith, il voulut bien composer à leur intention un texte d'apparence latine, qui fût aussi exactement que possible à la langue de Tite-Live ou de Cicéron ce que le sanscrit de Simandini est à celui des Brahmanes. En d'autres termes, le spécimen de « latinité » suivant a été calculé de manière à ce que toutes les remarques qu'il suggère s'appliquent aux productions « sanscrites » d'Hélène, simplement en changeant le nom.

« Soient supposés prononcés, dans une scène somiiambulique « romaine » au lieu d' « hindoue », les mots suivants : — Meâte domina mea sorôre forinda inde deo inde sîni godio deo prima nomine. . . obéra mine. . . loca suave tibi ofisio et ogurio. . . et oîo romano sua dinata perano die nono colo desimo . . ridêre pavêre. . . nove. . . — voici probablement les observations auxquelles donnerait lieu ce singulier passage, et qui sont identiques à celles que suscitent les textes hindous de M"^ Smith.

« 1° Pas de sens général saisissable si l'on cherche une phrase. De temps en temps pourtant quelques mots formant une assez bonne suite entre eux, un tronçon de phrase. — 2'^ Pris chacun isolément, comme une collection de vocables qu'on sortirait du dictionnaire, quelques mots sont irréprochables (ainsi domina); les autres à moitié corrects {ogurio, etc.); d'autres enfin sans aucune identité évidente

avec un mot latin {dinata, etc). — 3» Le texte est de toute pauvreté sur le point particulier des terminaisons grammaticales. Non seulement on ne voit rien qui ressemble à des terminaisons très caractérisées comme -orum ou -ibus, mais pas même une terminaison consonantique quelconque comme serait -as, -os, -is, -us, ou même -uni au bout d'un mot. Il semble que l'auteur ait trouvé trop redoutable l'épreuve de fixer la terminaison et la condition grammaticale du mot. — 4° Le même sentiment semble se manifester hors des terminaisons dans le fait de n'user que de mots extrêmement simples dans leur charpente consonantique, comme do-mina, en évitant toute forme qui offrirait une complication, telle que octo, somnus, semper, culmen.

« D'autre part, deux constatations importantes s'imposent : « 1° Le texte ne mêle pas « deux langues ». Si peu latins que soient ces mots, du moins on ne voit pas intervenir une tierce langue comme serait le grec, le russe ou l'anglais ; et en ce premier sens négatif, le texte offre une valeur précise. — 2° Il offre également une valeur précise par le fait de ne rien présenter de contraire au latin, même aux endroits où il ne correspond à rien par l'absence de sens des mots. Quittons ici le latin et revenons au sanscrit de M'^® Smith : ce sanscrit ne contient jamais la consonne f. C'est un fait considérable, quoique négatif. L'f est effectivement étranger au sanscrit ; or, dans l'invention libre, on aurait eu vingt chances contre une de créer des mots sanscrits pourvus de l'f, cette consonne semblant aussi légitime qu'une autre si l'on n'est pas averti. »

Cette dernière remarque de M. de Saussure apporte dans le problème du sanscrit d'Hélène une complication dont on ne s'était pas aperçu jusqu'ici. D'une part, l'f étant un des sons les plus répandus dans nos langues occidentales et spécialement en français, tandis qu'il n'existe pas en sanscrit, il y a en eftet quelque chose de très remarquable dans sa complète absence de tous les fragments hindous d'Hélène qui ont été recueillis. D'autre part, la connaissance intime du génie de la langue sanscrite que cela semble impliquer de la part de M"'' Smith, est coutredite par le fait déjà relevé (v. p. 309) que plusieurs de ses paroles hindoues renfermaient le son français u'^, lequel

' Ce point paraît avoir été perdu de vue par M. de Saussure dans la dernière de ses remarques. Jugeant les fragments hindous d'Hélène sur leur recueil écrit, il a oublié que tous les u qui y figurent non préeédés d'an o, y ont été prononcés par elle à la française, contrairement à l'habitude des sanscritistes pour qui cette lettre

n'appartient pas plus que l'f au sanscrit qui prononce toujours ou. Si donc l'absence de l'f résultait d'une réelle possession de cet idiome — soit normale (due à l'étude du sanscrit sous la direction d'un maître), soit supranormale (due aux réminiscences d'une vie antérieure, à une transmission télépathique, etc.) — on ne comprendrait pas comment Hélène n'aurait pas également évité Vu, d'autant plus que dans certains cas elle ne commet pas la faute et prononce bien ou (par exemple, dans son expression assez fréquente marna soukha).

En attendant les éclaircissements que l'avenir pourra nous apporter sur cette cruelle énigme, j'en reste provisoirement à mon hypothèse ci-dessus, que M"^ Smith a absorbé ce qu'elle sait de sanscrit d'une façon essentiellement visuelle, en feuilletant une grammaire ou d'autres documents écrits, pendant ses phases de suggestibilité. Car cette hypothèse n'est point renversée par l'absence de l'f. Je ne pense pas, en effet, que ce soit faire trop d'honneur aux facultés subliminales — d'après tout ce qu'on sait de leur promptitude, de leur finesse, de leur flair parfois étonnamment exquis et délicat — que d'admettre que l'imagination hypnoïde d'Hélène a fort bien pu remarquer cette absence de l'f dans l'alphabet sanscrit donné par les grammaires, et respecter ce trait dans ses créations ultérieures d'un hindou de fantaisie ; tandis que son regard n'aura aperçu aucune indication nette que la lettre u de cet alphabet eût une autre valeur qu'en français. Quant aux mots où elle dit ou comme cela se doit, elle les a peutêtre rencontrés accompagnés de leur prononciation notée entre parenthèse, à moins encore que l'initiation visuelle n'ait été complétée par quelques informations auditives égrenées, fournies par les personnes qui lui montraient les documents imprimés.

est la transcription du son ou. — M. G-lardon in.'informe que le son français ?(. n'existe pas davantage en hindostani, et qu'actuellement encore les hindous de race n'ont pas de / et ne peuvent prononcer cotte lettre; toutefois les musulmans ont introduit dans les dialectes de l'Inde des mots on f, que les hindous écrivent j(/t et prononcent en aspirant le p.

Je ne me dissimule point ce qu'il y a de peu satisfaisant dans ces explications conjecturales bourrées de jyeut-étre^ de prohablewent, etc. Mais, en tout état de cause, les mêmes difficultés subsistent, et un peu de réflexion suffit à montrer que les hypothèses occultes sont logées exactement à la même enseigne que mon hypothèse purement normale. Car, si c'est vraiment le langage de la princesse arabo-hindoue qui reparaît sur les lèvres de M"^ Smith, ou une infusion télépathique d'un idiome authentique, ou tout ce que l'on voudra de supranormal, — comment expliquer la nullité grammaticale de ce parler considéré dans son ensemble, contrastant avec l'exactitude de quelques rares mots ; la remarquable omission de l'f, jointe à la présence fautive du son français u; la possession de signes graphiques isolés, et l'ignorance de la barre fondamentale qui les précède et les relie toujours dans l'écriture cursive; l'apparition d'un mot persan comme bouîboul (fig. 37), et l'absence de mots arabes, d'autant plus étrange de la part d'une fille de cheik que les musulmans n'ont cessé d'en introduire dans les langues de l'Inde ; etc. ? Les occultistes diront sans doute que Simandini a pu oublier ceci, là oîi je dis que M"*^ Smith a pu retenir cela; que la princesse de jadis conîond peut-être aujourd'hui l'ou hindou avec l'u français, là où je dis qu'Hélène ignore prohahlement que l'ou se transcrit d'habitude par un u dans les grammaires franco-sanscrites, etc. Comme évidence et précision, on conviendra que ces explications se valent; c'est bonnet blanc et blanc bonnet. D'où je conclus que si, tout bien pesé, on préfère encore l'hypothèse occulte à l'hypothèse normale, ce n'est pas qu'elle rende mieux compte des détails concrets du cas, tant s'en faut, mais simplement — qu'elle est occulte. Affaire de goût que je laisse à l'appréciation du lecteur, d'autant plus que j'ai déjà dit plus haut ce que j'en pense (p. 284-285).

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